Salariés du privé, comment programmer votre retraite ?

La réforme tant attendue des retraites n’aura finalement pas eu lieu avant l’élection présidentielle. Recul de l’âge de départ, allongement de la durée d’assurance pour obtenir le taux plein, malus temporaire à l’Agirc-Arrco… Les salariés du privé sont vivement incités à différer leur départ en retraite.

Baisse Revenu Retraite Solutions
© iStock

À quel âge et avec combien de trimestres ?

Si vous êtes né en 1955 ou après, vous êtes autorisé à faire liquider vos droits dès vos 62 ans. Pour recevoir votre retraite au taux plein de 50 %, vous devez justifier d'une durée d'assurance minimale :

  • 166 trimestres si vous êtes né en 1955, 1956 ou 1957 ;
  • 167 trimestres pour les générations 1958, 1959, 1960 ;
  • 168 trimestres pour ceux nés en 1961, 1962, 1963...
  • 172 trimestres à partir des générations nées en 1973.

En deçà de cette durée, vous pouvez prendre votre retraite dès 62 ans, mais vous serez doublement pénalisé : le taux de votre retraite sera définitivement amputé par l'application d'une décote et votre retraite sera réduite en proportion du nombre de trimestres manquants.

Autre solution pour éviter la décote : patienter et atteindre votre âge de taux plein, c'est-à-dire 67 ans à compter de la génération née en 1955. En effet, à cet âge, votre retraite est automatiquement calculée avec le taux plein de 50 %, quelle que soit votre durée d'assurance. Elle subira simplement une réduction car elle sera calculée au prorata du nombre de trimestres validés.

Le rachat de trimestres

Il est possible de gagner du temps en rachetant jusqu'à douze trimestres (vos années d'études supérieures, vos années incomplètes, etc.). Le coût est fonction de votre niveau de revenus, de votre âge ainsi que de l'option choisie. Cette opération améliore aussi votre retraite complémentaire.

Attention :
Cette opération se révèle coûteuse et nécessite des calculs préalables.

Salarié du privé : Calculez votre retraite de base

Votre caisse de retraite retient trois éléments pour calculer le montant de votre retraite de base. Voici la formule utilisée :

salaire annuel moyen x taux de liquidation de votre pension (il varie de 37,5 % à 50 %) x durée d'assurance / nombre de trimestres exigés pour une retraite non proratisée.

Le salaire annuel moyen (SAM) est la moyenne de vos 25 meilleurs salaires bruts annuels revalorisés, retenus dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (41 136 € par an en 2022). Le taux plein de 50 % est acquis si vous réunissez le nombre de trimestres exigés tous régimes confondus pour votre génération (167 trimestres par exemple si vous êtes né en 1958, 1959 ou 1960).

Il peut aussi être obtenu si vous avez atteint l'âge d'obtention du taux plein, soit 67 ans pour les générations nées en 1955 ou après.

Estimez votre durée d'assurance

Elle correspond à l'ensemble des trimestres que vous réunissez au régime général, c'est-à-dire acquis en tant que salarié, mais aussi dans les régimes alignés (régime des salariés agricoles et régime des indépendants).

N'oubliez pas de comptabiliser les trimestres acquis durant le service militaire.

Sont concernés vos trimestres cotisés (ceux où vous avez travaillé) mais aussi ceux dits « assimilés » (chômage, maladie, maternité.. .).

Enfin, la durée d'assurance nécessaire pour obtenir une pension entière (sans proratisation) est variable selon votre année de naissance.

Comment valider un trimestre ?

Ce n'est pas la durée de travail qui permet de valider des trimestres mais le montant du salaire soumis à cotisations.

En 2022, pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur la base d'un salaire de 1 585,50 € au moins. Peu importe que vous l'ayez perçu en quelques jours ou quelques mois, il est impossible de valider plus de quatre trimestres par année et ce, quel que soit le salaire annuel perçu.

L'importance de la complémentaire

En tant que salarié, vous avez aussi nécessairement cotisé tout au long de votre carrière au régime complémentaire Arrco et, si vous avez été cadre, à l'Agirc également.

La retraite complémentaire complète votre retraite de base du régime général. Son montant annuel est égal au total de vos points multiplié par la valeur du point.

Depuis le 1er janvier 2019, l'Arrco et l'Agirc ont fusionné pour donner naissance à un régime unique de retraite complémentaire.

Tous les salariés n'ont plus qu'un compte unique de points à la place de leurs anciens comptes Arrco et Agirc (les anciens points ont été convertis). La valeur du point Agirc-Arrco est actuellement de 1,2841 €. Les assurés qui font liquider leur retraite du régime de base à taux plein bénéficient, quel que soit leur âge, de leur retraite complémentaire sans minoration.

Gare au nouveau malus

Les assurés nés à partir de 1957 qui demandent leur retraite dans l'année qui suit la date à laquelle ils remplissent les conditions pour bénéficier du taux plein subissent un malus. Pendant trois ans, un abattement de 10 % est appliqué sur le montant de leur pension complémentaire. À l'inverse, ceux qui acceptent de retarder leur départ d'une année y échappent.

Enfin, ceux qui diffèrent leur départ de deux ans ou plus profitent, pendant une année, d'un bonus : une majoration de leur retraite complémentaire de 10 % pour ceux qui partiront deux ans plus tard, 20 % pour trois ans et 30 % pour quatre ans.

En pratique : le calcul de la retraite d’un salarié dans le privé

Dominique, cadre financier, est né le 15 avril 1960.

  • Son départ est autorisé à 62 ans, c'est-à-dire à compter du 1er mai 2022.
  • Son salaire annuel moyen s'élève à 30 000 €.
  • Il justifiera à cette date de 167 trimestres.
  • Il remplit les conditions de durée minimale pour bénéficier du taux plein.

Calcul de sa retraite du régime de base :

30 000 € x 50 % x 167 / 167 = 15 000 € soit 1 250 € par mois.

Retraite Agirc-Arrco :

15 700 points x 1 ,2841 (valeur du point) = 20 160,37 €, soit 1 680 € par mois.

Les trois premières années, il ne percevra que 18 144 € par an (malus de 10%).

"Mon objectif était d'arrêter de travailler l'an passé quand mon épouse est partie en retraite. À ce moment-là, j'ai négocié avec mon employeur une rupture conventionnelle,

D'après mes calculs, à 60 ans, mes trois années de droit au chômage prendront fin et il me manquera douze trimestres pour une retraite à taux plein. J'ai décidé de les racheter il y a deux ans car, si j'avais attendu, le coût aurait été plus élevé.

L'opération m'a coûté 70 000 € environ, soit une très grande partie de mes économies. J'ai accepté par ailleurs qu'entre 60 et 62 ans, je ne percevrai ni salaire, ni chômage, ni retraite, je me contenterai de mes deux revenus locatifs.

Après une carrière professionnelle stressante, ma nouvelle devise est « travailler moins, gagner moins mais vivre mieux ! ».

Aucun commentaire à «Salariés du privé, comment programmer votre retraite ?»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires