Un soir d’octobre, une coupure de courant m’a fait regretter de m’être moqué de la boîte d’urgence que mon père entretenait discrètement. J’ai découvert que le gouvernement recommande désormais des kits similaires pour chaque foyer, capables d’assurer 72 heures d’autonomie.
« Je pensais que mon père exagérait avec ses bougies rangées dans l’entrée » : pourquoi la coupure d’un soir d’octobre m’a fait changer d’avis

Mon père avait raison, et cet article est une façon de lui présenter mes excuses. Sa boîte en fer, rangée dans le meuble de l'entrée, valait mieux que toutes nos moqueries. Il m'a fallu un soir de coup de vent, en octobre, pour l'admettre.
Elle ne contenait presque rien.
- Une coupure de courant provoquée par le vent laisse les appareils électriques inutiles et expose à l'isolement informationnel.
- Un kit d'urgence contenant lampe à piles, radio à piles et réserves d'eau permet de tenir 72 heures sans électricité.
- Le gouvernement recommande depuis novembre 2025 que chaque foyer prépare un kit d'urgence vérifié deux fois par an.
La boîte en fer que toute la famille taquinait
À l'intérieur, des bougies, une boîte d'allumettes, une lampe, une petite radio à piles et, posées à côté, quelques bouteilles d'eau. Rien de spectaculaire, aucune provision de guerre. Ma mère haussait un sourcil, mes sœurs riaient, et moi, à 20 ans, je trouvais cette prudence un peu vieillotte.
On l'avait surnommée « la boîte du cataclysme ». Mon père laissait dire, avec un sourire en coin. Il connaissait la réplique par cœur.
Il la remettait toujours au même endroit, tiroir du bas, à gauche. Personne ne l'avait jamais vu s'en servir.
Un soir de coup de vent, la maison s'éteint
Le vent a forci en début de soirée, avec ces rafales qui font claquer les volets. Puis la lumière a vacillé et la maison s'est tue d'un coup. Plus de frigo qui ronronne, plus de télévision, plus rien.
Chacun a sorti son téléphone.
Le mien affichait déjà une batterie fatiguée. La box était éteinte, donc plus de wifi, et aucune information ne me disait si la panne touchait ma rue, mon quartier ou davantage. Je ne savais pas quand le courant reviendrait, et les heures ont fini par s'étirer. Les coupures de courant provoquées par le vent existent bel et bien, et je venais de m'en souvenir à mes dépens.
Utiliser la lampe du téléphone revenait à vider un peu plus une batterie déjà au plus bas. J'ai éteint l'écran, puis j'ai rallumé, puis éteint encore.
Ce que la boîte de mon père aurait changé
Chez moi, rien de tel n'existait. J'avais des bougies décoratives, parfumées, peu faites pour éclairer une pièce. Aucune lampe à portée de main, aucune radio.
Or une radio à piles capte les informations sans réseau internet, et c'est exactement ce qui me manquait ce soir-là : une voix qui explique ce qui se passe.
La bougie, elle, n'a pas de quoi rassurer. Une flamme nue posée sur un meuble, dans une maison plongée dans le noir, avec un vent qui s'engouffre sous les portes, présente un vrai risque d'incendie. J'ai surveillé la mienne comme le lait sur le feu, en me promettant de ne plus jamais dépendre d'elle.
Ce que recommandent désormais les pouvoirs publics
Le 20 novembre 2025, le gouvernement a publié le guide « Tous responsables », qui invite chaque foyer à préparer un kit d'urgence. Il doit offrir 72 heures d'autonomie, période durant laquelle les services de secours peuvent être saturés.
La liste du kit comprend de l'eau (6 litres par personne pour 72 heures), de la nourriture qui ne demande pas de cuisson, des médicaments de base et une trousse de premiers secours. S'y ajoutent une radio à piles avec piles de rechange, pour suivre les consignes des autorités, et une lampe de poche, elle aussi avec ses piles de rechange. Le document mentionne d'ailleurs bougies, briquet ou allumettes, ce qui donne à mon père une revanche posthume.
Il avait coché presque toute la liste sans l'avoir lue.
Reconstituer la boîte, version 2026
J'ai refait la mienne le week-end suivant, dans une boîte en métal qui traînait au garage. Je garde la logique paternelle mais je change un point : la lampe passe devant la bougie. Sans flamme, pas de risque d'incendie, et quelques piles neuves, rangées à côté, la rendent autonome.
La radio à piles a rejoint la boîte, avec sa réserve de piles, ainsi que des bouteilles d'eau et une trousse de secours. J'y ai glissé aussi des copies de mes papiers importants, par précaution.
Mes allumettes sont restées, mais tout au fond, sous la lampe. Elles servent de dernier recours.
Toujours au même endroit, et vérifiée deux fois par an
Le guide conseille de placer le kit dans un endroit facile d'accès. Mon père l'avait compris sans document officiel : dans le noir, on ne cherche pas, on tend la main. Ma boîte vit donc dans le meuble de l'entrée, exactement là où se trouvait la sienne, et toute la famille sait où elle est.
Reste l'entretien. Deux fois par an, le guide recommande de vérifier le contenu du kit, dates de péremption comprises, et de remplacer les piles.
J'ai calé ce contrôle sur le changement d'heure, au printemps et à l'automne, pour ne pas l'oublier. La boîte de mon père, je m'en rends compte, n'avait pas de calendrier, seulement un père qui passait régulièrement l'ouvrir. Quand je lui ai montré la mienne, il a jeté un œil au contenu, puis il m'a demandé si j'avais pensé aux piles de rechange.
Sources : vie-pratique.fr | kit-survie.org