Le manteau est revenu du pressing avec une déchirure que je n’avais jamais vue. Au comptoir, on m’a annoncé une somme qui ne correspondait ni à ce que j’avais payé ni à ce que je espérais.
J’ai porté au pressing mon manteau d’hiver acheté il y a trois ans : quand il est revenu abîmé, au comptoir, on m’a expliqué combien il valait encore à leurs yeux

- Un manteau acheté il y a 3 ans est indemnisé à 30 % du montant figurant au barème.
- Le barème de l'INC prévoit 80 % sous 3 mois, 60 % sous 30 mois et 30 % au-delà.
- Le teinturier est présumé responsable de l'état du vêtement rendu, sauf preuve contraire.
- La facture d'achat et le ticket de dépôt fixent la date et le montant de l'indemnisation.
Trois ans d'âge, 30 % du barème
Au comptoir, un manteau d'hiver acheté il y a 3 ans vaut 30 % du montant figurant au barème du pressing. C'est la règle que rappelle l'Institut national de la consommation (INC) dans sa fiche consacrée aux teinturiers, vérifiée en septembre 2025. Elle déçoit quiconque espérait retrouver le prix payé en boutique.
Le seuil des 30 mois, c'est 2 ans et demi seulement.
La grille de l'INC tient en trois lignes. L'indemnisation peut atteindre 80 % pour un article acheté depuis moins de 3 mois, 60 % pour un article acheté depuis moins de 30 mois, et 30 % du montant figurant au barème pour les articles plus anciens. Prenons un chiffre rond, purement hypothétique : sur 100 euros inscrits au barème pour un manteau, un article de 3 ans ouvre droit à 30 euros. Acheté il y a 2 ans, le même manteau aurait relevé de la tranche à 60 %, soit 60 euros.
Ce pourcentage s'applique au montant du barème, pas au prix que vous avez payé en boutique. Le barème évoqué par l'INC est celui de la Fédération française des pressings et blanchisseries.
Un barème indicatif, pas un tarif gravé dans le marbre
Le chiffre de 30 % n'est pas un verdict. Selon l'INC, ces barèmes ne constituent qu'une « base de négociation ». Rien ne vous oblige donc à accepter la première proposition formulée au comptoir, surtout si vous avez des pièces à présenter.
Les taux 80, 60 et 30 % restent indicatifs.
Abordez l'échange comme une discussion chiffrée, sans en faire une dispute. Demandez la ligne du barème qui concerne votre manteau, le taux retenu et la date d'achat prise en compte.
Ce que la loi présume en votre faveur
Le teinturier est tenu à une obligation de moyens, que l'INC rattache à l'article 1789 du Code civil. Il est présumé responsable de l'état dans lequel il rend le vêtement. Il ne s'en exonère qu'en prouvant l'absence de faute de sa part.
Cette présomption se juge par comparaison : l'INC explique que la faute se déduit de l'état du manteau à la remise, puis à la restitution. Le ticket de dépôt prend alors toute son importance, puisqu'il mentionne le nombre d'articles, la prestation, le prix et les réserves éventuelles du professionnel. Un manteau déposé sans réserve puis rendu abîmé place le pressing devant la charge de prouver qu'il n'a rien à se reprocher.
Les juges appliquent cette logique. Le 5 juillet 2024, le tribunal judiciaire de Paris a tenu un pressing pour responsable d'un tapis détérioré, faute d'avoir établi un défaut préexistant ou une faute du client, décision que l'INC cite dans sa fiche.
Les deux papiers qui font le montant
Pour fixer la tranche, le pressing a besoin d'une date. La facture d'achat fait foi, ou à défaut toute preuve de l'achat et de sa date. Un relevé de carte bancaire ou un courriel de confirmation pourrait en tenir lieu, à condition que la date y apparaisse.
Sans date, la tranche à 30 % risque de s'imposer.
Le second papier est le ticket de dépôt, à conserver comme un titre de propriété. L'INC invite à y faire figurer la valeur d'achat lorsqu'elle dépasse celle du barème d'indemnisation. Pour un manteau de belle facture, cette mention se prépare avant de quitter le comptoir, et le prochain dépôt est le bon moment pour y penser.
L'affichage au comptoir, un point d'appui
L'arrêté du 27 mars 1987, en son article 4, impose au pressing d'afficher ses conditions d'indemnisation. Elles sont censées être visibles de la clientèle avant le dépôt.
Relisez ce panneau, ticket en main. Vérifiez si les taux affichés correspondent à la grille 80, 60 et 30 %, et à quelle ancienneté chacun s'applique. Un écart avec ce qu'on vous annonce à l'oral se note par écrit, avec la date et le nom de votre interlocuteur.
Si le panneau reste introuvable, l'obligation posée par l'arrêté de 1987 n'est pas remplie. Ce point a sa place dans votre courrier de réclamation.
Réclamer sans y laisser des semaines
Une réclamation écrite pèse plus qu'une conversation au comptoir. L'INC conseille une lettre recommandée avec accusé de réception, jointe à la facture d'achat ou à toute preuve de l'achat et de sa date. Cette lettre a valeur de mise en demeure, et le teinturier doit respecter ses obligations. Gardez-en une copie, avec l'accusé de réception.
Joignez aussi des photos du manteau et une copie du ticket de dépôt. Si l'échange amiable échoue, Réponse Conso indique qu'on peut saisir le médiateur de la consommation désigné par le teinturier.
Un manteau payé cher ne sera pas remboursé au prix de la boutique, puisque le calcul part du barème et non de votre facture. Celle-ci sert à prouver la date d'achat, et à étayer la discussion quand la valeur d'achat dépasse le barème.
Le vêtement qu'on laisse en dépôt
Un dernier point de calendrier : les objets non retirés au bout d'un an peuvent être vendus, en vertu de la loi du 31 décembre 1903. Si un litige s'éternise, ne laissez pas un vêtement en dépôt au-delà de ce délai.
Sources : reponse-conso.fr | inc-conso.fr | lettre-gratuite.fr
