Ma mère touche une petite pension et paie sa taxe foncière depuis dix ans : aux impôts, on m’a expliqué ce qu’elle n’avait jamais réclamé

Louise
Par Louise S

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Chaque automne, c'est le même scénario qui se répète dans des milliers de foyers français : l'avis de taxe foncière tombe dans la boîte aux lettres, et pour les retraités aux revenus modestes, c'est un coup au moral. Une pension qui suffit à peine à couvrir les charges courantes, et une facture fiscale qui s'ajoute sans ménagement. Pourtant, certains contribuables paient cette taxe depuis des années alors qu'ils auraient pu en être exonérés. C'est le cas de nombreux bénéficiaires de minima sociaux qui ignorent tout simplement l'existence d'un dispositif prévu par le Code général des impôts. Un passage au guichet des impôts suffit parfois à découvrir des droits jamais réclamés, et à envisager un remboursement conséquent.

À retenir
  • L'article 1390 du CGI exonère totalement de taxe foncière les bénéficiaires de l'Aspa ou de l'ASI sur leur résidence principale, sans condition de ressources supplémentaire
  • Cette exonération est en théorie automatique, mais en cas d'oubli, une réclamation accompagnée de justificatifs peut être déposée auprès du centre des finances publiques jusqu'au 31 décembre 2027 pour la taxe 2026
  • L'exonération ne couvre pas la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et nécessite que le logement reste la résidence principale, ou totalement inoccupé en cas d'entrée en maison de retraite

Une exonération méconnue pour les petites retraites

L'article 1390 du Code général des impôts prévoit une exonération totale de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les bénéficiaires de l'Aspa, l'allocation de solidarité aux personnes âgées, et de l'ASI, l'allocation supplémentaire d'invalidité. Cette exonération s'applique sur la résidence principale, sans aucune condition de ressources supplémentaire : toucher l'Aspa ou l'ASI suffit à y ouvrir droit. Pour rappel, l'Aspa a été revalorisée de 0,9 % au 1er janvier 2026 et atteint désormais 1 043,59 euros par mois pour une personne seule, soit 12 523,14 euros par an. Pour un couple, le montant maximal grimpe à 1 620,18 euros par mois, soit 19 442,21 euros sur l'année. Des sommes modestes, qui justifient pleinement ce coup de pouce fiscal. En 2026, la taxe foncière moyenne s'élève à 1 126 euros, une charge loin d'être négligeable pour un budget serré. Un détail à connaître aussi : les personnes âgées de plus de 75 ans au 1er janvier peuvent également bénéficier de cette exonération, sous condition de ressources cette fois, avec un revenu fiscal de référence qui ne doit pas dépasser 12 793 euros pour une part.

Les conditions d'occupation du logement à respecter

Cette exonération ne concerne que la taxe foncière sur les propriétés bâties. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères, souvent regroupée sur le même avis, peut donc rester due. Autre point de vigilance : le logement concerné doit bien être la résidence principale du bénéficiaire. Une situation particulière mérite d'être signalée, celle des personnes entrées en maison de retraite ou en établissement de soins de longue durée. Dans ce cas, l'exonération est conservée sur l'ancien logement, à une condition stricte : celui-ci doit rester totalement libre de toute occupation, sans location ni mise à disposition d'un tiers. Un logement occupé, même temporairement, fait perdre le bénéfice de cette exonération. Il convient donc de vérifier cette situation avant toute démarche auprès de l'administration fiscale.

La démarche à suivre pour obtenir ou réclamer cette exonération

Bonne nouvelle : cette exonération est en théorie automatique. L'administration fiscale croise ses fichiers avec ceux des organismes sociaux, comme la Caisse nationale d'assurance vieillesse, pour identifier les bénéficiaires de l'Aspa et de l'ASI, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire de la part du contribuable. Mais dans la pratique, des erreurs ou des oublis peuvent survenir, notamment lors d'un changement de situation ou d'un déménagement. Si l'exonération n'a pas été appliquée alors que les conditions sont remplies, une réclamation reste possible. Pour la taxe foncière 2026, le délai s'étend jusqu'au 31 décembre 2027. La démarche s'effectue auprès du centre des finances publiques, accompagnée de justificatifs, notamment la notification d'attribution de l'Aspa ou de l'ASI. En cas de succès, le remboursement peut porter sur plusieurs années, un vrai gain financier pour les ménages concernés. Pour mémoire, les avis de taxe foncière 2026 ont été mis en ligne fin août pour les propriétaires non mensualisés et le 19 septembre pour les mensualisés, avec une date limite de paiement fixée au 15 octobre pour les règlements non dématérialisés inférieurs à 300 euros, et jusqu'au 20 octobre pour le paiement en ligne, le prélèvement intervenant ensuite le 26 octobre.

Un rapide passage en centre des impôts peut donc révéler des droits oubliés depuis des années. Pour les proches de bénéficiaires de l'Aspa ou de l'ASI, vérifier l'application de cette exonération sur la résidence principale représente une démarche simple, mais potentiellement très rentable. Un réflexe à adopter sans tarder, surtout quand chaque euro compte face à une retraite modeste.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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