J’ai lancé ce film d’hippopotame tueur sur Netflix pour en rire : au bout de vingt minutes, j’étais scotché devant mon écran !

Axelb
Par Axel B.

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Le nanar et la série B ne sont pas synonymes : le premier fait souvent rire malgré lui, la seconde connaît ses limites mais peut les transformer en plaisir de cinéma. Hungry, arrivé cette semaine sur Netflix France, semblait appartenir d'emblée à la première catégorie. Un hippopotame tueur dans les marécages de Louisiane, voilà le genre de pitch que l'on lance par curiosité, prêt à lever les yeux au ciel.

Pourtant, après une vingtaine de minutes, le film de James Nunn impose une tension assez franche. En cette rentrée, ce survival britannique s'est même installé en tête des films les plus regardés sur la plateforme en France (délogeant Le Juge, avec Robert Downey Jr.). Un succès surprenant, mais pas totalement absurde : derrière son concept d'« Hippo Glouton », le long métrage sait exactement quel spectacle modeste et nerveux il veut proposer.

À retenir
  • Hungry suit des vacanciers piégés dans les bayous face à un hippopotame anormalement agressif.
  • Réalisé par James Nunn et tourné à Malte, ce survival britannique s’est hissé parmi les films les plus vus sur Netflix France.
  • Malgré un scénario parfois invraisemblable, le film mise sur la tension, le huis clos et un prédateur rarement exploité au cinéma.

« Hungry » : le film d'hippopotame tueur qui a conquis Netflix France en quelques jours

Cette curiosité Netflix suit un groupe de vacanciers isolés dans les bayous près de La Nouvelle-Orléans, face à un hippopotame devenu anormalement agressif. James Nunn, connu pour les films d'action Renegades et Marauders, délaisse ici les fusillades pour un huis clos à ciel ouvert.

Le décor marécageux devient une prison : l'eau gêne la fuite, la végétation masque le danger et l'on comprend vite que les personnages ne maîtrisent plus le terrain. Tourné à Malte plutôt qu'en Louisiane, le film ne cherche pas le réalisme documentaire. Il privilégie une atmosphère poisseuse, presque irréelle, qui convient à son récit de survie

Le choix de l'animal fait toute la différence. Le requin, le crocodile ou le loup ont déjà été abondamment utilisés par le cinéma de prédateurs ; l'hippopotame, lui, garde une image trompeuse d'animal placide. Or il compte parmi les mammifères les plus dangereux au monde. Hungry exploite habilement ce décalage : la masse de l'animal, sa vitesse et son imprévisibilité suffisent à créer l'inquiétude sans que le film ait besoin d'en faire trop.

L'idée possède aussi un ancrage historique étonnant. Au début du XXe siècle, les États-Unis ont réellement envisagé d'importer des hippopotames dans les bayous de Louisiane afin de répondre à une pénurie de viande. Le projet n'a jamais abouti, mais il nourrit ici un imaginaire de catastrophe locale tout à fait savoureux.

Pourquoi ce huis clos sauvage finit par scotcher malgré ses absurdités

Hungry ne prétend pas réinventer le survival-horror. Son scénario accumule des décisions discutables et certaines situations demandent une bonne dose d'indulgence. Mais le film avance avec une efficacité qui manque parfois aux productions plus ambitieuses. Dès que le groupe est piégé, la mise en scène resserre l'espace et joue davantage sur l'attente que sur une démonstration d'effets numériques. Madison Davenport, Tracey Bonner et Joaquim de Almeida portent cette mécanique avec sérieux, sans surjouer l'ironie. C'est sans doute ce qui permet au film de tenir : il accepte son postulat extravagant, mais ne traite pas ses personnages comme une simple blague.

Les critiques partagées s'expliquent donc facilement. Certains y verront une petite production trop invraisemblable, au scénario réduit à sa menace animale. D'autres apprécieront ce plaisir coupable assumé, à mi-chemin entre le film de créature et le thriller de survie. La pointe d'humour noir évite d'ailleurs à l'ensemble de sombrer dans la lourdeur. La photographie reste secondaire, parfois limitée par le budget, mais elle laisse volontiers la vedette à ce monstre inhabituel. L'hippopotame est le vrai personnage principal : une présence rarement vue à l'écran, plus inquiétante qu'un énième prédateur déjà balisé par des décennies de cinéma.

Sans être un grand film de genre, Hungry démontre qu'une idée apparemment ridicule peut retrouver du mordant lorsqu'elle est menée avec rythme et conviction. Si bien que l'on finit par se demander quels animaux, réputés inoffensifs à tort, pourraient encore offrir au cinéma de série B sa prochaine bonne surprise.

Axelb

Passionné de pop culture sous toutes ses formes, Axel ne rate jamais une série qui fait parler, un film à revoir dix fois ou une référence geek à glisser dans la conversation. Mais pas question pour ce jeune quadra de vivre collé à un écran : dès que l’occasion se présente, il enfourche son vélo, prend le large ou part en road trip, toujours curieux de découvrir ce qui l’attend au prochain virage.

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