Pendant des années, j’ai tout jeté à la poubelle sans y penser. Jusqu’au jour où j’ai découvert ce qui finissait réellement dans mon saladier.
J’ai longtemps jeté les épluchures et les graines de mon potimarron sans savoir qu’elles pouvaient être très utiles : voici ce que j’en fais désormais

- Les graines de potimarron se rôtissent avec un filet d'huile et du sel
- La peau fine du potimarron se mange après cuisson
- Les épluchures deviennent des chips croustillantes au four
Ce que la poubelle reçoit en octobre
Octobre déverse des potimarrons sur tous les étals, et presque autant de graines et d'épluchures dans les poubelles. Je m'y suis longtemps prêté sans y penser, comme la plupart d'entre nous, d'un geste réflexe au-dessus de la planche à découper.
Or ces deux restes se cuisinent très bien.
Le ministère de l'Écologie les range parmi les gestes anti-gaspi dans son guide « Recettes et astuces anti-gaspi », un PDF mis à jour le 17 septembre 2024. L'association belge écoconso consacre de son côté une page à la cuisine des épluchures et des fanes de fruits et légumes, révisée le 13 février 2024.
Des graines à rôtir, saler ou sécher
Les graines d'abord. Pour le potimarron, écoconso les cite rôties et salées, ou séchées. Une cuillère suffit à les détacher des filaments, un rinçage à l'eau claire emporte les dernières traces de chair, et plusieurs recettes conseillent de les laisser reposer quelques heures, voire une nuit entière, sur un linge propre : des graines bien sèches grillent plus franchement.
Pour la version rôtie, les recettes courantes parlent d'environ 20 minutes à 180 °C, avec un filet d'huile d'olive et une pincée de sel, en remuant à mi-cuisson. Les fours n'ont pas tous le même caractère, mieux vaut donc garder un œil sur la coloration.
Une fois tièdes, elles s'invitent à l'apéritif, en topping sur une soupe ou dans une salade pour y apporter du croquant. Le paprika, le cumin ou le piment de Cayenne remplacent le sel seul pour qui aime varier. Rangées dans un bocal après refroidissement, elles attendent sagement leur tour.
La version séchée évite carrément le four.
La peau, ce geste de moins
L'idée reçue veut qu'on épluche un potimarron avant de le cuisiner. Écoconso précise pourtant que la peau de la butternut se mange sans peler, et celle du potimarron, fine, devient tendre à la cuisson. Un coup de brosse sous l'eau, on retire la tige, puis on taille en tranches ou en quartiers.
Le gain de temps se mesure sans calculette. Éplucher un potimarron cru, c'est une écorce dure, une lame qui dérape et des doigts qu'on surveille du coin de l'œil. Le même légume simplement lavé et coupé file au four sans ce combat. Dans une soupe, une fois mixée, la peau se fond dans la texture et garde la couleur orangée.
Mon avis : pour un rôti ou un gratin, peler relève davantage de l'habitude que de la nécessité. Pour une purée très lisse, on peut préférer retirer la peau, c'est une affaire de goût.
Des chips avec ce qu'il reste
Reste le cas où l'on épluche quand même, parce que la peau est abîmée ou que la recette l'exige. Le guide du ministère propose alors des chips d'épluchures de potimarron au four, avec de l'huile d'olive et des épices. Le principe tient en trois gestes : huiler, épicer, enfourner.
Le détail des temps de cuisson demande un peu de prudence. Un résumé consulté évoque environ 30 minutes à 120 °C, mais le PDF résiste à la lecture automatique, donc je ne peux pas vous le garantir : vérifiez la recette dans le guide lui-même. Un four doux, des épluchures étalées sur la plaque sans se chevaucher et une surveillance régulière, c'est la logique de toute chips maison. Les épices se choisissent librement, selon le placard.
Le guide se consulte en ligne sur le site du ministère.
Bio, ou au moins non traité
Manger la peau, c'est manger la surface du légume, celle qui a été au contact des traitements. Écoconso rappelle que 44 % des produits conventionnels portent des résidus de pesticides. Ce chiffre vaut pour l'ensemble de ces produits, pas pour le potimarron seul.
Un potimarron bio, ou issu d'un jardin où l'on ne traite pas, supprime la question. Dans tous les cas, brossez-le sous l'eau avant de le couper.
Avec un potimarron conventionnel, peler reste une option parfaitement légitime. Les chips d'épluchures y perdent alors leur intérêt, puisque c'est la peau qu'on y mange. Les graines, elles, restent à rôtir.
Le panier de la semaine, version pratique
Au prochain potimarron, posez un saladier à côté de la planche à découper. Les graines et les filaments y tombent, rincés ensuite sous l'eau froide avant de sécher.
Un potimarron rôti en quartiers, peau comprise, fait le plat du soir. Les graines, séchées pendant la nuit, passent au four le lendemain pour l'apéritif. Si vous avez pelé une partie du légume, les épluchures partent en chips sur une autre plaque. Il ne reste que la tige, que la plupart des recettes écartent.
Aucun de ces gestes ne prétend soigner quoi que ce soit : c'est de la cuisine, du croquant et du temps gagné. Le potimarron s'y prête bien, avec sa peau fine et ses graines faciles à récupérer. Quant au choix entre sel seul et épices, il se règle en fonction de l'humeur du jour.
Une réserve de taille : la coloquinte, cette courge décorative, a des graines non comestibles. Gardez-la loin de la planche à découper.
Sources : rubusservices.com | flexigourmet.fr
