J’ai signé pour que mon fils de 15 ans travaille pendant les vacances : personne ne m’avait prévenu de ce que son patron devait obtenir avant son premier jour

Je pensais que ma signature suffisait, comme pour une sortie scolaire. Je me suis trompée, et le patron de mon fils non plus, à peu près à la même heure.

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Par L'équipe JDS

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Le patron de mon fils de 15 ans devait obtenir une autorisation de l'inspection du travail avant son premier jour, et personne ne me l'avait dit. La demande se dépose au moins 15 jours avant l'embauche, et c'est à l'employeur de la faire, pas à la famille. Ma signature de parent est indispensable, mais elle ne remplace pas ce feu vert.

Je pensais que ma signature suffisait, comme pour une sortie scolaire.

À l'inspection du travail, on m'a expliqué le principe : avant 16 ans, l'emploi est interdit. L'exception existe pour les vacances scolaires, aux articles L4153-3 et D4153-5 du Code du travail, mais uniquement sur autorisation de l'inspecteur. Le formulaire officiel de la DREETS des Pays de la Loire, daté de juillet 2026, le rappelle en en-tête. Il précise aussi que le jeune ne peut pas être employé tant que l'autorisation, explicite ou tacite, n'est pas acquise.

À retenir
  • L'employeur doit obtenir une autorisation de l'inspection du travail avant l'embauche d'un jeune de moins de 16 ans.
  • La demande se dépose au moins 15 jours avant le premier jour de travail, et l'inspecteur dispose de 8 jours pour refuser.
  • Le silence de l'inspection pendant ce délai vaut accord, et les deux parents comme le jeune doivent signer.

Toussaint 2026 : 16 jours, donc une porte entrouverte

Le calendrier scolaire en open data de l'Éducation nationale fixe la Toussaint 2026 du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre, jour de la reprise, pour les zones A, B et C. Cela représente 16 jours. Or la règle exige des vacances d'au moins 14 jours pour qu'un jeune de 14 ou 15 ans puisse travailler.

Le repos continu doit couvrir au moins la moitié de la durée des vacances, ce qui plafonne le travail à 8 jours sur 16. Un contrat du lundi 26 octobre au dimanche 1er novembre, soit 7 jours, resterait donc dans la limite.

Le secteur agricole obéit à d'autres règles. Des vacances d'au moins 7 jours suffisent, et l'employeur passe par un formulaire distinct, celui de la MSA. Pour un jeune de 14 ans, la durée hebdomadaire est plafonnée à 32 heures. Si le futur patron de votre adolescent est exploitant agricole, vérifiez de quel régime il relève avant de remplir quoi que ce soit.

Ce que le patron peut demander à un ado de 15 ans

Seuls des travaux légers sont permis. Le plafond est de 35 heures par semaine et de 7 heures par jour. Cinq journées de 7 heures atteignent donc déjà le quota de la semaine.

La rémunération ne peut pas descendre sous 80 % du Smic.

La fiche de service-public sur le sujet, vérifiée le 1er juin 2026, indique 9,85 € de l'heure comme repère. Le patron peut payer davantage, jamais moins, et une proposition en dessous de ce seuil doit vous alerter.

La demande : 15 jours, 8 jours, et un silence qui vaut accord

L'employeur adresse sa demande à l'inspection du travail du lieu de l'entreprise, 15 jours au moins avant la date d'embauche. L'inspecteur dispose de 8 jours à compter de l'envoi pour notifier son refus, le cachet de la Poste faisant foi. Passé ce délai sans refus, l'autorisation est réputée accordée. Jusque-là, l'adolescent reste à la maison.

Le feu vert peut donc arriver sans aucun courrier : il suffit que les 8 jours s'écoulent sans refus. Le cachet de la Poste faisant foi, je conseille à l'employeur de garder son justificatif d'envoi.

Les directions régionales mettent à disposition des formulaires, et celle des Pays de la Loire en propose 2. L'un est une demande d'autorisation pour les employeurs relevant de l'URSSAF, l'autre une déclaration préalable pour ceux qui relèvent de la MSA. Les deux se renvoient à la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités.

2 parents, plus l'adolescent lui-même

Le dossier exige l'accord et la signature des 2 parents. Le jeune doit aussi donner son consentement écrit à la proposition de travail. Cela fait 3 signatures avant même que l'employeur n'ait posté son courrier.

Un seul parent qui signe, et la demande est incomplète.

Mieux vaut en faire une conversation de famille avant de remplir le papier : quels jours, quelle durée, quelles tâches. Un adolescent qui a signé son propre consentement sait à quoi il s'engage. Cela permet aussi de vérifier que les journées ne dépassent pas 7 heures et que la semaine reste sous 35 heures. Et de poser la question du repos : sur 16 jours de Toussaint, 8 au moins lui appartiennent.

Le calendrier : il reste 2 jours pour la Toussaint

Nous sommes le 9 octobre. Pour une embauche le lundi 19 octobre, la demande aurait dû partir avant le 4 octobre : c'est trop tard. Pour une embauche le lundi 26 octobre, la date limite est le 11 octobre. Or ce jour-là tombe un dimanche, et mieux vaut ne pas jouer avec la limite.

Si la Toussaint est manquée, les vacances de Noël forment la prochaine fenêtre. Leurs dates sont à relever dans le calendrier officiel de l'Éducation nationale, avant de caler une embauche.

Les 15 jours de préavis laissent une marge que peu de parents voient : l'inspecteur n'a que 8 jours pour refuser, ce qui laisse 7 jours de battement avant le premier jour de travail. Un employeur qui poste son dossier à temps peut donc, si besoin, corriger une pièce manquante sans repousser la date d'embauche.

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