Le Portugal a longtemps été le refuge idéal des retraités français. Mais face à l’explosion touristique, à la hausse vertigineuse des prix et à la perte d’authenticité, ces visiteurs fidèles se tournent désormais vers la Galice. Cette région espagnole voisine offre le même charme maritime et culinaire, sans la cohue ni les tarifs prohibitifs.
« On adorait le Portugal » : pourquoi ces retraités fidèles depuis 20 ans montent désormais tous vers la même région

Le Portugal a tout fait pour séduire les retraités français. Pendant vingt ans, ça a fonctionné. Lisbonne, l'Algarve, Porto : trois noms qui revenaient comme un rituel dans les conversations du dimanche, synonymes de douceur de vivre, de poisson grillé à prix raisonnable et de soleil sans chichi. Mais quelque chose a changé. Ceux qui connaissent le pays le mieux, les plus fidèles, les plus avertis, commencent à regarder vers le nord. Vers la Galice.
À retenir
- Un phénomène documenté : pourquoi le Portugal ne séduisait plus autant en 2025
- La Galice propose des prix immobiliers deux à trois fois moins chers que l'Algarve
- Même mer, même gastronomie, mais une tranquillité que le Portugal a perdue
Le Portugal qu'on aimait n'existe plus vraiment
Ce n'est pas une opinion, c'est une mécanique documentée. L'Institut National de Statistique portugais recensait 31,6 millions de touristes en 2024, soit une augmentation de 5,2 % par rapport à 2023. En 2025, ce chiffre a atteint 32,5 millions de visiteurs dont 19,7 millions d'internationaux. Le Portugal est devenu une machine à touristes, et le prix à payer est concret.
La hausse annuelle des prix immobiliers a atteint +17,3 %, la plus forte de l'Union européenne. Selon la Commission européenne, les logements y sont surévalués de 35 % par rapport à leur valeur réelle. À Lisbonne, les habitants des quartiers historiques comme Alfama, Mouraria ou Graça dénoncent la hausse des loyers et la transformation de leur environnement en décor de carte postale, alimentée par la multiplication des locations de courte durée et la disparition progressive des commerces de proximité. Pour un retraité français qui cherche à s'installer durablement, louer dans une ville portugaise côtière est devenu une équation difficile. Selon une étude de la Commission européenne d'octobre 2025, acheter dans certaines régions, notamment Lisbonne, revient aussi cher que dans quelques grandes villes françaises comme Lille, Toulouse ou Montpellier.
Ce que les habitués ressentent intuitivement, les chiffres le confirment : d'après les données 2025 d'Expatistan et Numbeo, le Portugal est en moyenne 18 % moins cher que la France, tandis que l'Espagne affiche un coût de la vie 25 à 30 % inférieur. L'écart s'est creusé. Et il existe une région espagnole où cet avantage est maximal, sans les inconvénients des destinations surexposées.
La Galice, juste au-dessus : même mer, autre monde
Au nord-ouest de l'Espagne, la Galice ouvre les portes d'une région entre terre et mer, où falaises vertigineuses, villages de pêcheurs authentiques et gastronomie généreuse composent un décor unique. Moins connue que la Catalogne ou l'Andalousie, c'est pourtant un trésor pour les voyageurs en quête d'expériences authentiques et de traditions vivantes. Pour un amateur du Portugal, la transition est presque imperceptible : même Atlantique, même cuisine tournée vers la mer, même verdure. Mais les prix, eux, racontent une autre histoire.
Le prix moyen du logement en Galice affichait une hausse annuelle de 6,53 % au second trimestre 2025, atteignant une valeur moyenne de 1 355 €/m². Un appartement de 90 m² revient donc en moyenne à 121 928 €. À titre de comparaison, un bien équivalent dans l'Algarve ou à Lisbonne coûte facilement deux à trois fois plus. À Vigo, la plus grande ville de la région, le prix moyen du mètre carré était d'environ 2 233 € en 2025, ce qui reste très raisonnable pour une ville de cette taille, dotée d'un aéroport international avec connexion directe vers Paris.
Lugo, ville historique de Galice d'environ 98 000 habitants, est connue pour ses remparts romains et son ambiance très locale. Pas de tourisme de masse, mais un rythme de vie calme et un coût de la vie particulièrement bas. Les villes de Galice comptent parmi les moins chères d'Espagne, avec des loyers bas et un budget mensuel global inférieur à celui des régions côtières. Pontevedra, autre ville phare de la région, possède un centre historique piétonnier, véritable joyau, avec ses ruelles pavées, ses églises romanes et ses terrasses animées sur de petites places.
Ce que les retraités fidèles au Portugal y trouvent
Le mouvement est lent mais réel. Ceux qui ont arpente le Portugal pendant des années arrivent en Galice et reconnaissent quelque chose de familier, avec une dimension en moins : la cohue. Le Chemin de Saint-Jacques a accueilli 530 987 pèlerins en 2025, un vrai record, mais ce flux se concentre sur les dernières dizaines de kilomètres avant Santiago. Le reste de la région reste d'une tranquillité remarquable.
La Galice est une destination de choix pour les amateurs de gastronomie, avec une cuisine renommée pour ses plats tels que le pulpo a la gallega, les fruits de mer frais et le vin albariño. Pour quelqu'un habitué aux sardines grillées de Lagos ou aux fruits de mer de Cascais, la table galicienne répond exactement aux mêmes plaisirs. Vigo est d'ailleurs le plus grand port de pêche d'Europe, ce qui dit tout sur la fraîcheur des produits disponibles au marché du matin.
Le climat est doux toute l'année, avec des étés tempérés et des hivers doux et pluvieux. Un avantage non négligeable pour qui redoute les canicules de plus en plus sévères qui frappent l'Algarve en juillet et août. Le Nord et la côte atlantique bénéficient de températures plus tempérées et d'une pluviométrie plus importante, ce qui convient particulièrement aux retraités qui préfèrent les promenades fraîches aux terrasses surchauffées.
La région des Rías Baixas, limitrophe du Portugal et s'étendant sur la côte atlantique, bénéficie du meilleur climat de toute la Galice, avec de belles villes, villages et plages, et une bonne desserte par les transports vers le reste de l'Espagne depuis Pontevedra et Vigo. Les îles Cíes, perles du parc national des îles atlantiques de Galice, sont parfaites pour les amoureux de nature sauvage et de plages paradisiaques. Classées parmi les plus belles plages d'Europe, elles restent accessibles uniquement sur réservation, ce qui limite mécaniquement la pression touristique.
La question pratique que personne ne pose assez tôt
S'installer en Galice depuis la France soulève un point souvent sous-estimé : l'accessibilité. Vigo dispose d'un aéroport avec des vols nationaux depuis Bilbao, Madrid et Barcelone et une connexion internationale avec Paris. Saint-Jacques-de-Compostelle possède également son propre aéroport international. Pour les séjours longs ou les retraités qui font des allers-retours réguliers en France, la logistique reste donc praticable, sans être aussi fluide qu'une liaison Paris-Lisbonne en pleine saison.
L'autre différence à anticiper : la langue. Contrairement au Portugal où le français est souvent compris dans les zones touristiques, la Galice parle castillan et galicien. Un obstacle relatif pour des gens qui ont appris quelques mots de portugais, mais qui demande un vrai effort d'adaptation au quotidien dans les villes plus petites. La région dispose cependant de nombreux hôpitaux et centres médicaux avec un personnel qualifié, ce qui est le premier critère examiné par tout retraité qui envisage une installation durable à l'étranger.
Le statut fiscal RNH, qui était autrefois avantageux pour les retraités expatriés au Portugal, ne concerne plus les pensions de retraite en 2025. Ce changement a accéléré les interrogations de nombreux Franco-Portugais installés outre-Atlantique, et la Galice espagnole bénéficie du régime fiscal ordinaire espagnol, sans avantage spécifique mais sans la déception d'un dispositif supprimé. Les conventions fiscales franco-espagnoles restent stables et bien documentées, contrairement à l'instabilité réglementaire qui caractérise le Portugal depuis quelques années sur ce sujet.
Sources : idealista.com | combien-coute.net