« Je pensais devoir demander la permission de la mairie pour une pierre sur la tombe de mon père » : on m’a expliqué que la loi m’y autorisait déjà

Contrairement à une idée reçue très répandue, vous n’avez pas besoin de demander l’autorisation de la mairie pour poser une pierre sur la tombe d’un proche. L’article L2223-12 du Code général des collectivités territoriales, en vigueur depuis 1996, vous y autorise d’emblée. En revanche, le règlement intérieur du cimetière s’applique toujours, et l’accord de la famille reste conseillé.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • L'article L2223-12 du CGCT autorise tout particulier à poser une pierre sépulcrale sans demander la permission de la mairie.
  • Le règlement intérieur du cimetière fixe des normes de dimension, de matériau et d'alignement que vous devez respecter.
  • L'accord des autres ayants droit sur la concession peut être nécessaire avant de poser la pierre.

Ce que dit l'article L2223-12

Vous n'avez pas à demander la permission de la mairie pour poser une pierre sur la tombe de votre père. L'article L2223-12 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) le dit noir sur blanc. Cette disposition est en vigueur depuis le 24 février 1996.

Voici la phrase de loi, telle quelle : « Tout particulier peut, sans autorisation, faire placer sur la fosse d'un parent ou d'un ami une pierre sépulcrale ou autre signe indicatif de sépulture. »

Ce texte a été créé par la loi 96-142 du 21 février 1996. Il a donc 30 ans, et le réflexe de solliciter l'aval du maire n'a pourtant pas disparu. Les mots sont choisis larges : le législateur écrit « tout particulier », et non « tout titulaire de concession ». Quant à la pierre, il y ajoute « autre signe indicatif de sépulture », ce qui laisse de la place à une plaque ou à un simple signe.

D'où vient l'idée qu'il faudrait une permission

Le réflexe se comprend. Une concession se demande à la mairie, et l'on suppose volontiers que tout ce qui s'y ajoute suit la même procédure.

Le maire dispose bien de pouvoirs sur le cimetière, ce qui entretient le doute. Mais encadrer un lieu et subordonner chaque geste d'un particulier à son accord sont deux choses distinctes. Pour la pose d'une pierre, le CGCT a tranché en 1996.

Côté administratif, la loi ne réclame aucune autorisation pour ce geste.

Ce que le texte ne règle pas

Gardez la portée exacte de cet article en tête : il écarte l'autorisation administrative, et rien d'autre. Chaque commune peut fixer, dans le règlement intérieur de son cimetière, des normes de dimension, de matériau ou d'alignement. La formule juste est donc « pas d'autorisation à demander », jamais « aucune règle ». Le premier point relève de la loi nationale, le second de chaque commune.

Autre limite : si la tombe fait l'objet d'une concession, l'accord des autres ayants droit peut être nécessaire, le cas échéant. Frères et sœurs n'ont pas forcément la même idée de la pierre qui convient à leur père.

Une pierre gravée peut soulever d'autres questions, celle du texte inscrit notamment. Le brief de cet article s'arrête à l'autorisation de poser, et la mairie reste l'interlocutrice à interroger sur tout ce qui touche à la gravure. Mieux vaut poser la question avant la commande qu'après la livraison.

À l'approche du 1er novembre

Il reste 30 jours avant la Toussaint.

Le geste utile n'est pas de demander une permission, mais de s'informer. Demandez à la mairie le règlement intérieur du cimetière pour connaître les limites de dimension, de matériau et d'alignement. Ce n'est pas une demande d'autorisation, seulement une prise de renseignements. Gardez ensuite le document sous la main quand vous discuterez avec le marbrier ou l'entreprise funéraire, il fera foi de ce qui est permis.

Parlez ensuite à la fratrie, avant de commander. Un message écrit de chacun, même bref, garde la trace d'un accord.

Le texte parle de « pierre sépulcrale ou autre signe indicatif de sépulture ». Une plaque ou un signe discret entrent dans cette formule, sous réserve du règlement du cimetière. Le choix du support vous appartient donc davantage que vous ne le pensiez.

Un texte plus large qu'on ne le croit

Le détail qui surprend tient en trois mots : « ou d'un ami ». La loi place l'ami à côté du parent, sans les hiérarchiser.

Un voisin de toujours, un camarade de régiment, une amie de 50 ans peuvent donc, à la lettre, faire placer un signe sur la fosse. La formule vise le lien affectif plutôt que l'état civil. Le règlement du cimetière s'applique à eux comme à n'importe quel particulier.

Chez vous, et pas chez le voisin

À mon sens, ce texte gagnerait à être mieux connu des familles, parce qu'il remet la décision à sa place : chez elles. La mairie garde la main sur le cadre, par son règlement, mais pas sur le principe. Restent deux démarches distinctes, se renseigner sur les règles locales et s'accorder en famille. Ni l'une ni l'autre ne passe par un formulaire d'autorisation.

Pas d'autorisation, donc, mais des règles locales à lire.

Pour la pierre de votre père, commencez par le règlement, puis la famille, puis la commande. Dans cet ordre, le calendrier de la Toussaint reste tenable. Quant à la loi, elle tient en une phrase, que vous pouvez relire sur Légifrance.

Une dernière nuance : la commune voisine a pu fixer d'autres dimensions ou d'autres matériaux. C'est le règlement de votre cimetière qui compte, pas celui d'à côté.

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