« Je pensais devoir rendre au voisin les pommes de son arbre tombées chez moi » : à la mairie, on m’a expliqué à qui elles reviennent

Contrairement à une idée reçue, les pommes du voisin tombées dans votre jardin vous appartiennent légalement. Le Code civil est clair : les fruits qui se détachent naturellement d’un arbre reviennent au propriétaire du terrain où ils atterrissent. Seuls les fruits cueillis sur l’arbre ou les branches restent régis par d’autres règles.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Les fruits tombés naturellement chez vous vous reviennent légalement sans obligation de restitution.
  • Vous pouvez contraindre votre voisin à élaguer ses branches, mais vous ne pouvez pas les couper vous-même.
  • Les fruits cueillis directement sur l'arbre ne sont pas couverts par cette règle et requièrent l'accord du voisin.

Les pommes tombées chez vous sont à vous

Les pommes de votre voisin qui tombent dans votre jardin vous reviennent. D'après la fiche F614 de service-public.fr, le propriétaire du terrain où elles atterrissent peut ramasser librement les fruits qui tombent naturellement chez lui. Aucune obligation de les rapporter de l'autre côté de la haie.

Octobre, pleine saison des pommes, est le bon moment pour le savoir.

Rendre les fruits au voisin est un geste d'une autre époque, celui du panier posé sur le muret et du mot échangé par-dessus la haie. Beaucoup le font encore par politesse, parfois avec la crainte de passer pour un chapardeur. Cette crainte n'a pas lieu d'être. La règle ne réclame aucune restitution.

Personne ne songe à se moquer de ce réflexe de bon voisinage. Il repose simplement sur une idée fausse : celle que l'arbre et ses fruits restent à leur propriétaire jusqu'au dernier pépin.

Ce que dit le Code civil

L'article 673, publié sur Légifrance, pose le principe en quelques lignes. Celui sur la propriété duquel avancent les branches du voisin peut contraindre ce dernier à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches appartiennent à ce même propriétaire.

Le mot qui compte est « naturellement ». Un fruit qui se détache et tombe seul sur votre terrain est à vous, sans autre formalité.

Le pommier, lui, reste à votre voisin.

Les branches, c'est une autre histoire

Ramasser est libre, couper ne l'est pas. La fiche de service-public.fr est claire : vous pouvez contraindre votre voisin à élaguer les branches qui avancent chez vous, mais vous n'avez pas le droit de les couper vous-même. Si le dialogue ne mène nulle part, un recours devant le juge reste la voie à suivre. Un coup de sécateur sur une branche chargée de pommes, même pour « récupérer » ce qui dépasse, vous ferait sortir du cadre fixé par le texte.

Les racines, les ronces et les brindilles suivent une autre logique. Vous pouvez les couper librement, à la limite de votre propriété.

La nuance a son charme : le droit autorise le sécateur contre la ronce, pas contre le pommier. Une branche d'arbre fruitier relève de l'élagage par le voisin, pas du bricolage du dimanche. Gardez cette distinction en tête avant de sortir l'échelle.

Cueillir sur l'arbre : un cas que la fiche ne tranche pas

Tendre le bras vers une pomme encore accrochée à la branche qui déborde, c'est autre chose que ramasser. La règle que nous avons lue ne parle que des fruits tombés naturellement.

Pour les fruits cueillis sur l'arbre, comme pour ceux ramassés sur la limite, nous n'affirmons donc rien. Un arbre planté pile sur la ligne séparative de deux terrains pourrait relever d'un régime particulier, qu'il faudrait vérifier avant de se servir. Le voisin n'a peut-être aucune objection, mais mieux vaut le lui demander. Reste à consulter la fiche de service-public.fr ou à poser la question en mairie.

Dans le doute, on demande avant de cueillir.

Que faire des pommes en octobre

Les pommes tombées ont souvent encaissé le choc. Meurtries, elles se conservent mal et partent plutôt vers la compote, le jus ou la tarte que vers la corbeille de fruits. Un tri rapide, qui écarte celles qui sont abîmées ou entamées, évite de transformer le panier en foyer de pourriture.

Un ramassage régulier empêche aussi les fruits de s'accumuler sur la pelouse. Ceux qui y pourrissent attirent volontiers les guêpes.

Reste la politesse. Rien n'interdit de glisser un pot de compote dans la boîte aux lettres du voisin. Ce sera un cadeau, et non plus une restitution.

Et si l'arbre appartient à la commune ?

Les arbres fruitiers communaux obéissent à une logique distincte. Selon l'agence technique départementale de la Haute-Garonne, il n'existe pas de réglementation générale sur la collecte des fruits des propriétés communales.

Le maire peut encadrer le ramassage au nom de ses pouvoirs de police, si la pratique menace l'ordre, la sécurité ou la salubrité publics. Sans règle communale, le ramassage des fruits tombés au sol est toléré.

Une dernière nuance concerne les branches. Dans un arrêt du 20 juin 2019, la Cour de cassation a interprété la notion de « voisin » comme désignant deux propriétés contiguës, comme le rappelle une question écrite posée à l'Assemblée nationale. Un arbre séparé de chez vous par un chemin ou par une parcelle intermédiaire ne donnerait donc pas forcément le droit de réclamer un élagage.

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