Le magnet dans ma boîte aux lettres promettait un ramonage express pour la semaine prochaine. J’ai d’abord posé une question, et la réponse m’a surpris.
Les ramoneurs ne conseillent plus d’appeler le numéro du magnet glissé dans la boîte aux lettres : ce qu’ils demandent à la place ne coûte rien

Avant d'appeler le numéro d'un magnet glissé dans votre boîte aux lettres, une démarche ne coûte rien : vérifier que l'entreprise a le droit de ramoner. La DGCCRF, la direction chargée de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, a consacré une fiche pratique à l'usage du mot « ramonage » dans l'entretien de chaudières. Elle concerne tous ceux qui font nettoyer un poêle ou une chaudière à l'automne.
- Le terme « ramonage » n'est pas protégé et peut figurer sur des devis sans qualification réelle.
- Le ramonage consiste à brosser mécaniquement la paroi intérieure du conduit sur toute sa longueur.
- L'inscription au répertoire des métiers et la qualification de la personne se vérifient gratuitement en ligne.
Un magnet, un numéro, et des questions que personne ne pose
Cette vérification prend quelques minutes et ne coûte aucun euro.
Un magnet ne prouve rien. Il dit qu'une entreprise sait faire imprimer des aimants, pas qu'elle est autorisée à intervenir dans votre conduit de fumée.
Le réflexe consiste donc à inverser l'ordre habituel : on vérifie d'abord, on prend rendez-vous ensuite. Le contraire coûte plus cher.
Ce que la DGCCRF dit du mot « ramonage »
Certaines sociétés d'entretien de chaudières définissent le ramonage comme une prestation obligatoire. Elles emploient des formules comme « ramonage chaudière » ou « ramonage cheminée de la chaudière ». La DGCCRF signale aussi « ramonage chaudière+cheminée ». Sur un devis ou sur un prospectus, ces mots ont l'air officiels.
La fiche apporte deux précisions. D'abord, ces sociétés ne sont pas forcément inscrites au répertoire des métiers pour exercer l'activité de ramonage. Ensuite, leurs prestations ne sont pas systématiquement dispensées par des personnes justifiant de la qualification professionnelle de ramoneur.
Le texte ne dit pas que toutes ces entreprises sont fautives. Il constate que l'étiquette « ramonage » ne garantit ni l'inscription ni la qualification.
Ce qu'est un ramonage, au sens strict
La DGCCRF le définit comme le brossage par action mécanique directe de la paroi intérieure du conduit. Le but est d'éliminer les suies et d'assurer la vacuité du conduit sur tout son parcours. Le mot clé est « mécanique » : on brosse la paroi, on ne se contente pas de regarder. Une prestation qui ne comporte pas ce geste ne correspond pas à cette définition, quel que soit son intitulé.
Brosser le conduit sur toute sa longueur : c'est cela, la prestation.
Le métier ne s'arrête pas là. Selon la même fiche, le ramoneur ramone et entretient les chaudières, les générateurs à air chaud et les poêles. Il joue aussi un rôle de conseil et de prévention contre les feux de cheminée et l'intoxication au monoxyde de carbone.
Qualification et agrément : deux mots à faire prononcer
Le ramonage touche à la sécurité des biens et des personnes. La DGCCRF rappelle donc qu'il faut détenir une qualification professionnelle et un agrément pour exercer cette activité.
La fiche note que cette activité est rarement exercée de manière isolée. Elle est fréquemment assurée par des chauffagistes, parfois dans le cadre d'un contrat d'entretien du matériel. Un chauffagiste peut donc très bien être en règle, à condition que la qualification soit bien celle de ramoneur, ou que l'intervention soit placée sous le contrôle d'une personne qui la détient. Il suffit de poser la question au téléphone, sans soupçon, comme on demanderait un tarif. Trois points couvrent l'essentiel :
- le nom exact de l'entreprise et son adresse ;
- la qualification professionnelle de la personne qui interviendra ;
- l'inscription de l'entreprise au répertoire des métiers.
Un professionnel en règle répond sans difficulté, parce que la question est courante dans le métier. Une réponse évasive, ou un renvoi vers « le bureau », donne déjà une indication.
Vérifier gratuitement, sans quitter votre canapé
Une fois le nom de l'entreprise en main, les recherches se font en ligne, depuis un ordinateur ou un téléphone. L'annuaire public des entreprises permet de retrouver la société et de voir si elle existe réellement. Le répertoire des métiers permet ensuite de contrôler son inscription pour l'activité de ramonage.
Aucune de ces recherches n'est payante.
Gardez en tête que l'inscription ne dit pas tout. Elle ne remplace pas la qualification de la personne qui monte sur votre toit ou ouvre votre poêle. C'est pourquoi les deux questions vont ensemble : l'entreprise est-elle déclarée, et son technicien est-il qualifié ? Si une seule des deux réponses manque, mieux vaut passer au numéro suivant.
Le geste est d'autant plus utile que beaucoup de ménages choisissent leur prestataire dans l'urgence, quand les premiers froids arrivent. Ce délai joue en faveur du prospectus qui tombe au bon moment. Prévoir cette vérification dès septembre ou octobre évite de la faire sous pression.
Le certificat : ce qu'il pourrait valoir en cas de sinistre
Le certificat remis après le passage sert de preuve : on le range avec les papiers de la maison. Si l'entreprise n'avait pas la qualification requise, ce document pourrait être contesté en cas de sinistre. Rien dans la fiche de la DGCCRF n'affirme qu'un assureur refuserait d'indemniser, et personne ne peut le garantir à votre place.
Le conditionnel invite surtout à lire son contrat d'assurance habitation. Ou, plus simplement, à demander à son assureur ce qu'il exige comme justificatif de ramonage.
Reste l'argent. Payer pour un « ramonage » qui n'en est pas un revient à régler une prestation qui n'en est pas une, et il faudra de toute façon la refaire correctement.
L'analogie la plus parlante est celle de la carte de visite : le magnet vous dit qui vous appelle, jamais ce qu'il sait faire. Il ne remplace donc ni l'inscription ni le diplôme, deux éléments que vous pouvez contrôler gratuitement avant de signer.
Dernier détail, qui compte pour ceux qui ont un contrat d'entretien de chaudière : la DGCCRF cite « ramonage chaudière+cheminée » parmi les termes employés par certaines sociétés. Si cette mention figure sur votre contrat ou votre devis, demandez par écrit qui réalisera le brossage du conduit et avec quelle qualification.
Sources : economie.gouv.fr | ramonage-service.fr | asso-immo.org
