Depuis janvier, un airbag Takata classé « stop drive » envoie la voiture en contre-visite au contrôle technique, et elle ne doit plus rouler tant que la pièce n’est pas changée. Le numéro d’identification, au repère E de la carte grise, dit en une minute si la vôtre est concernée.
Airbag Takata : un « stop drive » ignoré, et vous repartez du contrôle technique à pied… et votre voiture sur un plateau

Depuis le 1er janvier 2026, le contrôle technique vous dit si votre voiture est visée par un rappel de sécurité grave. Quand il s'agit d'un airbag Takata classé « stop drive », la voiture part en contre-visite pour défaillance critique et ne doit plus rouler avant que la pièce ait été remplacée. En annonçant cette règle le 8 décembre 2025, le ministère chargé des Transports estimait à 1,3 million le nombre de véhicules encore en circulation avec un airbag de ce type. Un rappel ne déclenche aucun voyant au tableau de bord, et le constructeur prévient par courrier, à l'adresse inscrite sur la carte grise. Cette lettre n'atteint donc ni celui qui a déménagé sans le déclarer, ni celui qui a racheté la voiture depuis. Vous pouvez rouler des mois avec une voiture qui ne passera pas sa prochaine visite.
Une contre-visite pour défaillance critique
Le centre de contrôle consulte désormais la liste des rappels au moment de la visite. Pour la plupart des rappels graves, il vous informe et la mention figure sur le procès-verbal. Pour un airbag Takata « stop drive », la défaillance est classée critique, la contre-visite est automatique, et il faut faire remplacer la pièce avant de représenter la voiture.
L'arrêté du 9 avril 2025 impose la gratuité de ce remplacement, pièce et main-d'œuvre comprises, à la trentaine de constructeurs concernés. Il leur impose aussi d'écrire à tous les propriétaires qu'ils ont pu identifier, et d'ouvrir une page où chacun vérifie son véhicule avec son numéro d'identification. Le ministère comptait 2,8 millions de véhicules réparés depuis le début des rappels, dont 1,2 million depuis le durcissement des consignes en mars 2025.
Le constructeur doit vous dépanner au-delà de quinze jours
Un arrêté du 29 juillet 2025 a fixé aux constructeurs un délai moyen de réparation de quinze jours. Quand le rendez-vous proposé tombe au-delà et que la voiture est en « stop drive », ils doivent fournir gratuitement une solution de mobilité, véhicule de courtoisie ou location, et prendre en charge l'acheminement du véhicule puisqu'il ne doit plus rouler. Des astreintes financières sont prévues contre ceux qui ne le font pas. Encore faut-il demander ce véhicule, parce que rien n'oblige l'atelier à vous le proposer spontanément au téléphone.
Où vérifier avant d'y aller
La vérification se fait avec votre numéro d'identification, les dix-sept caractères du repère E de la carte grise, à saisir sur la page de rappel de votre marque. C'est le canal que l'arrêté oblige les constructeurs à tenir à jour, et les registres publics ne le remplacent pas. Vérification faite ce mardi 15 septembre, le tableau des campagnes de rappel mis en ligne par le ministère chargé des Transports s'arrêtait au 22 mai. Sur Rappel Conso, le registre grand public, aucun véhicule n'était entré depuis le 7 août, alors que le site publiait le jour même huit rappels dans l'alimentaire et les jouets.
Si vous achetez une occasion cette rentrée, faites la vérification avant de signer. Un vendeur particulier qui a déménagé sans mettre sa carte grise à jour n'a jamais reçu la lettre, et il vous cédera en toute bonne foi une voiture qui repartira du centre de contrôle avec une contre-visite. Demandez au passage le procès-verbal du dernier contrôle technique, où la mention apparaît depuis janvier. Et si c'est vous qui avez déménagé, vous avez un mois pour le déclarer, sans quoi le prochain courrier de rappel ira à votre ancienne adresse.
