Squid Game : chaque destin funeste trouvait déjà sa réponse cachée dans les premiers instants de la série

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Par Axel B.

Une préfiguration est un indice qui annonce un événement avant qu’il ne survienne. Squid Game, la série sud-coréenne disponible sur Netflix, en a glissé plusieurs dans les premières étapes de son récit. Derrière ses jeux d’enfants transformés en pièges mortels, elle construit ainsi des correspondances entre la vie des participants et leur parcours dans la compétition.

Certains gestes paraissent d’abord raconter leurs difficultés financières ou leur violence quotidienne. Ils prennent pourtant un autre sens une fois la première saison terminée, comme ces détails de feuilleton auxquels on repense après le dénouement.

Attention :
cette lecture révèle le sort de plusieurs personnages importants. Mieux vaut donc avoir achevé cette première saison avant de regarder les pièces du puzzle s’emboîter.
À retenir
  • Les scènes du monde extérieur préfigurent le sort de plusieurs joueurs dans la première saison.
  • Ali est dépouillé de ses billes par Sang-woo, qui tranche ensuite la gorge de Sae-byeok, auparavant menaçante avec un couteau.
  • Le saut d’un pont de Deok-su et la tentative de suicide de Sang-woo annoncent leurs morts respectives.

Dans Squid Game, les scènes du monde extérieur annoncent les destins tragiques des joueurs

Les passages consacrés au monde extérieur ne servent pas uniquement à expliquer pourquoi les joueurs acceptent une compétition aussi dangereuse. Ils constituent aussi une réserve d’images que la série fera revenir sous une forme tragique. Un vol, une lame, un pont ou un geste suicidaire deviennent les motifs d’un destin. Le procédé appartient davantage à la tragédie qu’au simple jeu de piste : le spectateur ne peut pas nécessairement prévoir la suite, mais il peut reconnaître, après coup, une construction cohérente.

À la manière d’un polar dont un détail initial éclaire la dernière scène, l’écriture donne une seconde fonction à des séquences apparemment consacrées aux personnages. Il faut toutefois distinguer le constat de l’intention : ces correspondances sont observables à l’écran, sans qu’il soit nécessaire de prétendre que chaque accessoire constitue un message secret.

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Source: DR

Ali et Sae-byeok : l’argent volé et la menace au couteau préfigurent leur fin

Pour Ali, le rapprochement repose sur l’argent et la dépossession. Avant de revenir dans la compétition, cet ouvrier réclame à son patron les salaires que celui-ci lui doit. La confrontation dégénère et Ali s’enfuit avec de l’argent. Plus tard, pendant l’épreuve des billes, il est lui-même dépouillé : Sang-woo trompe sa confiance et remplace ses billes par des cailloux. Le parallèle est cruel, mais il ne transforme pas sa mort en punition morale.

Ali cherche d’abord à récupérer de quoi faire vivre sa famille ; sa fin souligne surtout combien sa confiance le rend vulnérable. Pour Sae-byeok, l’écho est plus directement visuel. Dans le monde extérieur, elle menace d’un couteau un intermédiaire chargé de faire venir sa mère. Après le pont de verre, alors qu’elle est déjà grièvement blessée, Sang-woo lui tranche la gorge. La menace exercée devient ainsi la violence subie.

Deok-su et Sang-woo : le saut du pont et la tentative de suicide trouvent leur écho dans les dernières épreuves

Deok-su offre la correspondance la plus spectaculaire. Poursuivi dans le monde extérieur, il saute d’un pont pour échapper à ses adversaires. Dans la compétition, c’est précisément sur le pont de verre que son parcours s’achève, lorsque Han Mi-nyeo l’entraîne dans sa chute. Un même mouvement change donc de fonction : ce qui permettait la fuite conduit cette fois à la mort. Pour Sang-woo, l’annonce relève moins du décor que du geste.

Avant son retour parmi les joueurs, il prépare son suicide dans une baignoire, avec du charbon allumé à proximité. Lors du jeu final, il se donne effectivement la mort. La compétition réactive une impasse déjà présente dans sa vie. Ces reprises donnent au récit sa noirceur : les personnages changent de lieu, mais ne se libèrent pas des mécanismes qui les ont conduits jusqu’aux jeux.

Ces échos donnent envie de revoir les premiers épisodes autrement. Non pour chercher un code dans chaque plan, mais pour apprécier une écriture où les scènes d’exposition préparent aussi, discrètement, les adieux.

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Pur produit des années 1980, j’aime passer du temps devant le petit (et le grand) écran. Pas juste pour binge-watcher, mais pour découvrir des oeuvres qui en valent la peine. Et ce n’est pas toujours celles auxquelles on pense en premier ! Séries françaises ou étrangères, blockbusters, jeux vidéo, Lego et pop culture, je suis un vrai grand enfant !

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