Les heures creuses ont été réorganisées depuis novembre 2025 pour s’adapter à la production solaire. Vos anciens horaires ne sont plus valables et vous payez peut-être plein tarif sans le savoir. Vérifiez vos nouvelles plages en trois minutes sur votre compteur Linky ou votre espace client.
Les heures creuses ne sont plus aux mêmes horaires pour tout le monde depuis cette année : le réglage à changer chez soi ne coûte rien

Depuis le 1er novembre 2025, une partie des heures creuses ne se trouve plus là où vous la cherchez. Enedis a engagé une vaste réorganisation des plages d'heures creuses sur les compteurs Linky, pour les faire coïncider avec les moments où l'électricité est abondante et bon marché, notamment quand la production solaire est au plus haut, en milieu de journée. Des millions de foyers ont reçu un courriel de leur fournisseur à ce sujet, et beaucoup l'ont zappé entre deux factures.
Le tarif réduit ne dort plus uniquement la nuit.
- Les heures creuses ont été déplacées de la nuit vers l'après-midi pour suivre la production solaire abondante entre 11h et 17h.
- Reprogrammer son chauffe-eau et ses électroménagers sur les anciens horaires fait payer le plein tarif sans frais supplémentaires.
- Consulter ses nouvelles plages prend trois minutes via le compteur Linky, l'espace client ou la facture, sans appel électricien nécessaire.
Le solaire rebat les cartes des tarifs
La raison de ce chamboulement tient en un mot : le photovoltaïque. L'essor massif du photovoltaïque a transformé le mix électrique français : la production d'électricité atteint désormais son pic entre 11 heures et 17 heures durant les mois ensoleillés, inversant la logique historique héritée de l'ère du tout-nucléaire. Résultat, le réseau regorge d'électricité bon marché en début d'après-midi, et il fallait bien inciter quelqu'un à la consommer sur place.
Enedis estime que la réforme permettra de déplacer environ 5 gigawatts de consommation vers les après-midis des mois les plus ensoleillés, soit l'équivalent de la production de plusieurs réacteurs nucléaires. Un chiffre qui donne la mesure de l'ambition du dispositif, piloté par la Commission de régulation de l'énergie dans le cadre de sa réforme tarifaire dite TURPE 7.
Une bascule en deux vagues, jusqu'en 2027
Le déploiement ne s'est pas fait d'un coup, loin de là.
Une première phase, entre novembre 2025 et juin 2026, a concerné environ 1,7 million de foyers disposant déjà d'heures creuses à la fois l'après-midi et la nuit. Une seconde vague, bien plus large, est désormais en cours : prévue de décembre 2026 à octobre 2027, elle concernera environ 9,3 millions de foyers, avec une différenciation saisonnière entre l'été et l'hiver. Au total, selon les décomptes des fournisseurs, ce sont près de 11 à 14,5 millions de foyers équipés de l'option heures pleines / heures creuses qui verront leurs plages évoluer d'ici la fin de la réforme.
Concrètement, le schéma retenu associe un socle nocturne et un bloc solaire diurne. En été, du 1er avril au 31 octobre, au moins 5 heures creuses consécutives sont maintenues la nuit, entre 23h et 7h, et jusqu'à 3 heures creuses supplémentaires sont positionnées l'après-midi, entre 11h et 17h. En hiver, la logique s'inverse largement : de novembre à mars, les heures creuses restent concentrées la nuit entre 23h et 7h, le soleil se faisant plus rare.
Les anciens créneaux du matin ou de début de soirée, eux, sont amenés à disparaître.
Un décalage qui coûte cher à ceux qui ne l'ont pas vu passer
Voilà où le bât blesse. Quelqu'un qui continue de programmer son chauffe-eau ou son lave-linge sur ses anciens horaires, croyant profiter du tarif réduit entre 22h et 6h par exemple, peut en réalité payer le plein tarif sans s'en apercevoir. Le ballon d'eau chaude, souvent le poste le plus gourmand de la maison en hiver, tourne alors des mois durant sur des heures pleines, sans que la facture ne révèle immédiatement le problème.
Les plages sont attribuées par point de livraison selon les contraintes locales du réseau : deux voisins peuvent avoir des créneaux différents. Impossible donc de se fier au bouche-à-oreille du quartier ou aux habitudes d'un ancien logement.
Le geste à faire, et il ne coûte rien
La bonne nouvelle, c'est que la vérification prend trois minutes chrono et ne demande aucun matériel supplémentaire. Trois moyens permettent de connaître ses plages réelles : l'écran du compteur Linky en appuyant sur la touche « + », l'espace client de son fournisseur ou d'Enedis, ou tout simplement sa facture d'électricité. Une fois les nouveaux horaires en main, il suffit de reprogrammer le contacteur jour/nuit qui pilote le ballon d'eau chaude, ainsi que les départs différés du lave-linge et du lave-vaisselle. Aucun appel à un électricien n'est nécessaire pour cette manipulation, qui se fait directement sur le tableau électrique ou via l'application du fournisseur.
Le fournisseur a d'ailleurs l'obligation de prévenir avant le changement. Il doit vous prévenir au moins un mois avant le changement, généralement par courriel ou via une notification dans l'espace client. Le souci, c'est que ce type de message se perd facilement au milieu des relances commerciales et des offres promotionnelles.
Un détail technique mérite d'être vérifié en priorité : le mode du chauffe-eau. Si le chauffe-eau est piloté par le contacteur heures creuses du tableau, en position Auto, il suit automatiquement le nouveau calendrier fixé par Enedis, sans intervention supplémentaire de votre part. En revanche, si le contacteur a été forcé manuellement à un moment donné, par exemple pour dépanner une panne ponctuelle, il reste bloqué sur l'ancien horaire jusqu'à ce que quelqu'un le repasse en position automatique.
Des économies qui dépendent surtout de vos habitudes
Reste la question qui compte vraiment : est-ce que ça change grand-chose sur la facture ? L'option n'est rentable que si au moins 26 à 30 % de la consommation se fait en heures creuses. avoir de bonnes plages horaires ne sert à rien si les appareils énergivores tournent au petit bonheur, sans tenir compte du créneau.
Les foyers équipés de panneaux solaires en autoconsommation ont une carte supplémentaire à jouer. Déplacer une partie des heures creuses l'après-midi incite à consommer cette électricité abondante au bon moment, une opportunité directe pour les foyers équipés de solaire, dont les panneaux produisent précisément quand l'électricité est la moins chère. Le lave-vaisselle lancé à 13h plutôt qu'à 22h devient alors doublement gagnant, à la fois sur le tarif réseau et sur l'autoconsommation.
Pour les autres, le réflexe reste le même qu'avant, juste décalé dans le temps.
L'accès aux heures creuses s'élargit aussi
La réforme ne se limite pas à un simple déplacement d'horaires. Depuis le 1er août 2026, l'option heures creuses s'ouvre aux compteurs de 3 kVA, jusque-là réservée aux compteurs de 6 kVA et plus. Concrètement, cette puissance correspond à celle de la plupart des petits appartements et studios, jusqu'ici écartés du dispositif faute de puissance suffisante.
Selon Hello Watt, cette ouverture pourrait profiter à une majorité de petits logements équipés d'une puissance limitée. La CRE ne s'arrête pas là : elle a chargé le gestionnaire des réseaux ultramarins d'étudier, d'ici février 2027, l'extension de cette logique méridienne aux professionnels et gros consommateurs, dont les contrats ne prévoient aujourd'hui que des heures creuses nocturnes.
Un dernier détail à ne pas négliger
Un point passe souvent inaperçu dans les explications officielles. Les clients à qui un nouveau créneau a déjà été attribué entre le 1er novembre 2025 et le 31 mai 2026 ne verront pas de nouveau changement : ils conservent leurs plages en l'état, qui ne sont pas forcément saisonnalisées. Pour tous les autres, la bascule définitive vers des horaires été/hiver distincts est encore devant eux, avec des modifications qui doivent s'échelonner jusqu'en novembre 2027 selon les zones. Autant dire qu'il vaudra la peine de recontrôler ses plages au moins une fois par an, tant que la réforme suit son cours.
Sources : azaneo.com | roy-habitat.fr