Je le lance en me levant, je me promets de l’éteindre en rentrant, et le bouton reste enfoncé jusqu’au lendemain. Jusqu’au jour où j’ai enfin regardé ce que cela me coûtait vraiment.
On s’obstine tous à laisser le sèche-serviettes tourner de la douche du matin jusqu’au soir, alors que ce simple réglage garde les serviettes sèches sans payer près de 2 € par jour

- Un sèche-serviettes de 1 000 W allumé 10 heures consomme environ 1,94 € par jour.
- Une demi-heure de boost à 1 000 W revient à environ 10 centimes.
- Sur la saison de chauffe, l'écart atteint environ 45 € par mois pour un seul appareil.
Dix heures de chauffe, près de 2 € par jour
Un sèche-serviettes de 1 000 W qui chauffe pendant 10 heures consomme 10 kWh. Au tarif réglementé de 0,1940 € le kWh retenu pour ce calcul, la journée revient à environ 1,94 €. Une minuterie, ou le bouton boost enclenché une demi-heure avant la douche, réduit cette addition à une fraction de ce montant.
Une heure de chauffe à 1 000 W coûte environ 20 centimes.
La règle de calcul tient en une ligne : la puissance en kW, multipliée par le nombre d'heures, donne les kWh. Un modèle de 500 W allumé 10 heures consomme 5 kWh, soit environ 1 € par jour, quand un 1 000 W en demande le double. Sur un mois, la fourchette s'étire donc de 30 à 60 € si l'appareil chauffe à plein régime chaque jour, avec un kWh autour de 0,20 €. Le même radiateur utilisé 1 heure par jour consomme évidemment bien moins que celui qui reste allumé du réveil au coucher.
Le réflexe du matin, la note du soir
On l'allume en se levant, on se promet de l'éteindre en rentrant, et le bouton reste enfoncé jusqu'au lendemain. Cette habitude a un coût que la facture ne détaille jamais, puisque le sèche-serviettes se noie dans le total de la maison.
Selectra a chiffré ce scénario pour un modèle de 750 W : environ 15 centimes l'heure de chauffe à pleine puissance. Laissé sur « confort » du matin au soir, il peut cumuler une douzaine d'heures de chauffe par jour, soit autour de 54 € par mois pendant la saison de chauffe. Programmé autour des douches, le même appareil descend vers 9 € par mois, pour 2 heures de chauffe quotidiennes.
L'écart avoisine donc 45 € par mois pour un seul appareil.
Ce que le thermostat change au calcul
Une réserve de rigueur s'impose : ces chiffres supposent un appareil qui chauffe à pleine puissance sans jamais s'interrompre. Or un sèche-serviettes équipé d'un thermostat ne chauffe pas en continu, il marque une pause une fois la température atteinte. La consommation réelle peut donc se situer sous le calcul théorique. Chaque heure d'allumage évitée retire malgré tout des kWh du compteur, thermostat ou pas.
La hausse visible sur la facture dépend aussi du contrat, facture réelle ou mensualisée. Avec la mensualisation, un mois d'habitudes trop généreuses ne se lit pas forcément sur le prélèvement suivant. Comparer deux semaines de relevés, l'une avec minuterie et l'autre sans, donnerait la mesure exacte pour votre logement.
Selectra signale un autre poste : le maintien de la pièce à 16 ou 17 °C le reste du temps s'ajoute à la chauffe de l'appareil. Ce coût existe avec ou sans programmation, le réglage ne visant que les heures de chauffe superflues.
Minuterie ou boost : le réglage qui suffit
Deux options existent selon les modèles. La programmation horaire déclenche le chauffage avant la douche, par exemple une demi-heure avant, puis le coupe. Le mode boost offre un coup de chaud ponctuel, enclenché au moment voulu. Selectra range ces deux réglages, avec le mode éco, parmi ceux présents sur de nombreux modèles.
Une demi-heure à 1 000 W représente 0,5 kWh.
À 0,1940 € le kWh, cela revient à environ 10 centimes, contre 1,94 € pour les 10 heures de la version « on oublie ». Même avec deux séances de boost dans la journée, une le matin et une le soir, on reste très loin de la facture du chauffage continu. Les serviettes, elles, sont prêtes au moment où l'on en a besoin.
Puissance et durée : deux leviers, pas un seul
Un radiateur puissant utilisé une heure par jour ne coûte pas forcément plus cher qu'un petit radiateur allumé toute la journée, rappelle Proxiserve. Le calcul le confirme : 1 000 W pendant 1 heure font 1 kWh, 500 W pendant 10 heures en font 5.
Côté dimensionnement, Butagaz indique que 500 W suffisent pour une salle de bain de 4 m², et recommande 1 000 W pour 8 m². Un 500 W utilisé 1 heure par jour représente environ 182 kWh par an selon La Bellenergie, un 1 000 W utilisé 2 heures par jour environ 730 kWh. Engie estime pour sa part qu'on divise le coût par deux en limitant l'usage à 1 heure ou en choisissant 500 W.
Le tarif heures creuses abaisse ces coûts d'environ 19 %.
Une saison de chauffe, pas douze mois
Pour environ 2 heures d'usage par jour, Ecojoko évalue la consommation moyenne à 530 kWh par an, soit un coût d'environ 105 € au tarif réglementé. Un appareil laissé allumé une douzaine d'heures par jour sur la saison de chauffe joue dans une tout autre catégorie.
Engie rappelle qu'un sèche-serviettes fonctionne généralement quelques mois dans l'année, ce qui rend l'impact annuel plus modeste qu'on ne le croit. La facture grimpe surtout quand l'habitude du « toujours allumé » s'installe sur toute cette période. Un essai de deux semaines avec minuterie ou boost suffit pour juger si vos serviettes restent agréables.
Pour tester sans risque, réglez le départ de la minuterie 30 minutes avant votre douche et notez l'état de vos serviettes en sortant. Si elles vous conviennent, gardez ce créneau ; sinon, décalez-le de quelques minutes plutôt que de revenir au mode continu. Dans un foyer où l'on se douche à tour de rôle, une seconde plage en soirée couvre les derniers passages. Le boost reste disponible pour les imprévus, comme une douche improvisée en fin de journée.
Les sèche-serviettes mixtes, qui combinent eau chaude et appoint électrique, affichent chez Engie 100 à 300 kWh par an, contre 400 à 1 100 kWh pour un modèle électrique. Leur installation revient en moyenne à 400 à 1 000 €, contre 200 à 600 € pour un électrique, selon la même grille.
Sources : labellenergie.fr | selectra.info
