En France, près de 11 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche en perte d’autonomie, souffrant d’un handicap, d’une maladie grave ou en fin de vie. Ces aidants familiaux, souvent peu visibles, jouent un rôle crucial, parfois au détriment de leur propre santé, de leur carrière ou de leurs ressources. Pour reconnaître leur engagement, deux aides financières ont été mises en place : l’AJPA (allocation journalière du proche aidant) et l’AJPP (allocation journalière de présence parentale). À partir du 1er avril 2025, ces deux prestations sont revalorisées. Une hausse modérée, mais qui mérite d’être connue.
Aidants : l’allocation journalière augmente au 1er avril, voici ce qui change

Qui peut bénéficier de ces allocations journalières ?
Les allocations journalières sont destinées à compenser une perte de revenus liée à la réduction ou à l’arrêt temporaire d’activité professionnelle, pour accompagner un proche. Elles s’adressent aux :
- Salariés,
- Indépendants
- Demandeurs d’emploi,
- Fonctionnaires sous certaines conditions.
Le versement est conditionné à la reconnaissance d’un proche dépendant ou d’un enfant nécessitant une présence continue, attestée par un certificat médical.
L’AJPA concerne :
Les aidants s’occupant d’un parent, conjoint, frère, sœur ou enfant majeur dépendant du fait de l’âge, d’un handicap ou d’une maladie grave. L’aidant peut prendre un congé proche aidant, ou percevoir l’AJPA sans être en congé, sous conditions.
L’AJPP concerne :
Les parents ou titulaires de l’autorité parentale d’un enfant gravement malade, accidenté ou handicapé, qui nécessite une présence soutenue et des soins contraignants. Elle est versée pendant la prise d’un congé de présence parentale, accordé sur dossier.
Ce qui change au 1er avril 2025 : une hausse de 2 %
À partir du 1er avril 2025, les montants journaliers bruts de ces deux allocations augmentent de 2 %, pour suivre l’évolution du coût de la vie.
| Type d’allocation | Montant brut jusqu'au 31 mars 2025 | Montant brut à partir du 1er avril 2025 |
|---|---|---|
| AJPA (allocation journalière du proche aidant) | 64,54 € | 65,83 € |
| AJPP (présence parentale, taux plein) | 64,54 € | 65,83 € |
| AJPP (parent isolé ou situation majorée) | 76,13 € | 77,65 € |
Cette revalorisation permet de gagner environ 1,30 € de plus par jour. Pour un mois complet de 22 jours indemnisés, cela représente près de 29 € supplémentaires.
Un versement soumis à des plafonds et durées maximales
Ces aides ne sont pas illimitées. Voici les plafonds actuellement en vigueur :
Pour l’AJPA :
- 66 jours indemnisés par proche aidé sur l’ensemble de la carrière, fractionnables en demi-journées ou journées.
- Versement conditionné à une réduction ou un arrêt d’activité.
Pour l’AJPP :
- 310 jours indemnisés sur une période de trois ans renouvelable, sous conditions médicales.
- Peut être versée à un seul parent à la fois, sauf exception (parents séparés alternant les congés).
Ces durées s’inscrivent dans un cadre légal strict. Au-delà, aucune indemnisation supplémentaire n’est prévue, ce qui peut être problématique en cas de dépendance de longue durée.
Comment en faire la demande ?
La demande d’allocation journalière s’effectue auprès de la CAF (Caisse d’allocations familiales) ou de la MSA pour les assurés agricoles. Elle doit être accompagnée :
- D’un certificat médical attestant de l’état de santé du proche ou de l’enfant,
- D’une déclaration de réduction ou d’arrêt d’activité (dans le cas de l’AJPA),
- D’une attestation de l’employeur pour les salariés.
Les délais de traitement peuvent varier, mais le versement est rétroactif à la date de début du congé ou de la situation justifiée.
Une aide encore méconnue… et sous-utilisée
Malgré son utilité, l’AJPA reste très peu demandée. En 2023, moins de 20 000 personnes l’avaient perçue, alors que plusieurs millions d’aidants pourraient potentiellement y prétendre. Les causes sont multiples :
- Méconnaissance du dispositif,
- Complexité des démarches,
- Peur de perdre son emploi ou ses droits à la retraite,
- Absence de soutien dans l’élaboration du dossier.
Côté AJPP, la situation est un peu meilleure, notamment grâce aux relais dans les hôpitaux pédiatriques, mais beaucoup de familles ignorent qu’une aide financière peut compenser leur arrêt de travail temporaire.
Une reconnaissance encore trop faible des aidants
Les associations d’aidants réclament depuis plusieurs années une meilleure indemnisation et une reconnaissance plus large du rôle des aidants familiaux dans la société. À ce jour, ni l’AJPA ni l’AJPP ne couvrent l’ensemble des besoins économiques des familles confrontées à la dépendance.
La revalorisation de 2 % annoncée au 1er avril 2025 est donc une mesure technique, alignée sur l’indice des prix, mais elle ne change pas la réalité quotidienne des aidants, souvent contraints de jongler entre travail, soins, démarches administratives et isolement.
Enfin un peu de soutien !
L’augmentation des allocations journalières pour les aidants au 1er avril 2025 est une avancée modeste, mais nécessaire. Elle montre une certaine volonté des pouvoirs publics de suivre l’évolution du coût de la vie, sans toutefois répondre à l’ampleur des besoins exprimés. Pour beaucoup d’aidants, ces prestations restent insuffisantes, et leur accès demeure trop complexe.
Il est donc essentiel de renforcer la diffusion de l’information, de simplifier les démarches et, à terme, de repenser le statut de l’aidant pour mieux protéger ceux qui, chaque jour, prennent soin des autres au prix d’un engagement personnel considérable.