Clôture imposée du PER à la retraite : ce changement qui inquiète à juste titre les futurs retraités

Louise
Par Louise S
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Au cœur de cet automne 2025, les débats sur la retraite s'invitent à nouveau dans les conversations, alors que les feuilles tombent et que les calendriers fiscaux se resserrent. Pas un café, pas une réunion de famille, sans qu'on évoque le fameux PER – Plan d'Épargne Retraite – et la nouvelle "petite bombe" déposée discrètement par la commission des finances de l'Assemblée nationale : faut-il vraiment obliger les épargnants à clore leur PER dès leur départ à la retraite ? Si la mesure n'a pas encore force de loi, elle fait déjà frémir bon nombre de futurs retraités. Un bouleversement discret qui pourrait pourtant changer la donne pour toute une génération d'épargnants : lumière sur cette réforme qui fait trembler les planificateurs du troisième âge.

Ce qui change vraiment : l'obligation de clôturer son PER à la retraite, une petite révolution pour les Français

Ces dernières semaines, une modification majeure a fait son apparition dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Un amendement au projet de loi de finances (PLF) 2026 propose d'imposer la liquidation – c'est-à-dire la clôture – du PER dès l'atteinte de l'âge légal de la retraite, désormais fixé à 64 ans depuis la réforme de 2023. Si, pour l'instant, il ne s'agit que d'une proposition : l'amendement n'ayant été adopté qu'en commission et devant être rediscuté en séance publique, l'inquiétude gagne pourtant la sphère de l'épargne-retraite.

Un amendement discret, une onde de choc : retour sur la genèse de la nouvelle règle

Le sujet n'a pas déchaîné les passions médiatiques mais, dans l'ombre, il provoque un vrai séisme. La mesure vise deux objectifs clairement assumés : recentrer le PER sur la retraite (et non sur la transmission optimisée), et empêcher que les avantages fiscaux soient perpétuellement repoussés, notamment jusqu'au décès, pour profiter d'abattements sur les droits de succession. Une vision "puriste" de l'épargne retraite qui n'est pas sans conséquences significatives pour le patrimoine des futurs retraités.

Qui est concerné, et à partir de quand ? Décodage du champ d'application

La portée de cette éventuelle obligation reste floue. Sont évoqués aussi bien les PER individuels, collectifs et obligatoires. Le critère déclencheur serait l'âge légal de la retraite, mais des questions demeurent : quid des travailleurs en retraite progressive, en cumul emploi-retraite ou des PER déjà ouverts et détenus par des retraités ? Ni exceptions spécifiques ni délais de mise en conformité n'ont, à ce stade, été arrêtés ; le texte devra être clarifié lors des débats parlementaires à venir.

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Les anciennes règles du jeu : comment fonctionnait jusqu'ici le dénouement du PER

Jusqu'à présent, le PER brillait par sa souplesse au moment de la retraite. À partir de l'âge légal ou de la liquidation effective des droits, l'épargnant avait la main : sortie en capital (en une fois ou fractionnée), en rente viagère ou un subtil mélange des deux selon le contrat. Sauf cas particuliers autorisant un déblocage anticipé (achat résidence principale, invalidité grave, décès du conjoint, etc.), le PER restait le fidèle allié de celui qui voulait maîtriser le tempo de son épargne.

Les marges de manœuvre sacrifiées : quelles stratégies deviennent impossibles

Si la réforme aboutit, un pan entier de la gestion patrimoniale risque d'être sabré. Fini l'attente stratégique pour choisir le meilleur moment fiscal ou patrimonial. Impossible également de laisser "dormir" son PER pour faire fructifier son capital au-delà de la soixantaine. La perspective de transmettre son PER sous régime avantageux s'estomperait, tout comme la possibilité de lisser sa fiscalité sur plusieurs années ou de moduler ses arbitrages.

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Sortir en rente ou en capital sans choix ? Les impacts concrets sur le portefeuille

La réforme interpelle directement sur le quotidien financier des nouveaux retraités. Être contraint de liquider son PER dès l'âge légal, c'est devoir arbitrer, parfois en urgence, entre les options de sortie. Sortie en capital : prudence, car cela peut gonfler l'impôt sur le revenu l'année du versement. Sortie en rente : bonne idée pour ceux qui cherchent une sécurité, mais la rente, elle aussi, est fiscalisée (après abattement). Quant à la sortie fractionnée, pratique pour étaler la fiscalité, sa compatibilité avec la nouvelle règle reste à éclaircir.

Fiscalité de la sortie et transmission : ce qu'un dénouement imposé change vraiment

Rien ne change, en théorie, sur la fiscalité du PER tant que la loi n'est pas promulguée :

  • En capital : versements déduits soumis à l'impôt sur le revenu, plus prélèvements sociaux sur les gains.
  • En rente : fiscalité de la pension (abattement de 10 % plafonné) et prélèvements sociaux.
  • Versements non déduits : seuls les gains imposables à la sortie.

Mais la liquidation forcée pourrait déjouer nombre de stratégies de transmission de patrimoine. Ceux qui misaient sur l'avantage successoral du PER se retrouvent face à un mur : non seulement l'abattement ne sera plus aussi opportun, mais la fiscalité risque d'être concentrée sur une période courte, pouvant faire grimper la note fiscale.

S'adapter ou agir ? Pistes et conseils pour limiter la casse et anticiper ce nouveau cadre

Optimiser la gestion de son PER avant la retraite : dernières stratégies à envisager

L'heure est à la réactivité : face à l'incertitude, mieux vaut anticiper ! Voilà quelques pistes pour ne pas se laisser surprendre :

  • Évaluer sa fiscalité marginale avant tout arbitrage : un retrait fractionné reste possible (tant que la règle n'est pas en vigueur).
  • Arbitrer ses supports : sécuriser une part du capital à l'approche de la retraite pour éviter toute dépréciation avant liquidation.
  • Analyser les versements de fin de carrière, notamment pour ceux ayant atteint ou approché le plafond déductible.
  • Simuler plusieurs scénarios de sortie (capital/rente) afin d'optimiser le traitement fiscal selon ses objectifs et son taux d'imposition prévisionnel.

Le regard des professionnels : solutions alternatives et mobilisation possible

Si la réforme pousse à revoir sa copie, des solutions alternatives existent : renforcer l'assurance-vie, explorer les dispositifs Madelin ou PERP si encore actifs, ou diversifier son épargne sur des supports plus souples. Quant à la mobilisation, elle s'organise : associations d'épargnants et professionnels du secteur se mobilisent déjà pour défendre la souplesse, espérant un assouplissement ou des aménagements dans la version finale du texte. Sauver la liberté d'action des épargnants reste un enjeu d'actualité.

L'amendement qui rebattait les cartes du PER : rappel des enjeux et perspectives à surveiller

Les principaux bouleversements à retenir pour les épargnants

À ce stade, la prudence reste de mise. Le projet de liquidation obligatoire n'est pas encore acté, mais il vient bouleverser :

  • Le calendrier de gestion du patrimoine retraite
  • Les stratégies fiscales et successorales traditionnelles
  • La liberté d'action et de planification à l'approche de la retraite

L'enjeu ? Savoir si la sortie en capital sera imposée en une seule fois, si des exceptions subsisteront, et quel degré de souplesse sera concédé aux nouveaux retraités.

Ce que l'on peut encore espérer ou craindre pour l'avenir du PER

L'amendement n'étant pas encore promulgué, le débat bat son plein. Certains espèrent des ajustements : délais de mise en conformité, exceptions pour situations particulières, ou maintien d'une fraction de souplesse dans le dispositif. D'autres craignent que ce soit le début d'une série de restrictions visant à reprendre la main sur l'optimisation fiscale des placements retraite. Une chose est sûre : chaque parlementaire et acteur du secteur surveille de près la suite des discussions.

Au final, si le PER doit être liquidé à 64 ans, cela viendrait sceller la primauté de la retraite sur la gestion patrimoniale pure. Les mois à venir seront donc décisifs pour la retraite des Français, pile au seuil du dernier trimestre 2025, période charnière pour ceux qui peaufinent leur plan de sortie. La vigilance et l'adaptation resteront les maîtres mots pour naviguer dans ce nouveau paysage patrimonial qui se dessine progressivement.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

2 commentaires à «Clôture imposée du PER à la retraite : ce changement qui inquiète à juste titre les futurs retraités»

  • La possibilité de pouvoir verser au delà de la retraite liquidée sans aucune limite d’âge était déjà suprenante.
    Le fait , de surcroît, de pouvoir continuer à utiliser la déduction ne semblait pas vraiment logique eu égard à la finalité du produit.
    La possibilité de  » transformer » le PER en outil de transmission avec une déduction fiscale à l’entrée sans contrepartie à la sortie constitue en fait une anomalie conceptuelle.
    Néanmoins une obligation de sortir brutalement en une seule fois pourrait avoir des impacts considérables dans certains cas.
    1 – risque financier en cas de krach boursier avec une moins value du seul fait de cette obligation de sortie en une fois.
    2-Le cumul de la flat tax sur les plus values et de l’IRPP sur le capital, cumul qui existe aussi en cas de sortie étalée sur plusieurs années serait en cas de sortie intégrale bien plus impactant.
    3 – Dans certains cas une sortie intégrale pourrait faire passer le contribuable dans une tranche supérieure d’autant que les tranches peuvent évoluer structurellement à l’avenir.
    4 une sortie intégrale pourrait dissuader de souscrire ce produit qui se trouverait en concurrence avec des produits plus souples alors même qu’ il était conçu comme un produit de retraite individuel bien conçu au regard des incohérences des divers produits antérieurs perp 83 etc…
    Au final si l’ on s’inscrit dans la nature même du PER et sa finalité la perte de l avantage successoral et de la déduction fiscale au delà de la retraite ne devraient pas être un sujet fondamental.
    En revanche une sortie obligatoire
     » couperet » serait contraire à l ‘esprit du produit.
    Le législateur serait bien inspiré de laisser les retraités sortir comme ils le souhaitent du PER quitte à neutraliser l ‘aspect successoral s’il subsiste des fonds non retirés lors de l’ ouverture de la succession.
    Espérons que la volonté de récupérer immédiatement des fonds pour compenser l’absence de réforme de l ‘Etat et de mesures d’économies ne sera pas privilégié car cela pourrait ne pas améliorer l ‘image de la retraite supplémentaire par capitalisation alors qu’elle est nécessaire pour compenser les effets démographiques dur notre régime de répartition.
    A suivre de près…

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    • Je souscrit à l’objectif de limiter l’utilisation du PER comme outil d’optimisation fiscale en vue de la succession car c’est selon moi un dévoiement du PER qui, comme son nom l’indique, doit permettre d’améliorer la situation financière des retraités (et non de leurs héritiers)
      Par contre c’est bien la perspective d’une sortie obligatoire en une seule fois qui pose problème pour les raisons bien exposées par Michel.
      L’hypothèse d’une perte en capital au moment de la sortie peut être réduite par le recours à la gestion pilotée (ou à horizon) du PER.
      Par contre, il faudrait a minima autoriser une sortie fractionnée sur un horizon de temps limité pour éviter le choc fiscal d’une sortie unique.
      On pourrait par exemple donner 3 ans aux épargnants à compter de leur départ en retraite pour liquider leur PER.
      Et aussi permettre une sortie anticipée partielle du PER en cas de retraite progressive …

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