Chaque printemps, je recopiais ma déclaration sans y penser. Jusqu’au jour où, au guichet, un agent a posé un calcul sur le comptoir et m’a fait comprendre ce que je laissais filer.
Je recopie ma déclaration chaque année depuis que mon fils est entré au lycée : aux impôts, on m’a montré les 153 € que je laissais filer

Chaque printemps, ce père de famille ouvrait sa déclaration préremplie, vérifiait les revenus, validait. Depuis l'entrée de son fils en seconde, en septembre 2023, la case 7EC restait vide et personne ne l'avait prévenu. Au guichet, l'agent a posé le calcul sur le comptoir : 153 € par an, soit jusqu'à 459 € sur trois ans, jamais réclamés. Il n'avait rien fait de faux, il avait seulement oublié de faire.
Cette réduction d'impôt ne s'applique jamais sans que vous l'ayez demandée.
- Un lycéen au 31 décembre ouvre droit à 153 € de réduction d'impôt.
- La somme est divisée par deux en résidence alternée, soit 76,50 €.
- Les revenus 2025 se corrigent en ligne jusqu'au 30 novembre 2026.
Trois montants, une seule règle : le 31 décembre
Le barème tient en trois chiffres : 61 € par collégien, 153 € par lycéen, 183 € par étudiant du supérieur. Il concerne un enfant à charge, ou un majeur rattaché à votre foyer, qui poursuit ses études au 31 décembre de l'année des revenus. En résidence alternée ou à charge partagée, la somme est divisée par deux, soit 76,50 € pour un lycéen. Aucun justificatif n'est demandé au moment de déclarer.
Le montant est forfaitaire, donc indifférent à ce que vous avez réellement dépensé, et chaque enfant ouvre son propre droit. Un foyer avec un lycéen et un étudiant rattachés déduit 336 €, et celui qui compte aussi un collégien monte à 397 €.
C'est le niveau au 31 décembre qui compte, pas celui de la rentrée. Un élève qui entre en seconde en septembre est lycéen au 31 décembre, donc 153 € pour cette année-là, même s'il était encore collégien au printemps. Le raisonnement vaut dans l'autre sens : le bachelier qui s'inscrit dans le supérieur à la rentrée rapporte 183 €, et non 153 €, pour l'année de son entrée.
Pourquoi la case reste vide, année après année
Il faut écrire soi-même le nombre d'enfants, et non une somme, dans la case 7EA pour le collège, 7EC pour le lycée ou 7EF pour le supérieur. En résidence alternée, les cases deviennent 7EB, 7ED et 7EG.
Recopier sa déclaration de l'année précédente est un réflexe répandu, et il marche tant que rien ne bouge dans la famille. Or un enfant grandit, change de niveau, donc de case et de montant (61 € au collège, 153 € au lycée). Le site ne peut pas rappeler une case qu'on n'a jamais remplie, et qui relit une ligne absente de sa déclaration depuis trois ans ?
Seconde en 2023, première en 2024, terminale en 2025 : 3 années à 153 €.
459 €, c'est un plafond, pas une promesse
Reprenons l'exemple de ce fils entré en seconde en septembre 2023. Lycéen au 31 décembre 2023, au 31 décembre 2024 et au 31 décembre 2025, il ouvre droit à 3 × 153 €, soit 459 €. Mais ce chiffre ne se touche en entier que sous condition.
La réduction d'impôt n'est pas un crédit d'impôt : elle diminue l'impôt dû, sans plus. Un foyer non imposable ne reçoit donc rien, et si l'impôt de l'année était inférieur à 153 €, une partie seulement est effacée. Les 459 € ne reviennent en entier que si l'impôt atteignait au moins 153 € chaque année. Le calcul se fait année par année, avec son propre seuil à chaque fois.
Un foyer qui devait 100 € d'impôt cette année-là ne peut effacer que ces 100 €, le solde de 53 € ne lui est pas versé. À l'inverse, celui qui devait 400 € récupère les 153 € entiers.
Où et jusqu'à quand réclamer
Les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, se corrigent en ligne jusqu'au 30 novembre 2026 inclus, le service étant ouvert depuis le 29 juillet. Il faut cliquer sur « Accéder à la correction en ligne » dans l'espace Finances publiques. L'outil est réservé à ceux qui ont déclaré sur internet, déclaration automatique comprise.
Passé le 30 novembre, la réclamation prend le relais dès le 1er décembre 2026, avec un délai qui court jusqu'au 31 décembre 2028 pour ces revenus 2025. Il reste donc moins d'un mois pour profiter de la voie en ligne.
Pour les revenus 2024, dont l'impôt a été mis en recouvrement en 2025, la réclamation est possible jusqu'au 31 décembre 2027. Pour les revenus 2023, mis en recouvrement en 2024, la date butoir tombe le 31 décembre 2026, c'est la plus proche. La règle générale : le 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement.
Les revenus 2022 ne peuvent plus être réclamés.
La réclamation, mode d'emploi
La messagerie de l'espace Finances publiques suffit : rubrique Écrire, puis Réclamation, contestation, puis Impôt sur le revenu. Un courrier adressé au centre des finances publiques fait aussi l'affaire. Ceux qui ont déclaré sur papier ne peuvent pas utiliser la correction en ligne, et passent par la réclamation. Un certificat de scolarité pourrait vous être demandé ensuite, autant le garder à portée de main.
Classez vos dossiers par urgence : revenus 2025 en ligne avant le 30 novembre 2026, revenus 2023 avant le 31 décembre 2026, revenus 2024 avant le 31 décembre 2027. Dans chaque cas, vous indiquez le nombre d'enfants : 1 en case 7EC pour un seul lycéen, 1 en 7ED s'il est en résidence alternée.
Et l'an prochain ?
Le fils de notre père de famille entre dans le supérieur en septembre 2026. Il sera donc étudiant au 31 décembre 2026, et c'est 183 € à déclarer au printemps 2027, pour les revenus 2026. La case change : 7EF, ou 7EG en résidence alternée. Le montant, lui, gagne 30 € par rapport à l'année de terminale.
Un cadet au collège s'ajoute à part : 61 € en case 7EA, 30,50 € en 7EB. Chaque enfant se compte au niveau où il se trouve au 31 décembre, pas à celui de l'an dernier.
Au printemps 2027, la case 7EF n'attendra qu'un seul chiffre, le 1, pour effacer jusqu'à 183 € d'impôt, à condition que l'impôt dû les atteigne.
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Sources : jechange.fr | toutsurmesfinances.com
