Ce matin-là, la coupelle était prise dans la glace et j’ai cru bien faire en y versant un fond de lave-glace. Ce que le centre de soins m’a raconté ensuite m’a glacé bien plus que la coupelle.
J’ai versé un fond de lave-glace dans la coupelle des oiseaux pour qu’elle ne gèle plus : au centre de soins, on m’a expliqué ce que les mésanges avaient bu

- La LPO demande de ne rien ajouter à l'eau des oiseaux : ni sel, ni alcool, ni huile, ni antigel.
- L'alternative recommandée est de l'eau tiède, versée à heures régulières, jamais chaude.
- Les oiseaux renouvellent leur eau chaque matin en cas de gel, et 3 fois par semaine en hiver.
Le sel dans la coupelle : une fausse bonne idée
Un peu de sel dans l'eau pour qu'elle ne gèle pas : l'idée circule depuis longtemps dans les jardins. La Ligue pour la protection des oiseaux demande pourtant de ne rien ajouter à l'eau, ni sel, ni alcool, ni huile, ni antigel. Tout cela est dangereux, voire mortel pour les oiseaux.
La LPO n'explique pas produit par produit, mais son verdict ne varie pas.
Le réflexe reste compréhensible. Quand la semaine est sèche et douce, les premières petites gelées de la nuit suffisent à prendre la coupelle en glace au petit matin, et l'on cherche un moyen d'éviter de ressortir chaque jour avec un broc. La solution recommandée tient pourtant dans ce broc : de l'eau tiède. Rien d'autre n'est à prévoir.
Le message ne vient pas d'une seule voix. On le retrouve dans les fiches de plusieurs antennes régionales de la LPO, de la Champagne-Ardenne à la Vendée en passant par l'Hérault, avec la même formule (surtout, ne rien ajouter à l'eau) et la même alternative : de l'eau tiède versée à intervalles réguliers.
L'eau tiède, versée à heures régulières
Le bon geste est presque décevant de simplicité. Il s'agit de verser de l'eau tiède à heures régulières, ce que la LPO présente comme sans doute la meilleure solution. La nuance compte : tiède, jamais chaude.
Les oiseaux prennent peu à peu l'habitude de venir boire ou se baigner avant que l'eau ne regèle. Cette habitude se construit sur plusieurs jours, avec un horaire fixe, le matin par exemple, puisque la glace se forme pendant la nuit.
Pourquoi les oiseaux boivent quand il fait froid
Le corps d'un oiseau contient environ 60 % d'eau, une proportion proche de celle d'un adulte humain, et jusqu'à 85 % chez certains jeunes. Cette eau vient de ce qu'il boit, mais aussi de ce qu'il mange. Selon leur nourriture, les oiseaux en trouvent plus ou moins dans leur assiette.
Les granivores, qui picorent des graines sèches, boivent plus que les insectivores, dont les proies apportent déjà une part d'eau. Or l'hiver, la plupart des oiseaux deviennent plus granivores, et ont donc besoin de boire même par temps froid.
Faute de mieux, certains avalent de la neige.
Ce pis-aller a un prix : ils dépensent de l'énergie pour la faire fondre. L'eau naturelle étant souvent inaccessible à cause du gel, la LPO juge nécessaire un apport régulier. Une coupelle remplie chaque matin leur épargne cette dépense, au moment où les nuits sont les plus fraîches.
À quel rythme renouveler l'eau
Deux repères figurent dans les conseils de la LPO. Il faut changer l'eau très souvent, au moins 1 fois par jour en plein été et 3 fois par semaine en hiver, pour compenser les pertes d'eau et éviter les risques d'épidémies. La page nationale sur le nourrissage hivernal ajoute de renouveler l'eau tous les matins en cas de gel. Les deux se suivent sans se contredire : 3 fois par semaine en hiver, et chaque matin dès que le gel s'installe.
L'été explique le rythme quotidien : un oiseau ne transpire pas, faute de glandes sudoripares, et il halète pour évaporer l'eau de son corps et garder une température constante. Une canicule assèche en outre flaques et petites mares, ce qui rend l'abreuvoir indispensable.
Au passage, la LPO conseille de désinfecter le récipient et de le rincer abondamment.
Le bon récipient, au bon endroit
Un récipient peu profond, aux bords en pente douce et non glissants, convient aux oiseaux qui viennent boire ou se baigner. Une pierre au centre leur permet de se poser. Un caillou ramassé dans le jardin fait l'affaire.
L'emplacement compte autant que le contenant : le point d'eau gagne à être installé à l'endroit le plus abrité. En isolant l'abreuvoir du sol par un socle creux, on fait geler l'eau moins vite.
Reste la sécurité. Le point d'eau se place assez loin des buissons où un prédateur pourrait se poster, et l'idéal est de le disposer en hauteur, comme une mangeoire-plateau. Pour un abreuvoir fabriqué avec une bouteille, le système de suspension ne doit pas la transpercer.
Profiter de la douceur pour s'installer
Les premières petites gelées laissent le temps de s'organiser, avant que les nuits ne durcissent. Placer la coupelle à l'abri, la poser sur son socle creux, glisser la pierre au centre : tout se règle en une matinée. Les oiseaux, eux, mettront plusieurs jours à prendre le pli. Plus l'installation est précoce, plus le rendez-vous est rodé quand le gel s'installe pour de bon.
Le matin est aussi le moment que retient la page nationale pour renouveler l'eau en cas de gel. Mieux vaut caler le rendez-vous une fois pour toutes, par exemple juste avant de partir. Un point d'eau tenu à heure fixe évite d'avoir à casser la glace après coup.
Socle creux et abri retardent le gel sans l'empêcher. Quand la glace gagne malgré tout, la LPO recommande de verser de l'eau tiède, et rien d'autre.
Sources : soonnight.com | en.wikipedia.org
