Depuis la pose, deux boutons de ma chaudière n’avaient jamais bougé. Un matin d’octobre, le chauffagiste en a tourné un, et j’ai compris ce que je payais chaque hiver sans le savoir.
Je rallume ma chaudière chaque automne sans toucher à ses boutons depuis qu’on l’a posée : à l’entretien, le chauffagiste m’a montré ce que je brûlais en trop

- Le bouton au petit radiateur règle la température de l'eau envoyée aux radiateurs, et non celle de la pièce.
- Une chaudière réglée sur une valeur d'usine élevée ne condense presque jamais.
- Pour le gaz naturel, la condensation devient impossible quand l'eau de retour dépasse 59 °C.
- Le réglage se descend par paliers, en vérifiant chaque pièce à chaque étape.
Un bouton au petit radiateur, intact depuis la pose
Sur la façade de ma chaudière murale, deux boutons n'avaient pas bougé depuis le jour de la pose. Chaque automne, je rallumais l'appareil et je réglais le thermostat du salon à 19 °C. Le reste, je le laissais aux techniciens, et je n'avais jamais eu l'idée d'aller y voir de plus près.
À l'entretien d'octobre, le chauffagiste a tourné le bouton au petit radiateur.
Ce bouton règle la température de départ, c'est-à-dire celle de l'eau qui quitte la chaudière pour alimenter les radiateurs. Le thermostat du salon fixe la température souhaitée dans la pièce, et il ne dit rien de la chaleur de l'eau. Les deux réglages poursuivent le même but, une maison à 19 °C, et c'est ce qui les fait confondre. Le thermostat décide du moment où l'on chauffe, le bouton décide avec quelle eau on le fait.
Prenez un GPS : le thermostat est la destination que vous avez entrée, et le bouton au radiateur est la vitesse à laquelle vous roulez pour y arriver. On peut arriver à l'heure en roulant très vite, mais on consomme davantage. Une chaudière réglée haut atteint ses 19 °C comme une autre, sans que le thermostat y voie rien à redire.
Une valeur d'usine que plus personne ne questionne
Cette température sort d'usine sur une valeur haute, et plus personne n'y touche une fois l'appareil posé. Qui remet en cause un réglage qui chauffe à coup sûr, quel que soit le logement, et qui ne provoque jamais de plainte de pièces tièdes ?
Le confort, justement, ne signale rien. Le radiateur est brûlant au toucher, la maison tient ses 19 °C, et la facture arrive sans que la façade de l'appareil indique quoi que ce soit. Ce que le chauffagiste m'a expliqué ce jour-là tenait pourtant en un constat.
Réglée sur la valeur d'usine, ma chaudière ne condensait presque jamais.
La condensation en une phrase, et la limite des 59 °C
Une chaudière à condensation récupère la chaleur de la vapeur d'eau contenue dans les fumées, au lieu de la laisser filer par le conduit. Cette vapeur emporte environ 11 % d'énergie en plus, un gain que seule la condensation permet d'aller chercher. Pour que le phénomène se produise, il faut que l'eau qui revient des radiateurs soit assez fraîche.
La limite tient en un chiffre : 59 °C. Pour le gaz naturel, la condensation devient impossible dès que l'eau de retour dépasse cette température. Le retour, c'est l'eau qui rentre dans la chaudière après avoir cédé sa chaleur aux radiateurs, donc plus fraîche que celle du départ. Un départ réglé haut garde ce retour au-dessus du seuil, et l'appareil fonctionne alors comme une chaudière sans condensation.
L'ironie est douce, mais réelle : l'appareil a tout l'équipement pour récupérer cette chaleur, et c'est un bouton jamais touché qui l'en empêche. Quelques degrés de moins au départ pourraient suffire à faire passer le retour sous la ligne des 59 °C.
Descendre par paliers, au rythme de ses radiateurs
Tourner le bouton à fond vers le bas serait une erreur. Les radiateurs anciens en fonte demandent une eau entre 60 et 70 °C pour bien chauffer, et un départ trop timide laisserait les pièces tièdes. Avec ce type d'installation, on cherche à grappiller des degrés, pas à viser un minimum théorique.
La méthode tient en quatre gestes : noter la valeur d'origine, baisser d'un petit palier, laisser passer quelques jours, puis vérifier que chaque pièce garde sa température. Si l'une d'elles peine, on revient au palier précédent. Dans le cas contraire, on descend encore d'un cran. Le bon réglage est le plus bas de ceux qui tiennent le confort, et il varie d'une maison à l'autre selon ses radiateurs.
Les fiches techniques de la filière gaz citent des régimes départ-retour favorables à la condensation pour des radiateurs : 60-40 °C, 65-50 °C, 60-45 °C ou 55-45 °C. Ces repères montrent qu'une eau à 65 °C au départ peut encore condenser, à condition que le retour redescende assez bas.
Ce que change la hausse du 1er novembre
Le prix repère du gaz passe de 182,88 € à 194,90 € TTC le MWh au 1er novembre 2026, soit une hausse de 6,6 %. Ce repère est publié par la Commission de régulation de l'énergie. Il sert de référence aux contrats indexés, les seuls concernés, alors qu'un contrat à prix fixe ne bouge pas.
Pour ces foyers, la CRE estime le surcoût à 12 € en moyenne sur la facture de novembre. Seule la part liée à l'achat du gaz augmente : le transport, la distribution, le stockage et les taxes restent identiques.
Chaque kilowattheure brûlé pour rien coûte un peu plus cher.
Sur une chaudière qui ne condense pas, les fumées continuent d'emporter ces 11 % d'énergie en plus, désormais au nouveau tarif. Corriger le réglage ne change pas le prix du gaz, mais augmente la part que l'on récupère. Aucun chiffre d'économie ne vaut pour toutes les maisons, puisque tout dépend des radiateurs et de la valeur de départ.
Le bon moment pour s'y mettre
L'entretien annuel reste la meilleure occasion, puisque le chauffagiste est devant l'appareil. Demandez-lui de lire la valeur de départ avec vous, et de vous indiquer jusqu'où descendre pour vos radiateurs.
Notez la valeur d'origine avant de toucher quoi que ce soit.
Le chiffre de 59 °C vaut pour le gaz naturel, et un autre combustible fixerait un autre seuil, d'où l'intérêt de poser la question à celui qui connaît votre installation. Avec des radiateurs en fonte, le gain se jouera sans doute sur les derniers degrés plutôt que sur de grands écarts. À l'entretien suivant, le chauffagiste pourra relire le réglage et dire si la chaudière condense davantage qu'avant.
Sources : topservices.fr | edito.seloger.com
