La base de données Bloctel a subi un incident de sécurité avant sa fermeture le 11 août 2026. Un cybercriminel a accédé frauduleusement à un compte professionnel partenaire, exposant 600 000 numéros d’inscrits Bloctel. La DGCCRF a confirmé que seuls les numéros de téléphone ont été compromis, sans données personnelles associées.
J’avais confié mon numéro à Bloctel pour ne plus être démarché : la DGCCRF vient d’annoncer ce qui lui est arrivé avant la fermeture

Vous aviez pris le temps de vous inscrire sur Bloctel pour ne plus recevoir d'appels commerciaux intempestifs. Bonne nouvelle : votre inscription n'a servi à rien contre le démarchage, mais elle vient malgré tout de vous exposer à un incident de sécurité. Un accès frauduleux à un compte professionnel a permis à un cybercriminel de récupérer des fichiers contenant 3 millions de numéros de téléphone, dont 600 000 inscrits sur Bloctel. La DGCCRF l'a confirmé le 12 août 2026, quelques jours après la fermeture définitive du service.
- Un pirate a récupéré 600 000 numéros Bloctel via un compte professionnel compromis, jours avant la fermeture du service.
- Seuls les numéros de téléphone ont été exposés, sans nom ni adresse associés.
- Bloctel disparaît remplacé par un système d'opt-in obligatoire : les appels commerciaux deviennent illégaux sans consentement préalable.
Ce que la DGCCRF a réellement annoncé
Le communiqué officiel est sans ambiguïté sur la mécanique de l'incident. La base de données de Bloctel elle-même n'a pas été compromise, mais un cybercriminel est parvenu à accéder frauduleusement à un compte professionnel, ce qui lui a permis de récupérer des fichiers contenant trois millions de numéros de téléphone. l'attaquant n'a pas percé les défenses du service public, il s'est introduit dans le compte d'un partenaire commercial qui manipulait ces données.
Sur les trois millions de numéros récupérés, une partie seulement concerne les inscrits Bloctel. Parmi les trois millions de numéros de téléphone exposés, 600 000 correspondent à des personnes inscrites sur la liste d'opposition Bloctel. Les 2,4 millions restants proviennent d'autres fichiers de prospection détenus par ce même compte professionnel piraté.
Le point rassurant, c'est le périmètre des données touchées.
Aucune donnée personnelle n'a été divulguée, ni nom, ni adresse. Les investigations menées ont confirmé que seuls des numéros de téléphone ont été exposés, sans aucune autre donnée personnelle. C'est une nuance qui compte : un numéro seul, sans identité associée, limite les possibilités d'usurpation directe.
Comment savoir si vous êtes concerné
La DGCCRF n'a pas laissé les inscrits dans l'incertitude. Les consommateurs inscrits sur Bloctel concernés par cet incident en ont été informés par Bloctel via mail. Si vous n'avez reçu aucun message, c'est plutôt bon signe : votre numéro ne figure probablement pas dans le lot exposé.
Réagir vite après la découverte fait aussi partie du protocole habituel de gestion de crise. Dès que l'incident a été constaté, le compte piraté ayant permis d'accéder à ces numéros a été bloqué et l'ensemble des comptes professionnels ont ensuite fait l'objet de vérifications. La CNIL a également été notifiée, comme l'exige la réglementation en cas de violation de données personnelles.
Un détail troublant a émergé avant même la communication officielle. Selon une revendication publiée le 6 août 2026 sur un forum cybercriminel, les inscrits à Bloctel seraient concernés par une diffusion de données. L'annonce gouvernementale du 12 août est donc arrivée après que le fichier circulait déjà dans certains cercles spécialisés.
Un timing qui ne doit rien au hasard
La coïncidence de calendrier a de quoi faire sourire, ou grincer des dents. Selon la DGCCRF, l'incident est survenu peu avant la fermeture définitive du service, intervenue le 11 août 2026. Cinq jours d'écart séparent la revendication du piratage et la disparition programmée de Bloctel.
Ce calendrier n'est pas improvisé. Cet incident de sécurité intervient alors que le service Bloctel a pris fin le 11 août 2026, conformément à la loi du 30 juin 2025 pour mieux protéger les consommateurs du démarchage téléphonique. Le texte était voté depuis plus d'un an, la fin de Bloctel n'a donc rien d'une réaction précipitée à la fuite.
Le service disparaît, remplacé par une logique totalement différente. La France applique désormais un régime de consentement préalable, système dit d'opt-in, obligatoire pour le démarchage téléphonique auprès des particuliers. Fini l'inscription sur une liste noire à faire respecter par les entreprises : c'est maintenant à elles de prouver qu'elles ont votre accord avant de composer votre numéro.
Pourquoi ce changement de règle change tout
Bloctel avait ses limites, et elles étaient connues depuis longtemps. Le dispositif reposait sur la bonne volonté des entreprises de consulter la liste avant de démarcher, un système où le contrôle intervenait après coup, souvent trop tard pour éviter l'appel gênant.
L'opt-in renverse la logique. Plus besoin de s'inscrire nulle part : sans votre consentement explicite et préalable, tout appel commercial devient illégal par principe. Un professionnel qui vous appelle sans cet accord s'expose désormais à des sanctions, indépendamment de toute inscription sur un fichier quelconque.
Reste une question pratique pour les huit millions de Français qui avaient fait la démarche Bloctel au fil des années.
Leur inscription n'a plus aucune utilité opérationnelle depuis le 11 août. Elle laisse en revanche une trace, celle d'un numéro qui a pu, pour 600 000 personnes, transiter par un compte professionnel compromis quelques jours avant l'extinction du service.
Les gestes recommandés par l'administration
Face à ce type d'exposition, la DGCCRF a rappelé des consignes de prudence classiques mais toujours utiles. Trois réflexes reviennent dans ses recommandations officielles.
- Ne répondez pas aux SMS ou appels inconnus et ne cliquez pas sur des liens suspects.
- Ne divulguez jamais d'informations personnelles, comme votre nom ou votre numéro de compte, par téléphone.
- Modifiez vos mots de passe si votre numéro de téléphone sert d'identifiant à des services en ligne.
Un numéro de téléphone seul, sans nom associé, reste une donnée modeste pour un escroc. Mais il ouvre la porte à des tentatives de hameçonnage par SMS ou à des appels se faisant passer pour une banque, une administration ou un opérateur téléphonique.
La vigilance reste donc de mise, sans céder à la panique. Un appel inattendu qui vous demande une action urgente, changement de mot de passe, validation d'une commande, mise à jour d'une carte SIM, doit systématiquement éveiller le soupçon.
Ce qui change concrètement dans votre boîte de réception
Le réflexe naturel serait de croire que Bloctel continue d'exister sous une autre forme. Ce n'est pas le cas : le service a définitivement cessé toute activité le 11 août 2026, et aucune réinscription n'est possible ni nécessaire.
La plateforme SignalConso, gérée par la même DGCCRF, devient le canal de référence pour signaler un démarchage abusif désormais interdit par défaut. Si un professionnel vous appelle sans consentement préalable après cette date, c'est là qu'il faut le dénoncer, plutôt que de chercher une liste d'opposition qui n'a plus lieu d'être.
Sources : presse.economie.gouv.fr | assemblee-nationale.fr | usine-digitale.fr