Un adoucisseur à 0 °f corrode le ballon d’eau chaude, visez plutôt 10 °f

Régler un adoucisseur à zéro élimine le calcaire mais expose les tuyauteries et le ballon à une corrosion accélérée. L’eau très douce s’attaque au cuivre et aux métaux protégés normalement par un fin film calcaire. Les professionnels recommandent une dureté résiduelle de 8 à 15 °f pour concilier propreté et protection.

Par Cécile Ducommun

Régler un adoucisseur à 0 °f rend l'eau agressive : elle attaque le cuivre, les soudures et l'anode du ballon d'eau chaude. Les professionnels visent plutôt 10 °f, avec un plancher de 8 °f, pour conserver une minéralité protectrice. Une cuve percée ne se répare pas : le ballon se remplace.

Pourquoi un adoucisseur à 0 °f corrode-t-il le ballon ?

Une eau adoucie à zéro est privée de calcium et de magnésium. Elle cherche à retrouver son équilibre et prend ces minéraux sur les parois qu'elle traverse. D'ordinaire, un fin film de calcaire tapisse l'intérieur des canalisations et isole le cuivre. Sans lui, le métal et les soudures restent à nu. Dans un ballon d'eau chaude, la chaleur accélère le phénomène. Selon Thermor, sous 8 °f, la minéralité ne suffit plus à protéger les parties métalliques et émaillées de l'appareil. Le caractère agressif d'une eau s'apprécie par son équilibre calcocarbonique, pas par un simple seuil de dureté.

L'adoucisseur ne touche pas au pH, qui doit rester entre 6,5 et 9 pour une eau potable. Il ne modifie que la dureté. L'arrêté du 11 janvier 2007 retient comme référence une eau à l'équilibre calcocarbonique ou légèrement incrustante, soit l'inverse d'une eau à zéro. Au robinet, une eau très douce se signale parfois par une sensation savonneuse et un goût plus salé.

Quelle dureté résiduelle faut-il viser ?

Les installateurs laissent en général une dureté résiduelle de 8 à 15 °f. Aucune réglementation n'impose aujourd'hui de valeur de dureté résiduelle. Les professionnels visent plutôt 10 °f, avec un plancher de 8 °f. La notice du ballon, qu'il soit électrique, à gaz ou relié à une chaudière, tranche en cas de doute. La fourchette de 8 à 15 °f limite l'entartrage tout en conservant une minéralité protectrice. Un degré français correspond à 10 mg de calcaire par litre.

En Wallonie, le Code de l'eau interdit une eau adoucie sous 15 °F. Les installateurs mélangent alors l'eau adoucie à 0 °F avec de l'eau non traitée grâce à une vanne de mélange appelée by-pass.

Que découvre-t-on dans un ballon corrodé ?

À l'ouverture, le tableau typique décrit par les installateurs comprend un émail attaqué, des traces de rouille et une anode de protection consommée plus vite que prévu. Cette pièce, contrôlée lors de l'entretien, se sacrifie pour épargner la cuve. Quand elle est épuisée, la cuve prend le relais. Une cuve percée ne se répare pas : le ballon se remplace. L'entartrage coûte bien moins cher que le remplacement d'un ballon neuf posé.

Le piège tient à la lenteur du processus. Rien ne signale la corrosion au quotidien : l'eau coule, elle est chaude, la salle de bains reste impeccable. Le dégât se constate le jour où une soudure suinte ou où l'eau chaude sort teintée.

Comment mesurer et corriger le réglage ?

Commencez par mesurer la dureté en sortie d'adoucisseur avec des bandelettes ou un kit à gouttes. Les fabricants conseillent de refaire ce test au moins une fois par an.

  1. Relever la dureté de l'eau distribuée avant de toucher au réglage ; le relevé du distributeur d'eau est un bon point de départ.
  2. Modifier la dureté de sortie sur la vanne, mécanique ou électronique.
  3. Jouer sur le mélange avec l'eau brute si l'appareil dispose d'un by-pass.
  4. En cas d'hésitation, viser 10 °f puis ajuster avec l'installateur.
  5. Si l'appareil a tourné à zéro pendant des mois, demander un contrôle de l'anode et de l'état de la cuve, éventuellement lors de l'entretien annuel, qui comprend le nettoyage de la résine et la vérification du bac à sel.

Le réglage à zéro peut-il se justifier ?

Certains fabricants proposent le réglage à zéro, et des spécialistes l'estiment défendable dans un cas précis : protéger la membrane d'un osmoseur, que le tartre colmate. Cet usage concerne une eau de boisson ultra-filtrée, pas le circuit qui alimente le ballon. Il se règle avec l'installateur plutôt qu'au jugé.

Dans les massifs granitiques, l'eau du réseau peut descendre sous 1 °f, et la corrosion des canalisations y est connue. Un adoucisseur n'y a aucun sens. Ailleurs, la dureté varie d'une commune à l'autre selon le captage.

👉 Un petit geste pour Journal des seniors ? Suivez-nous sur Google, ajoutez-nous à vos favoris et retrouvez-nous sur Google Actualités pour ne manquer aucun de nos articles.

Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

Aucun commentaire à «Un adoucisseur à 0 °f corrode le ballon d’eau chaude, visez plutôt 10 °f»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires