Éteindre la box avant de dormir semble économique, mais le calcul révèle une économie annuelle d’à peine 4 euros. En contrepartie, on coupe aussi le téléphone fixe, l’alarme connectée et les mises à jour de sécurité nocturnes. Mieux vaut désactiver le seul wifi si l’objectif est de réduire l’exposition aux ondes.
« Je pensais juste économiser huit heures par nuit » : pourquoi couper la box endort aussi autre chose dans la maison

Débrancher la box avant de se coucher, c'est devenu un réflexe chez ceux qui traquent la moindre fuite d'électricité dans leur logement. Le calcul semble limpide : huit heures d'arrêt chaque nuit, moins de veille, une facture allégée. Or l'économie réelle tient dans un mouchoir de poche, et la coupure emporte avec elle des services qu'on n'imagine pas liés à ce petit boîtier posé près de la télévision.
- Une box coupée 8 heures par nuit économise environ 4 euros annuels, soit le prix d'un abonnement streaming mensuel.
- Le téléphone fixe devient inaccessible quand la box est éteinte, coupant l'accès à ce numéro pour les appels entrants et sortants.
- Les alarmes connectées perdent leur lien avec la télésurveillance ou l'application mobile lorsque la box est désactivée.
Le calcul qu'on ne fait jamais avant de débrancher
Une box internet ne fonctionne jamais vraiment à plein régime. Une étude Arcep menée en 2025 sur 36 modèles de box mesure une puissance moyenne en fonctionnement de 9,3 watts, et cette puissance chute encore lorsque l'appareil passe en veille la nuit. C'est justement cette veille, et non le fonctionnement normal, qui est concernée quand on éteint la box avant de dormir.
Sept watts : c'est désormais le plafond légal en veille.
Une réglementation adoptée en 2023 impose que les box en veille ne consomment pas plus de 7 watts. Ce plafond européen change la donne : une box récente, déjà bridée par la loi, n'a plus grand-chose à donner comme économie supplémentaire quand on la coupe manuellement quelques heures de plus.
Sur une nuit, l'économie tient dans un mouchoir de poche
Les chiffres par modèle donnent une idée plus précise de ce qui se joue réellement la nuit. La SFR Box 8 consomme entre 5,1 et 8,3 watts en veille contre 7,6 à 10 watts en activité, tandis que la Livebox 7 descend jusqu'à 7,22 watts en veille contre 11,5 watts en fonctionnement actif. Deux boîtiers, deux appétits différents, mais un ordre de grandeur commun : entre 5 et 8 watts pendant les heures creuses.
Voici la méthode, applicable à n'importe quelle box et n'importe quelle facture. On prend la puissance en veille indiquée sur l'étiquette ou mesurée avec un wattmètre, on la multiplie par le nombre d'heures de coupure visées, puis par le nombre de nuits dans l'année. Le coût annuel s'obtient ensuite en multipliant les kWh consommés par le prix du kWh de son offre. Avec une box à 7 watts coupée huit heures chaque nuit, cela donne environ 20 kWh économisés sur l'année. Au tarif réglementé, situé aux alentours de 0,20 euro le kWh selon plusieurs comparateurs d'électricité, la note allégée tourne autour de 4 euros par an.
Le prix d'un abonnement mensuel de streaming, à peine.
Le téléphone fixe devient muet
Ce que personne ne mentionne, c'est que la téléphonie fixe passe désormais par la box dans la quasi-totalité des foyers équipés en fibre ou en ADSL récent. Couper l'appareil, c'est couper aussi le combiné posé dans l'entrée : il ne sonne plus, et il devient impossible de l'utiliser pour appeler.
Pour un couple avec un téléphone portable chacun, l'inconvénient reste théorique. Pour une personne seule qui a gardé le fixe par habitude, ou parce qu'un enfant appelle justement sur ce numéro le soir, la coupure ferme une porte de communication sans prévenir. Le portable prend le relais, à condition d'être chargé et à portée de main sur la table de nuit.
L'alarme qui ne remonte plus rien
Les systèmes d'alarme connectés dépendent eux aussi de la connexion internet fournie par la box pour transmettre leurs alertes à un centre de télésurveillance ou à une application mobile. Si l'appareil est éteint, le pont entre les capteurs de la maison et l'extérieur disparaît purement et simplement.
Une alarme sans réseau n'alerte plus personne.
Certains boîtiers d'alarme intègrent une carte SIM de secours ou une batterie autonome capable de prendre le relais en cas de coupure électrique classique. Mais rien ne garantit que ce même système compense une coupure volontaire de la box elle-même, puisque techniquement, pour l'alarme, les deux situations se ressemblent.
La mise à jour qui n'arrive jamais
Les fournisseurs d'accès programment généralement leurs mises à jour de sécurité et de firmware pendant les heures creuses, quand le trafic internet est au plus bas et que les box sont censées être disponibles pour recevoir ces paquets de données. Une box éteinte au moment précis où l'opérateur pousse son correctif ne le reçoit pas.
Ce n'est pas dramatique en soi : la mise à jour sera simplement tentée la nuit suivante, ou dès que l'appareil se rallume et se reconnecte. Mais sur plusieurs semaines de coupure systématique, le décalage s'accumule, et la box reste un peu plus longtemps sur une version antérieure de son logiciel, avec les failles que cela peut comporter en attendant.
Couper le wifi, pas la box
La plupart des box récentes proposent, dans leur interface de gestion ou leur application, une option qui coupe uniquement le signal wifi sur une plage horaire choisie, sans éteindre l'ensemble de l'appareil. Le téléphone fixe continue de sonner, l'alarme reste connectée, les mises à jour nocturnes se déroulent normalement.
Cette option répond d'ailleurs souvent à la vraie motivation derrière le geste de couper la box : réduire l'exposition aux ondes pendant le sommeil, plus que réaliser une économie substantielle sur la facture. En coupant le wifi seul, on obtient ce résultat précis sans perdre les fonctions annexes hébergées par l'appareil. La box reste allumée, discrète, mais fonctionnelle sur tout le reste.
Le geste visait les ondes, pas vraiment les euros.
Ce qu'il faut vérifier avant d'en faire une habitude, seul
Avant d'adopter la coupure complète comme rituel du soir, quelques vérifications s'imposent quand on vit seul et qu'on n'a personne à proximité en cas de souci. S'assurer que le téléphone portable est chargé et reste à portée de main change beaucoup de choses en cas d'urgence nocturne.
Il vaut aussi la peine d'appeler son installateur d'alarme pour savoir si le boîtier dispose d'un réseau de secours indépendant de la box, type carte SIM intégrée, ou s'il repose entièrement sur la connexion internet du domicile. Cette information figure généralement dans la notice ou sur la fiche technique remise lors de l'installation. Un simple appel permet de lever le doute une fois pour toutes, plutôt que de le découvrir le jour où l'alarme se déclenche sans que personne ne soit prévenu.
La consommation réelle dépend largement du modèle de box, de ses équipements et du temps pendant lequel elle reste allumée, un rappel utile pour ceux qui voudraient comparer leur propre appareil aux moyennes citées ici. Le wattmètre, vendu quelques euros dans n'importe quelle grande surface de bricolage, reste le seul moyen de connaître la puissance exacte de sa propre box plutôt que de se fier à une moyenne nationale.
Sources : fournisseurs-electricite.com | alterna-energie.fr | ecojoko.com