Traitez le buis contre la pyrale au Bacillus thuringiensis dès l’éclosion

Traiter dès l’apparition des papillons semble logique, mais c’est une erreur coûteuse. Le Bacillus thuringiensis ne fonctionne que sur les jeunes chenilles, et la génération d’août éclôt trop vite pour laisser une marge d’erreur. Découvrez le timing exact pour ne pas rater votre traitement.

Par Cécile Ducommun

Traitez le buis au Bacillus thuringiensis au moment de l'éclosion des jeunes larves, et non pendant le vol des papillons. Le Bt agit par ingestion : il n'agit que sur les chenilles encore petites, alors qu'une larve déjà grosse résiste. Renouvelez si besoin 8 à 12 jours après, surtout après pluie ou forte chaleur.

Quand traiter le buis contre la pyrale avec le Bacillus thuringiensis ?

Le bon moment est l'éclosion des jeunes larves, pas le vol des papillons. Voir des papillons blancs autour de la haie n'est qu'un signal d'alerte : le traitement doit attendre que les œufs aient éclos et que les toutes jeunes chenilles soient actives sur le revers des feuilles.

Dans la pratique, un piège à phéromone sert à repérer le vol et donc les pontes. Il faut ensuite attendre la fin des captures et l'éclosion des œufs avant de traiter. Le Bacillus thuringiensis reste efficace s'il est appliqué sur les premiers stades larvaires.

Pourquoi le Bacillus thuringiensis n'agit-il que sur les jeunes chenilles ?

Le Bt agit uniquement par ingestion. La chenille doit croquer une feuille traitée pour absorber la bactérie, qui perce alors la paroi intestinale et déclenche une septicémie fatale. Le produit élimine les chenilles en activité sur les buis pendant 8 à 12 jours. Passé ce délai, la matière active se dégrade sous l'effet du soleil et des pluies et n'a plus de prise sur les nouvelles arrivées.

Le vrai problème n'est pas le produit, mais le stade des larves. Les larves de petit stade sont beaucoup plus sensibles aux endotoxines ; un traitement tardif réduit l'efficacité. Une chenille de quelques millimètres ingère une dose mortelle en une bouchée, tandis qu'une chenille déjà développée résiste mieux et continue de dévorer le feuillage malgré le traitement.

Pourquoi la génération d'août est-elle plus rapide ?

Les chenilles de deuxième génération se développent en juillet, et une troisième génération peut apparaître en août-septembre dans les zones climatiquement favorables comme le sud de la Loire ou les zones urbaines à effet de chaleur. Cette génération d'été profite de la chaleur pour accélérer son cycle. Les œufs ont besoin d'une température d'environ 15 °C pour un développement complet, et la chaleur estivale accélère le cycle.

Résultat : des œufs à la défoliation visible, il ne se passe parfois qu'une poignée de jours. Les chenilles dévorent le feuillage, ce qui peut amener à la perte totale d'un buis en quelques semaines quand rien n'est fait à temps.

Comment intervenir au Bacillus thuringiensis ?

  1. Poser un piège à phéromone pour repérer le vol des adultes et les pontes.
  2. Attendre l'éclosion des œufs, en fin de vol.
  3. Traiter quand les jeunes larves apparaissent sur le revers des feuilles.
  4. Répéter l'application 8 à 12 jours après la première si la pluie ou une forte chaleur a dégradé la bactérie.

Que faire quand la haie est déjà touchée ?

Une fois les chenilles bien grosses et le feuillage roussi, le Bt seul ne suffit plus à sauver la situation. Il faut combiner plusieurs approches plutôt que de multiplier les pulvérisations inutiles.

Un jet d'eau ferme peut déloger une partie des larves les plus exposées, à condition de ne pas casser les jeunes rameaux. Le paillage et le nettoyage des feuilles mortes tombées au pied du buis limitent les cachettes pour les prochaines chenilles. Les trichogrammes agissent sur les œufs avant l'éclosion, le BTK sur les jeunes chenilles après éclosion ; ces deux méthodes se complètent sur une même génération, avec une fenêtre d'application idéale décalée de quelques jours.

Comment anticiper la génération suivante ?

Le cycle de la pyrale est rapide et prolifique, avec généralement entre deux et trois générations par an en France, voire quatre dans les régions les plus chaudes. Une génération manquée en août n'est pas une fatalité pour l'année suivante.

Un piège à phéromone posé dès le printemps prochain, vérifié tous les dix jours, permet de repérer le tout premier vol et de calculer le bon décalage avant traitement, plutôt que de pulvériser au hasard des papillons aperçus dans le jardin.

👉 Un petit geste pour Journal des seniors ? Suivez-nous sur Google, ajoutez-nous à vos favoris et retrouvez-nous sur Google Actualités pour ne manquer aucun de nos articles.

Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

Aucun commentaire à «Traitez le buis contre la pyrale au Bacillus thuringiensis dès l’éclosion»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires