Beaucoup de jardiniers plantent le kiwaï en pensant uniquement à sa récolte, sans se douter que cette liane réserve un second rendez-vous, bien plus visuel, quelques semaines plus tard. Le kiwaï, ou Actinidia arguta, séduit d'abord pour ses mini-kiwis à peau lisse que l'on croque sans éplucher, un vrai plaisir gourmand qui change des kiwis classiques. Mais quand les nuits fraîchissent et que la lumière d'automne devient plus rasante, son feuillage caduc se transforme en un camaïeu doré qui attire tous les regards. Entre gourmandise au potager et spectacle au jardin, cette plante grimpante mérite qu'on s'y attarde d'un peu plus près.
- Le kiwaï (Actinidia arguta) produit des mini-kiwis à peau lisse qui se mangent sans éplucher, avec des variétés comme 'Issai' (autofertile) ou 'Ken's Red' (nécessitant un pied mâle).
- Dès octobre, son feuillage vert vire au jaune doré, un contraste particulièrement mis en valeur devant une haie persistante de laurier ou de houx.
- Cette liane exige un support solide, un sol riche et drainé, un espacement de 3 à 4 mètres entre pieds, et une taille hivernale pour garantir une récolte abondante entre juillet et octobre.
Le kiwaï, une liane comestible aux multiples atouts
Le kiwaï appartient à la famille des Actinidiacées, comme le kiwi traditionnel, mais il se montre bien plus résistant au froid et plus facile à vivre dans un jardin français. Cette liane vigoureuse pousse sans difficulté dans la plupart des régions tempérées, supportant des hivers rigoureux grâce à une bonne rusticité, un atout précieux pour les jardiniers du nord ou des zones montagneuses. Son feuillage vert franc, en forme de cœur, apporte une présence généreuse sur un mur ou une pergola dès le printemps.
Parmi les variétés les plus répandues, 'Issai' présente l'avantage d'être autofertile, ce qui simplifie la vie du jardinier pressé qui ne souhaite planter qu'un seul pied. 'Ken's Red' séduit davantage les amateurs de production abondante, avec des fruits à la chair rouge pourpre, mais nécessite la présence d'un pied mâle à proximité pour assurer la pollinisation. Dans les deux cas, une exposition mi-ombre à ensoleillée convient parfaitement, à condition d'installer un support solide type pergola, treillage ou grillage robuste, car la liane prend rapidement de l'ampleur et son poids n'est pas négligeable une fois chargée de feuillage et de fruits.
La métamorphose automnale du feuillage, un spectacle inattendu
Dès les premières fraîcheurs d'octobre, le kiwaï change complètement de registre. Les feuilles cordiformes, jusque-là d'un vert soutenu, virent progressivement au jaune d'or, créant un camaïeu chaud qui illumine le jardin même par temps gris. Cette transformation n'a rien d'anecdotique: elle transforme une simple plante potagère en véritable élément décoratif du jardin d'automne.
Pour sublimer ce moment, rien de tel qu'un fond de haie persistante qui fera ressortir le contraste chromatique. Un laurier (Prunus laurocerasus) ou un houx (Ilex aquifolium), avec leur feuillage vert foncé toute l'année, offrent une toile de fond idéale pour mettre en valeur le jaune flamboyant du kiwaï. Le vent qui agite les feuilles dorées devant ce rideau sombre donne une impression de mouvement et de lumière particulièrement photogénique, un détail que les amateurs de jardin paysager apprécieront.
Planter et installer son kiwaï au jardin
La réussite d'une plantation de kiwaï repose avant tout sur le choix du sol et du moment. Cette liane apprécie un sol riche, frais et surtout bien drainé, car elle redoute l'excès d'humidité stagnante au niveau des racines. Un apport de compost bien décomposé au moment de la plantation favorise un bon démarrage et soutient la croissance rapide de la liane durant les premières saisons.
La plantation peut s'effectuer au printemps, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, ou à l'automne, dans les régions aux hivers plus doux, pour profiter de l'humidité naturelle du sol. Il convient de prévoir un espacement de 3 à 4 mètres entre les pieds mâle et femelle, cette distance permettant à chaque plante de développer son système racinaire sans concurrence excessive, tout en facilitant la pollinisation par les insectes. Le choix définitif dépendra toujours du climat local, de la rusticité constatée dans la région et du risque de sécheresse estivale, des critères à ne jamais négliger avant de se lancer.
Entretenir sa liane pour une récolte généreuse fin octobre
Un kiwaï bien entretenu récompense le jardinier par une production abondante de mini-kiwis sucrés. La taille hivernale, réalisée lorsque la liane est au repos, permet d'aérer la ramure et d'éviter un enchevêtrement trop dense qui nuirait à la fructification l'année suivante. Il s'agit de supprimer le bois mort et de raccourcir les pousses les plus vigoureuses pour conserver une structure équilibrée.
Côté arrosage, le kiwaï apprécie une certaine régularité durant les périodes chaudes, sans excès toutefois. Un paillage au pied, réalisé avec du BRF (bois raméal fragmenté, ces copeaux de branches broyées qui nourrissent le sol en se décomposant), aide à conserver la fraîcheur tout en limitant la pousse des herbes indésirables. La récolte des fruits intervient généralement entre fin juillet et octobre, selon les variétés et les régions, quand les mini-kiwis cèdent légèrement sous la pression du doigt, signe qu'ils ont atteint leur plein de sucre.
Entre la gourmandise de ses fruits et la beauté soudaine de son feuillage doré, le kiwaï s'impose comme une liane à deux visages qui mérite amplement sa place contre un mur, une pergola ou un treillage bien exposé. Les jardiniers patients, prêts à lui offrir un support solide et un peu d'attention, seront récompensés chaque automne par ce double spectacle, gustatif et visuel, qui n'a rien à envier aux plantes ornementales les plus réputées.


