Je le fais chaque fois que les premières pommes de garde arrivent : ce flan aux pommes doré, sans pâte, a sauvé tous mes dimanches d’automne

Un flan aux pommes sans pâte qui se prépare en trois étapes : des pommes de garde en tranches, un appareil d’œufs et de lait, et le four. Plus simple qu’une tarte, presque infaillible, parfait pour les dimanches d’automne.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Les pommes de garde comme la Belle de Boskoop gardent leur forme à la cuisson et restent juteuses et acidulées.
  • Le flan demande un saladier, un plat beurré et 35 à 40 minutes au four à 180 °C.
  • La maïzena rend le flan plus fondant, la farine plus ferme selon vos préférences.

Un flan sans pâte, un saladier et un four

Un flan aux pommes sans pâte demande un saladier, un plat et un four. Pas de rouleau, pas de moule à manqué, pas de fond de tarte qui rétrécit ou qui détrempe. C'est la raison pour laquelle il revient chez moi dès que les premières pommes de garde apparaissent sur les étals.

Le dimanche d'automne n'en demande pas davantage.

Le principe tient en une phrase : des pommes à cuire en tranches, noyées dans un appareil d'œufs, de lait, de sucre et d'un peu de farine ou de maïzena. Au four, le dessus dore, le cœur reste moelleux. On obtient un dessert à mi-chemin entre le clafoutis et la tarte aux pommes, avec plus de fruit que de crème. Il se prépare pendant que le café passe.

Pourquoi les pommes de garde y sont si à l'aise

On appelle pommes de garde les variétés d'automne qui se conservent des mois dans un local frais, comme la reinette ou la Belle de Boskoop. Selon les fiches de pomologie, la Boskoop se consomme plutôt de décembre à mars. Les premières pommes de garde, elles, arrivent chez les producteurs dès l'automne.

La Boskoop garde sa forme à la cuisson et sa chair reste juteuse et acidulée. Cette acidité s'adoucit au fil de la conservation, ce qui change le dosage du sucre selon la date à laquelle vous cuisinez.

Une pomme trop douce donne un flan sans relief, à mon goût.

Au marché, demandez au producteur ce qu'il propose « pour cuire ». Côté stockage, les conseils de jardinage s'accordent sur un endroit frais, sombre et aéré, autour de 4 °C, comme une cave ou un garage non chauffé. Évitez de laver les pommes avant de les ranger, et triez-les dès le départ, car un seul fruit abîmé peut gâter ses voisins.

La recette, sans balance ni cérémonie

Épluchez les pommes, ôtez le cœur, coupez-les en tranches ou en quartiers. Disposez-les dans un plat que vous aurez pris soin de beurrer, en les serrant bien. Elles doivent occuper presque tout l'espace : l'appareil est là pour les lier, pas pour les remplacer.

Dans le saladier, fouettez les œufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse un peu. Ajoutez la farine ou la maïzena, puis le lait en filet, sans grumeaux. La pâte doit rester assez fluide pour se glisser entre les tranches, et une pointe de cannelle ou de vanille convient si l'envie vous en prend. Versez le tout sur les fruits.

Enfournez à 180 °C environ, pour 35 à 40 minutes. Chaque four a son caractère : fiez-vous à la couleur plus qu'au minuteur, et plantez la pointe d'un couteau au centre pour vérifier que rien ne coule.

Visez un dessus franchement doré.

Les petits réglages qui font la différence

Farine ou maïzena ? Je trouve la maïzena un peu plus fondante, la farine un peu plus ferme. Rien de grave dans un cas comme dans l'autre, et l'affaire se règle à l'usage, selon que vous aimez une part qui se tient ou une part qui tremble.

Des tranches épaisses gardent du caractère après cuisson, et la Boskoop s'y prête volontiers. Si votre cagette mêle plusieurs variétés, rien ne vous interdit de les panacher, une acidulée avec une plus sucrée.

Laissez le flan reposer 15 à 20 minutes avant de le couper : il se tient mieux, et ses saveurs s'arrondissent en refroidissant. Le plat tiède est, à mes yeux, le meilleur moment, mais certains le préfèrent froid, le lendemain, avec le café du matin.

Si vous cuisinez avec des pommes de votre verger, une petite astuce : sortez-les de leur cagette la veille. À température ambiante, elles s'épluchent plus facilement et dégagent davantage de parfum.

Servir, garder, recommencer

Nature, il se suffit. Une cuillerée de crème épaisse ou une boule de glace à la vanille l'accompagnent sans l'écraser.

Les restes se gardent au frais, sous un film ou dans une boîte. Je les réchauffe quelques minutes au four plutôt qu'au micro-ondes, qui ramollit le dessus. Le flan est alors presque aussi bon que le premier jour, et parfois meilleur, car l'appareil a eu le temps de prendre.

Mon verdict, sans détour

Mon avis tient en peu de mots : ce flan fait mieux qu'une tarte pour dix fois moins d'efforts. On y perd le croustillant de la pâte, on y gagne un dessert qui ne rate presque jamais, même un dimanche où l'on reçoit à l'improviste.

Un détail pour finir : la Boskoop perd de son acidité en cave, et on la dit pleinement mûre pour le croquer cru en décembre-janvier. Le flan de début octobre, avec des pommes vives, ne ressemblera donc pas à celui de Noël, plus doux. Si vous le refaites en hiver, goûtez une tranche crue avant de verser le sucre, et réduisez la dose si elle vous paraît déjà ronde.

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