À moins de 3h de train, cette ville des Pays-Bas est parfaite pour une escapade de 48 heures

Oceane V2
Par Oceane B

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On pense spontanément à Amsterdam pour une escapade aux Pays-Bas. Ses canaux, ses façades étroites, ses vélos en enfilade. Pourtant, à un peu plus de deux heures et demie de train de Paris, Rotterdam propose tout autre chose. Plus contemporaine, plus audacieuse, parfois déroutante, elle offre un dépaysement immédiat sans quitter l’Europe du Nord.

Pour un week-end de quarante-huit heures, difficile de trouver plus efficace : pas d’aéroport, pas de navette interminable, on descend du train en plein centre-ville.

Une arrivée qui donne le ton

La gare centrale de Rotterdam, dans sa version actuelle inaugurée en 2014, impressionne d’emblée. Lignes tendues, verrière spectaculaire, vaste esplanade : on comprend tout de suite que la ville assume son goût pour l’architecture contemporaine.

Il faut se souvenir que le centre a été presque entièrement détruit en 1940. Cette reconstruction a donné carte blanche aux architectes. Résultat : une skyline que l’on ne retrouve nulle part ailleurs aux Pays-Bas.

Le Markthal et les Maisons Cubes, emblèmes d’une ville qui ose

À quelques minutes à pied, le Markthal s’impose comme un passage obligé. Ce grand bâtiment en arche abrite un marché couvert et des appartements. Ce qui frappe surtout, c’est la fresque monumentale qui recouvre la voûte intérieure, Horn of Plenty, une explosion de couleurs représentant fruits, légumes et produits alimentaires.

On y déjeune facilement, entre fromages néerlandais, spécialités internationales et pâtisseries. Le lieu mêle avec intelligence architecture spectaculaire et vie quotidienne.

Juste à côté, les Maisons Cubes, imaginées par Piet Blom, attirent tous les regards. Incliné à 45 degrés, chaque cube repose sur un pilier, formant une sorte de forêt géométrique en plein centre-ville. Un appartement témoin permet de comprendre l’organisation intérieure. C’est surprenant, mais parfaitement habitable.

La Meuse, colonne vertébrale de la ville

En rejoignant les rives de la Meuse, on mesure l’ampleur du renouveau urbain. Le pont Erasmus, surnommé « le Cygne » pour la finesse de son pylône blanc, relie le centre au quartier de Kop van Zuid. Sa silhouette est devenue l’un des symboles de Rotterdam.

La ville abrite le plus grand port d’Europe. Une excursion en bateau permet d’en prendre la mesure et de comprendre combien l’activité maritime façonne encore son identité.

L’art autrement : le Dépôt Boijmans Van Beuningen

Au Museumpark, le Dépôt Boijmans Van Beuningen intrigue immédiatement avec sa forme arrondie entièrement recouverte de miroirs. Inauguré en 2021, il s’agit du premier dépôt d’art au monde accessible au public. On y découvre les œuvres non pas selon un parcours classique, mais au plus près des réserves et des ateliers de conservation.

Le musée principal Boijmans est actuellement en rénovation, mais le Dépôt offre à lui seul une expérience originale et très pédagogique.

Dans le quartier de Katendrecht, ancien secteur portuaire en pleine transformation, le Nederlands Fotomuseum a trouvé sa place dans l’entrepôt rénové Pakhuis Santos. Expositions temporaires et collections permanentes témoignent de la richesse de la photographie néerlandaise et internationale.

Prendre de la hauteur à l’Euromast

Pour comprendre l’organisation de la ville et son lien étroit avec l’eau, rien de tel que l’Euromast. Avec ses 185 mètres et sa cabine panoramique rotative, la tour offre une vue étendue sur les docks, les quartiers modernes et, par temps clair, jusqu’à la mer du Nord.

On y perçoit très clairement l’équilibre entre urbanisme contemporain et infrastructures portuaires.

Delfshaven, mémoire intacte

À l’opposé du centre futuriste, le quartier de Delfshaven conserve un visage plus traditionnel. Épargné en grande partie par les bombardements de 1940, il aligne briques anciennes, petits canaux et moulins. L’église des Pères Pèlerins rappelle le départ de migrants vers l’Amérique au XVIIᵉ siècle.

S’y rendre à vélo est presque une évidence. Les pistes cyclables sont larges, sûres, parfaitement intégrées au tissu urbain.

Une ville qui ne cesse d’évoluer

Rotterdam n’est pas figée. Des quartiers comme Katendrecht illustrent cette transformation permanente : entrepôts reconvertis, galeries, adresses gourmandes. La Fenix Food Factory en est un bon exemple, mêlant produits artisanaux et ambiance industrielle face à l’eau.

En quarante-huit heures, il est possible d’alterner architecture audacieuse, patrimoine historique et pauses gourmandes sans jamais avoir l’impression de courir.

Rotterdam ne cherche pas à rivaliser avec Amsterdam sur le terrain des canaux romantiques. Elle propose autre chose : une énergie, une liberté architecturale et une manière très contemporaine d’habiter la ville. Pour un week-end accessible et réellement dépaysant, le choix mérite d’être sérieusement envisagé.

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

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