Je rentrais le soir persuadée d’avoir allumé mes phares : ma fille, qui me suivait en voiture, m’a dit ce que les conducteurs derrière moi voyaient vraiment

Mes feux de jour étaient bien allumés, mais mes feux arrière ne l’étaient pas. Je ne l’ai appris que par la voix de ma fille, au téléphone, alors que je rentrais tranquillement chez moi.

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Par L'équipe JDS

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Mes feux de jour étaient bien allumés, mais mes feux arrière ne l'étaient pas. Sur beaucoup de voitures, la lumière à l'avant suffit à donner l'impression que tout fonctionne. Derrière, rien : pas un point rouge pour signaler ma présence aux conducteurs qui me suivaient.

À retenir
  • Les feux de jour s'allument à l'avant sans éclairer l'arrière du véhicule.
  • De nuit, les feux de croisement sont obligatoires, même sur une route éclairée.
  • Le changement d'heure de fin octobre rend ce piège plus fréquent au retour du travail.

Le message de ma fille, un soir de retour

Ma fille roulait quelques voitures derrière moi, sur une route que je connais par cœur.

Elle m'a téléphoné en arrivant, sans reproche, avec cette précision tranquille qu'elle tient de son père. Elle m'a décrit ce qu'elle avait sous les yeux depuis un bon moment : une voiture sombre, sans aucune lumière à l'arrière, qui se fondait dans la nuit. Cette voiture, c'était la mienne. Je me croyais pourtant irréprochable, puisque le tableau de bord s'était allumé au démarrage et que la route devant moi me semblait suffisamment claire.

Pourquoi l'avant vous rassure à tort

Depuis le 1er janvier 2011, les voitures neuves mises sur le marché européen disposent d'un éclairage diurne dédié, ce que l'on appelle couramment les feux de jour.

Ces feux se mettent en route d'eux-mêmes, sans que vous ayez rien à faire. Le réflexe de vérifier s'efface avec l'habitude, et c'est là que le piège se referme : de nuit, le conducteur peut croire que ses feux arrière sont allumés, alors qu'ils ne le sont pas. Sur beaucoup de voitures, les feux de jour n'existent qu'à l'avant et n'ont aucun relais à l'arrière.

Le conducteur ne voit jamais l'arrière de sa propre voiture, voilà tout le problème. Il juge de ce qui est allumé à ce qu'il aperçoit devant lui, sur la chaussée ou dans le reflet d'une vitrine.

Des feux de jour ne sont pas des phares

Les feux de jour ne remplacent pas les feux de croisement. Ils servent à vous faire repérer en pleine lumière, pas à éclairer la route.

Les feux de croisement, eux, sont conçus pour éclairer la chaussée, avec une portée de 30 mètres minimum. Ce sont eux qui, selon la voiture, commandent aussi l'allumage des feux arrière. Rouler avec les seuls feux de jour la nuit, c'est donc se priver à la fois de visibilité devant soi et de visibilité pour les autres.

À l'avant, tout paraît normal.

Ce que la règle impose, lampadaires ou pas

La Sécurité routière le rappelle : la nuit, il faut allumer ses feux. Les feux de croisement sont obligatoires sur toute chaussée, éclairée ou non, ainsi que dans les tunnels. Une avenue bordée de lampadaires, une rocade bien illuminée ou une route de campagne noire comme un four relèvent donc de la même règle.

Beaucoup de conducteurs s'autorisent une tolérance en ville, par habitude, parce que « on y voit clair ». Cette lumière ambiante vous éclaire peut-être vous, mais elle ne dessine pas la silhouette de votre voiture pour celui qui arrive à 50 ou 70 km/h derrière vous.

Fin octobre, les soirées raccourcissent d'un coup

Le changement d'heure de fin octobre déplace la tombée de la nuit en plein milieu des trajets du retour. Ce que vous faisiez de jour en rentrant du marché, de la salle de sport ou de chez vos petits-enfants se fait désormais au crépuscule, puis dans le noir.

Le piège est insidieux, justement parce que la bascule se fait en douceur. Vous partez de jour, avec des feux de jour qui vous convenaient parfaitement, et vous arrivez de nuit sans avoir touché à rien. Les semaines suivantes, ce décalage se répète à chaque sortie de fin d'après-midi, jusqu'au prochain changement d'heure.

Les voitures ne réagissent pas toutes de la même manière. Selon le modèle et l'année, les feux arrière peuvent s'allumer avec les feux de jour, ou bien les feux de croisement basculer seuls en mode automatique. Tout dépend de la voiture et du réglage de la commande.

Savoir ce que fait votre voiture

La seule façon de savoir si vous êtes concernée est de vérifier, une fois pour toutes. Garez-vous le soir devant un mur ou une vitrine, marche arrière engagée si votre voiture le permet, et regardez ce qui s'allume réellement lorsque la commande est sur la position automatique.

Une seconde méthode consiste à demander à un proche de faire le tour de la voiture pendant que vous changez la position de la commande.

Si votre commande propose un mode automatique, lisez la notice pour savoir comment il se comporte à la tombée de la nuit, par temps sombre ou dans un tunnel. Certains modes basculent d'eux-mêmes, d'autres restent sur les feux de jour tant que vous n'intervenez pas. Ne comptez pas sur lui sans l'avoir observé au moins une fois en conditions réelles.

Mon réflexe, désormais : un coup d'œil à la commande dès que le jour baisse, avant même de démarrer.

Ma fille, elle, a gardé de cet épisode une habitude pleine de bon sens. Quand elle me suit de nuit, elle prévient d'un message si quelque chose lui paraît étrange, et nous nous sommes promis de le faire dans les deux sens. La consigne mérite d'être appliquée à tous les proches qui roulent de nuit, parce qu'un défaut d'éclairage ne se voit jamais depuis le siège conducteur.

Un dernier point, très concret : si votre voiture est d'avant 2011, elle n'a pas été conçue avec des feux de jour dédiés. Le piège que je décris concerne donc surtout les modèles récents, et c'est peut-être votre prochaine voiture qui vous le tendra.

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