J’allais faire changer le ballon d’eau chaude parce que mes ados en manquaient dès octobre : le plombier m’a montré ce qui avait vraiment changé depuis l’été

Le devis de remplacement était prêt, et je comptais valider sans poser de question. Mais la première chose que le plombier m’a demandée n’était pas sur le ballon.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • L'eau du réseau passe d'environ 21 °C en été à 9 °C au plus bas en hiver
  • Un ballon réglé à 55 °C fournit 358 litres à 40 °C avec une eau à 21 °C, contre 303 litres à 11 °C
  • La perte représente environ 55 litres d'eau à 40 °C, soit 15 % de la réserve utile

Le devis de remplacement était prêt à partir

Mon ballon n'était pas en cause : c'est l'eau du réseau qui avait changé de température depuis l'été. Le plombier me l'a démontré avec une formule de mélange griffonnée sur un coin de papier, juste avant que je valide le remplacement.

Depuis le début d'octobre, mes ados se plaignaient de douches qui tournaient au tiède avant la fin. Le coupable me semblait tout désigné, ce ballon de 200 litres forcément trop juste pour la maisonnée. Changer un ballon pèse sur un budget, et je m'y préparais.

Sa première question portait sur l'eau froide, pas sur le ballon.

Ce que raconte la formule de mélange

Une douche à 40 °C se fabrique en mélangeant l'eau du ballon, ici à 55 °C, et l'eau froide du réseau. Plus cette dernière est fraîche, plus il faut puiser dans la réserve chaude pour atteindre 40 °C. Le guide ADEME/COSTIC sur les besoins d'eau chaude sanitaire pose la relation : le volume chaud puisé vaut le volume à 40 °C multiplié par (40 − TEF), divisé par (température du ballon − TEF), TEF désignant l'eau froide.

Appliquée à mon ballon de 200 litres réglé à 55 °C, elle donne des chiffres parlants. Avec une eau froide à 21 °C, valeur d'un mois de juillet ou d'août, la réserve fournit 358 litres d'eau à 40 °C. À 16 °C, la moyenne annuelle, on tombe à 325 litres. À 11 °C, il n'en reste que 303 litres.

Même ballon, même réglage, mais 55 litres de moins à 40 °C.

21 °C en été, 9 °C au plus bas

Ces températures ne sortent pas d'un chapeau. Le guide de 2016 s'appuie sur 100 sites suivis. L'eau froide y affiche 16 ± 2 °C en moyenne sur l'année, 21 ± 3 °C en juillet-août et 9 ± 3 °C au minimum. On considérait traditionnellement une eau froide à 11 °C, un repère d'hiver qui ne dit rien de l'été.

Les essais normatifs, eux, considèrent une eau froide à 10 °C. Cela ressemble aux mesures de décembre à mars, pas à celles de juillet.

Le guide range le relevé d'avril à novembre dans la saison chaude. En octobre et en novembre, la baisse est donc progressive. Elle devient nette de décembre à mars.

Octobre, un mois de glissement

La température exacte de l'eau froide à la mi-octobre se situe entre la moyenne estivale et la valeur d'hiver, et elle varie selon la région et l'origine de l'eau. Le guide ne publie pas de chiffre pour ce mois précis.

Les 15 % de baisse comparent l'été à l'hiver, pas octobre à septembre.

L'ordre de grandeur, lui, se retient facilement. Passer de 21 à 11 °C d'eau froide, c'est 358 litres contre 303, soit environ 55 litres d'eau à 40 °C en moins, 15 % de la réserve utile. Dans une maison où vivent des adolescents, cette perte se remarque vite. Selon le même guide, 55 litres correspondent au besoin journalier moyen d'une personne, évalué à 56 litres à 40 °C.

Une réserve qui baisse, une facture qui suit

L'eau froide plus fraîche pèse aussi sur l'énergie. Le guide indique qu'un écart de ± 5 K sur la température d'eau froide entraîne une variation d'environ ± 20 % des consommations d'énergie. Il y a simplement plus de degrés à combler entre le robinet et les 55 °C du ballon.

Cette baisse ne trahit aucune panne du ballon. Les 303 litres à 11 °C restent disponibles, et à 9 °C, minimum relevé, le calcul donne encore 297 litres.

Avant de signer un devis

Je vous suggère de poser trois questions à votre installateur. À quelle température d'eau froide le volume annoncé a-t-il été calculé ? Quelle est la température de stockage retenue ? Et la famille compte-t-elle des grands consommateurs de douches ?

Un ballon dimensionné sur une eau à 21 °C promet des douches que décembre ne tiendra pas. Calculé à 10 °C, comme dans les essais normatifs, il garde de la marge en été.

Le chiffre de 56 litres par personne et par jour est une moyenne. Le guide l'assortit d'un écart de ± 23 litres, ce qui porte la fourchette haute à 79 litres, et des adolescents s'y logent sans peine. Un foyer de quatre personnes consommant 56 litres chacune atteint déjà 224 litres à 40 °C par jour.

Le dimensionnement se juge en janvier, pas en juillet.

Mesurer l'eau de chez soi

J'ai gardé le ballon et mis le devis de côté. Je verrai en décembre, quand la baisse est nette, si les douches tiennent encore.

Les valeurs du guide sont des moyennes, avec une dispersion de ± 3 °C l'été comme au minimum hivernal, et l'eau de votre commune peut s'en écarter. Un thermomètre de cuisine plongé dans un verre d'eau froide du robinet, relevé une fois par mois d'octobre à janvier, vous donnera votre propre courbe. Comparez-la ensuite aux 21 °C de l'été et aux 9 °C du creux de l'hiver.

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