Pour bien aérer son logement, ouvrez deux fenêtres opposées 5 à 10 minutes

Ouvrir une fenêtre le matin est un rituel rassurant mais largement insuffisant : seuls 25% de l’air ambiant sont renouvelés. Un expert du CSTB révèle comment éliminer jusqu’à 90% de l’air vicié en quelques minutes grâce à la ventilation traversante, transformant votre santé respiratoire.

Par Cécile Ducommun

Pour bien aérer, ouvrez en grand deux fenêtres sur des façades opposées pendant cinq à dix minutes, deux fois par jour, plutôt qu'une seule fenêtre ou une fenêtre entrebâillée. Une ouverture traversante renouvelle l'air bien plus vite qu'une fenêtre entrouverte. L'objectif est de limiter l'humidité, qui favorise moisissures et irritations respiratoires.

Comment aérer efficacement son logement ?

Le geste recommandé consiste à créer un courant d’air entre deux façades opposées. Ouvrez les fenêtres en grand, et non en position inclinée, pendant huit à dix minutes. Renouvelez l’opération deux fois par jour, tôt le matin et en soirée. En hiver, deux sessions de cinq minutes, matin et soir, suffisent à limiter l’impact sur le confort thermique.

  1. Ouvrez simultanément des fenêtres sur deux façades opposées.
  2. Laissez-les grandes ouvertes cinq à dix minutes, selon la saison.
  3. Répétez matin et soir, même en hiver.

Ouvrir cinq minutes n’a pas d’influence sur les dépenses énergétiques, car ce laps de temps est trop court pour refroidir les murs et l’intérieur du logement. C’est l’excès d’humidité qui coûte cher : un air humide est plus difficile à chauffer.

Pourquoi une seule fenêtre ouverte ne suffit-elle pas ?

Une seule fenêtre ouverte renouvelle l’air bien plus lentement qu’une ouverture en vis-à-vis. L’air vicié reste dans les angles, derrière les meubles et au ras du sol. Une fenêtre entrebâillée en permanence renouvelle l’air très lentement : il faut environ deux heures en oscillo-battant pour obtenir l’effet d’une ouverture en grand de quelques minutes. Elle favorise aussi le refroidissement de la structure du bâtiment et des surfaces au niveau des fenêtres, ce qui peut favoriser l’apparition de moisissures.

Quel taux d’humidité faut-il surveiller ?

Le taux d’humidité idéal d’un logement se situe entre 40 et 60 %. Au-delà de 60 %, on parle d’humidité excessive, qui se manifeste notamment par des moisissures sur les murs, les plafonds ou dans les pièces humides. Dans des logements chauffés et peu aérés, le taux peut grimper bien au-delà de 60 %. Un hygromètre permet de suivre le taux réel de chaque pièce et de savoir si l’aération est efficace.

Où les moisissures se développent-elles ?

Les moisissures ne s’installent pas seulement là où on les surveille. Elles colonisent l’espace entre un canapé et un mur extérieur, l’arrière d’un lit ou le bas d’une commode posée contre une paroi froide. Les espèces les plus fréquentes dans ce contexte, Aspergillus niger et Cladosporium, prolifèrent dans ces zones peu ventilées. Outre leur effet allergisant, les moisissures libèrent des composés organiques volatils et des mycotoxines irritants pour les bronches. Leur développement excessif est associé à un risque de toux, de sifflements et d’asthme augmenté d’environ 50 %.

La présence de moisissures dans un logement est associée à plusieurs facteurs : antécédent de dégât des eaux, logement difficile à chauffer, absence de système de ventilation, taches d’humidité, absence d’aération ou d’ouverture des fenêtres en hiver et fréquence de ménage insuffisante. Une bonne ventilation et une aération deux fois par jour, même en hiver, diminuent ce risque. Les personnes asthmatiques, atopiques ou atteintes de pathologies respiratoires chroniques comme la BPCO sont plus sensibles à l’exposition aux moisissures.

La VMC suffit-elle à renouveler l’air ?

Une VMC assure un renouvellement d’air constant, mais lent. L’aération naturelle, même courte, est plus efficace pour ventiler une pièce rapidement. La VMC simple flux améliore la circulation de l’air, mais elle ne filtre pas l’air entrant : les polluants extérieurs ne sont donc pas éliminés, et l’ouverture des fenêtres reste nécessaire. L’air intérieur peut être jusqu’à 5 à 8 fois plus pollué que l’air extérieur, à cause des matériaux, des revêtements, de la cuisson, des produits d’entretien, des bougies et de la respiration. La VMC standard n’est pas conçue pour capter les composés organiques volatils émis par certains matériaux ni pour aspirer les spores fongiques qui se maintiennent au ras du sol, loin des bouches d’extraction souvent situées en hauteur.

Quels gestes complètent l’aération ?

  • Décoller les meubles imposants des murs extérieurs d’au moins dix centimètres pour rompre les zones mortes où l’air stagne et où l’humidité condense sur les parois froides.
  • Renouveler l’air après le ménage et l’aspirateur pour éliminer une partie des composés organiques volatils des produits ménagers et les poussières remises en suspension.
  • Surveiller l’humidité avec un hygromètre, pièce par pièce, pour vérifier l’efficacité de l’aération.

Aérer ne demande ni investissement ni équipement particulier. L’essentiel est d’ouvrir en grand, sur deux côtés opposés, régulièrement, et de ne pas se contenter d’une fenêtre entrebâillée.

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Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

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