« Je pensais devoir tout arrêter pour m’occuper de ma mère » : chez l’assistante sociale, on m’a expliqué combien de jours pouvaient m’être payés sur toute ma carrière

Un salarié peut être indemnisé jusqu’à 264 jours sur toute sa carrière pour accompagner des proches en perte d’autonomie. Cette allocation journalière du proche aidant (AJPA), versée par la Caf ou la MSA, s’élève à 66,64 euros par jour. Depuis 2025, ce droit se recharge pour chaque nouveau proche aidé, dans la limite de 4 personnes.

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Par L'équipe JDS

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« Je pensais devoir tout arrêter pour m'occuper de ma mère » : chez l'assistante sociale, on m'a expliqué combien de jours pouvaient m'être payés sur toute ma carrière. Cette phrase, entendue dans un CCAS de région parisienne, résume l'angoisse de milliers de salariés qui voient leur parent perdre son autonomie du jour au lendemain. La réponse tient en un chiffre précis : 264 jours indemnisés sur toute une carrière, répartis entre plusieurs proches si nécessaire.

À retenir
  • L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) verse 66,64 euros par jour complet, versés par la Caf ou la MSA
  • Le plafond total est de 264 jours sur toute une carrière, répartis entre 4 proches maximum
  • Depuis 2025, le droit à 66 jours se recharge pour chaque nouvelle personne aidée, contrairement à l'ancienne règle
  • Le congé lui-même ne dépasse pas un an sur toute la carrière, renouvelable par période de trois mois

Le congé qui existe mais qui ne paie pas tout seul

Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre ou réduire son activité pour accompagner un parent, un conjoint ou un enfant en situation de handicap ou en perte d'autonomie. Sur ce point, la confusion est fréquente : ce congé n'est pas rémunéré par l'employeur. Sauf accord collectif d'entreprise ou de branche qui en disposerait autrement, aucun maintien de salaire n'est prévu.

Une allocation existe pourtant. Elle s'appelle l'AJPA, l'allocation journalière du proche aidant, et c'est elle qui change la donne pour qui sait s'en servir. Le versement de l'AJPA est effectué par les caisses d'allocations familiales, ou les caisses de MSA pour les personnes qui relèvent du régime agricole.

264 jours, pas un de plus, mais répartis sur quatre proches

C'est la règle qui a changé au 1er janvier 2025, et qui a de quoi surprendre. Depuis cette date, sur l'ensemble d'une carrière, l'allocation journalière peut être versée dans la limite de 264 jours d'accompagnement de proches, soit 66 jours multipliés par 4 proches.

Avant cette réforme, le compteur ne se rechargeait pas. Une fois les 66 jours épuisés pour un parent, l'aidant n'avait plus aucun droit à l'AJPA, même en cas de nouveau proche à accompagner des années plus tard.

Le mécanisme est désormais différent. Depuis le 1er janvier 2025, il est possible de bénéficier à nouveau de 66 jours si l'on apporte son soutien à une autre personne, les renouvellements étant possibles dans la limite de 264 jours maximum durant l'ensemble de la carrière. Concrètement, un salarié qui a épuisé ses 66 jours pour sa mère pourra, plusieurs années après, en redemander autant pour son conjoint si celui-ci devient dépendant.

L'allocation est versée dans une limite de 22 jours par mois et de 66 jours pour chaque personne aidée, dans la limite de 4 personnes aidées dans sa vie professionnelle. Ce plafond mensuel n'est pas anodin : il empêche de consommer tous ses droits en quelques semaines et impose, de fait, un étalement dans le temps.

Le montant réel qui tombe chaque mois

Le nerf de la guerre, c'est évidemment le montant. Il faut être clair sur ce point : l'AJPA n'est pas un maintien de salaire, c'est une compensation partielle.

Le montant est fixé à 66,64 euros par journée complète, et à 33,32 euros par demi-journée. Pour un mois complet à 22 jours indemnisés, cela représente une somme qui reste bien inférieure à un salaire moyen, mais qui permet d'éviter de puiser dans ses économies ou de s'endetter.

La demande se fait directement auprès de la Caf ou de la MSA, selon le régime de rattachement du demandeur. Aucune démarche auprès de Pôle emploi ou de l'Assurance retraite n'est nécessaire pour ce volet financier.

Trois mois renouvelables, un an au maximum

Le congé lui-même obéit à une temporalité précise, distincte du calcul des jours indemnisés. Sans accord collectif plus favorable, sa durée est fixée à trois mois, renouvelable, mais il ne peut excéder un an sur l'ensemble de la carrière du salarié.

Cette limite d'un an vaut tous types de proches confondus. Elle diffère donc du plafond de 264 jours de l'AJPA, qui lui se compte proche par proche et peut, en théorie, s'étaler sur plusieurs décennies de vie professionnelle si les situations d'aide se succèdent.

Un salarié peut ainsi prendre un congé de trois mois pour sa mère, le renouveler une fois, puis solliciter un nouveau congé bien plus tard pour son conjoint, sans avoir consommé l'intégralité de son crédit d'un an sur cette seconde période.

Un compteur qui protège aussi la retraite

Détail méconnu, souvent oublié dans les calculs d'urgence. Le congé de proche aidant ouvre droit, sous conditions, à l'assurance vieillesse des aidants, ce qui permet de continuer à valider des trimestres pendant cette période sans activité professionnelle.

Cette assurance vieillesse fonctionne indépendamment du versement de l'AJPA. Un salarié qui prend le congé sans percevoir l'allocation, parce qu'il a par exemple atteint le plafond mensuel de 22 jours, peut malgré tout continuer à faire valoir ses droits à la retraite pendant cette période.

Le fractionnement est également possible. Un aidant peut choisir de répartir ses jours en demi-journées plutôt qu'en blocs continus, ce qui permet de conserver une activité partielle tout en accompagnant un proche au quotidien.

Ce que dit vraiment l'assistante sociale au guichet

Dans les CCAS et les points d'accueil des Caf, le discours s'est affiné depuis 2025. Il ne s'agit plus seulement d'expliquer les 66 jours par proche, mais bien d'insister sur ce nouveau compteur global de 264 jours.

Cette information change concrètement la manière dont un salarié planifie son parcours d'aidant. Savoir que le droit se recharge pour un nouveau proche évite de culpabiliser d'avoir « déjà tout utilisé » et permet d'envisager sereinement d'accompagner successivement plusieurs membres de sa famille.

Reste une question que peu de salariés posent au bon moment : celle du délai de prévenance auprès de l'employeur, fixé à un mois avant le début du congé, et à 15 jours en cas de renouvellement. Un détail administratif qui, faute d'anticipation, peut retarder de plusieurs semaines le premier versement de l'allocation.

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