Pour bouturer un rosier en automne, plantez une tige sous un pot de verre

Ce pot de verre retourné au pied du rosier n’avait rien d’un piège à limaces, et mon grand-père ne le retirait qu’au printemps. Je ne comprenais pas encore ce qu’il attendait sous le verre.

Par Cécile Ducommun

Fin octobre, sur bois sec, une tige de l'année de la grosseur d'un crayon suffit à faire un nouveau rosier. On la plante aux deux tiers dans une terre légère, à mi-ombre, puis on la coiffe d'un pot de verre retourné qui garde l'humidité tout l'hiver. Mieux vaut en planter plusieurs : toutes ne prennent pas.

Quand prélever la tige d'un rosier ?

La bonne période va d'octobre à novembre, en pleine terre, sur bois sec, une fois les feuilles tombées. C'est le moment de la taille : on garde un ou deux morceaux de tige au lieu de tout jeter. La technique s'appelle la bouture à l'étouffée : on recouvre la tige d'un matériau transparent pour garder l'humidité autour d'elle. Elle se pratique aussi à la fin de l'hiver, avec les déchets de la taille.

Écartez les rameaux trop fins et ceux qui portent encore des fleurs.

Quelle tige choisir et comment la couper ?

La tige doit être de l'année et de la grosseur d'un crayon, saine, sans tache ni signe de maladie. Comptez 15 à 20 cm de longueur, avec au moins 3 yeux, ces petits bourgeons d'où partiront les futures pousses. Une branche taillée peut fournir 2 ou 3 tronçons de cette taille.

  1. Coupez le bas net, droit, juste sous un œil.
  2. Coupez le haut en biseau, environ 1 cm au-dessus d'un autre œil : on distingue ainsi le haut du bas au moment de planter.
  3. Retirez les feuilles de la partie qui sera enterrée, car elles pourriraient sous terre.
  4. Ne gardez que 2 ou 3 feuilles au sommet.

Où et comment planter la bouture en pleine terre ?

L'emplacement compte autant que la tige : mi-ombre, à l'abri du vent, dans une terre légère. Beaucoup de jardiniers alignent leurs boutures le long d'un mur exposé au nord, au frais mais sans soleil brûlant. Un sol bien drainé évite que la base de la tige ne reste détrempée tout l'hiver ; une terre lourde s'allège avec du sable.

  • Enfoncer les deux tiers de la tige dans le sol, soit environ 10 à 13 cm pour une bouture de 15 à 20 cm.
  • Laisser les 2 ou 3 feuilles du sommet à l'air libre.
  • Tasser doucement autour de la tige, puis arroser.
  • Espacer les boutures d'environ 10 cm et piquer une étiquette pour retrouver l'emplacement au printemps.

À quoi sert le pot de verre retourné ?

Le verre joue le rôle d'une petite serre : il retient l'humidité autour de la tige tout en laissant passer la lumière. Cet abri limite le dessèchement, premier danger pour une bouture sans racines. Un peu d'air de temps en temps évite que tout pourrisse.

Le pot de confiture n'a rien d'obligatoire : une bouteille plastique découpée, un bocal en verre ou un sac de congélation font le même travail, pourvu que le matériau soit transparent.

Quand retirer le pot et quand la bouture reprend-elle ?

Pendant l'hiver, rien ne bouge en surface : les racines se forment lentement sous terre, ce qui explique qu'on n'observe aucune reprise avant le printemps. Ne déterrez pas la tige pour vérifier, elle supporterait mal d'être dérangée. Le sol doit simplement rester frais, sans excès d'eau.

Quand de nouvelles feuilles apparaissent sous le verre, la bouture a repris. On peut attendre encore 2 à 3 semaines après les premiers bourgeons avant de retirer la protection pour de bon. Le jeune rosier reproduit à l'identique la variété du pied d'origine, mais sur ses propres racines : il pourra rejoindre sa place définitive à l'automne suivant.

Pourquoi toutes les boutures ne prennent-elles pas ?

Certaines boutures noircissent, d'autres ne repartent jamais, et aucun geste ne change totalement cela. Une tige trop tendre pourrit, une tige trop fine s'épuise, une tige trop sèche en plein hiver ne reprend pas. D'où l'intérêt de planter plusieurs boutures du même rosier plutôt qu'une seule. Les racines formées dans un verre d'eau, sur un rebord de fenêtre, restent fragiles et supportent mal le passage en terre.

Tremper la base de la tige dans une hormone de bouturage, dans de l'eau de saule ou dans du miel pur reste facultatif. L'été offre une autre fenêtre : d'août à septembre, on bouture sur bois semi-aoûté, toujours à l'étouffée. Et si octobre vous a échappé, la fin de l'hiver offre une seconde chance.

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Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

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