« Je pensais avoir passé l’âge des films d’horreur » : pourquoi celui-ci avec Gillian Anderson fait exception

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Par Axel B.

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Qui a encore envie de hurler devant un slasher quand on a passé l'âge de se faire peur pour le plaisir ? C'est la question que beaucoup se posent avant de tomber, presque par hasard, sur Teenage Sex and Death at Camp Miasma, disponible ce 2 octobre sur la plateforme Mubi.

Ce film réunit Hannah Einbinder et Gillian Anderson autour du reboot d'une vieille franchise de slashers imaginaire, et il a suffi d'un visionnage pour comprendre pourquoi le Guardian en a fait son choix de la semaine. Entre satire horrifique, romance queer et nostalgie cinéphile, cette curiosité dépasse largement le simple film d'épouvante.

À retenir
  • Teenage Sex and Death at Camp Miasma, réalisé par Jane Schoenbrun, est disponible depuis le 2 octobre sur Mubi.
  • Le film met en scène Hannah Einbinder et Gillian Anderson dans un slasher satirique mêlant nostalgie cinéphile et romance queer.
  • Présenté à Cannes 2026 en Un Certain Regard, tourné pour 10 millions de dollars, il a rapporté 8,6 millions au box-office.

Un slasher culte entre les mains d'une nouvelle génération

L'histoire part d'un principe que connaissent bien les amateurs de sagas à rallonge : une franchise essoufflée, confiée à une réalisatrice bien décidée à la faire renaître. Dans le film, Hannah Einbinder incarne Kris, metteuse en scène non-binaire chargée de relancer Camp Miasma, un slasher fictif des années 1980.

Mais en retrouvant la trace de Billy, l'actrice recluse qui jouait la « final girl » du film original, Kris bascule dans une intrigue bien plus trouble que prévu. Un nouveau genre de slasher émerge littéralement du fond du lac, et avec lui, une réflexion sur une industrie incapable de laisser mourir ses propres franchises.

Gillian Anderson et Hannah Einbinder, une alchimie qui transcende le genre horrifique

C'est peut-être là que le film surprend le plus les spectateurs peu habitués aux codes du genre. Gillian Anderson compose une Billy mystérieuse et magnétique, tandis qu'Hannah Einbinder prête à Kris une fébrilité touchante. Leur rencontre donne naissance à un lien inattendu, mêlant désir et catharsis, loin des clichés habituels du cinéma d'horreur.

Le site Collider a ainsi salué un film qui célèbre sans honte ce qui nous excite, quand le magazine DIVA parle d'un « sapphic slasher » qui a enthousiasmé le public LGBTQIA+. On est loin des courses-poursuites convenues entre ados hystériques et tueur masqué !

Campmiasma Still 6 ©mubi
Source: DR
Campmiasma Still 13 ©mubi
Source: DR

Jane Schoenbrun signe son film le plus personnel entre satire, nostalgie et désir queer

Pour la réalisatrice Jane Schoenbrun, déjà remarquée pour We're All Going to the World's Fair et I Saw the TV Glow, ce troisième long métrage marque un tournant. Présenté en mai 2026 au Festival de Cannes dans la sélection Un Certain Regard, le film transforme les plaisirs un peu honteux du video nasty en une méta-réflexion sur le pouvoir du regard pop-culturel, comme le souligne Variety. Autour d'Hannah Einbinder et Gillian Anderson, le casting réunit aussi Amanda Fix, Arthur Conti, Eva Victor, Zach Cherry, Sarah Sherman, Patrick Fischler, Dylan Baker, Jasmin Savoy Brown, Quintessa Swindell, Kevin McDonald et Jack Haven. Tourné pour un budget de 10 millions de dollars, le film a rapporté 8,6 millions de dollars au box-office, des chiffres modestes qui n'enlèvent rien à l'ambition du projet.

Voilà donc comment un slasher, genre que l'on pense réservé aux adolescents en quête de frissons faciles, parvient à raconter autre chose : l'identité, le désir, et cette manie bien contemporaine de recycler les vieilles franchises plutôt que d'en inventer de nouvelles. De quoi donner envie, finalement, de rouvrir la porte du cinéma d'horreur, même quand on pensait l'avoir fermée pour de bon.

Axelb

Passionné de pop culture sous toutes ses formes, Axel ne rate jamais une série qui fait parler, un film à revoir dix fois ou une référence geek à glisser dans la conversation. Mais pas question pour ce jeune quadra de vivre collé à un écran : dès que l’occasion se présente, il enfourche son vélo, prend le large ou part en road trip, toujours curieux de découvrir ce qui l’attend au prochain virage.

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