Plusieurs milliers de nouveaux cas de cancer de l’estomac sont recensés chaque année. Le risque de développer cette maladie augmente sensiblement après 65 ans. Avec un ratio d’environ 2 pour 1, les hommes sont plus touchés que les femmes (1).
Qu’est-ce que le cancer de l’estomac ?
Cette forme de cancer se développe à partir des cellules glandulaires de la muqueuse, la couche interne qui tapisse l’estomac. La tumeur peut apparaître dans la partie haute, le cardia, près de l’œsophage. Elle touche parfois la partie centrale, le corps de l’estomac, ou la partie basse, l’antre, qui se prolonge vers l’intestin.
Quels signes doivent alerter ?
Au début, les symptômes sont discrets. Ils peuvent ressembler à une digestion difficile. Une gêne peut apparaître en haut du ventre après le repas, accompagnée de ballonnements ou de la sensation d’être rassasié très vite. L’appétit peut aussi diminuer, des nausées survenir. Si ces gênes durent plus de deux à trois semaines, il est conseillé de consulter son médecin traitant.
Quand la maladie évolue, les manifestations s’accentuent. Des selles noires ou la présence de sang dans les vomissements nécessitent une prise en charge urgente. Une perte de poids rapide sans raison apparente doit aussi alerter.
Retrouvez le détail des symptômes sur le site de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.
Quels sont les facteurs de risque ?
L’infection à Helicobacter pylori est l’un des principaux facteurs de risque du cancer de l’estomac. Cette bactérie colonise la muqueuse gastrique et y provoque une inflammation chronique. Sans traitement, cette irritation peut favoriser l’apparition de lésions au fil des années.
Au-delà de l’infection, certaines habitudes alimentaires augmentent le risque. L’excès de sel semble être en cause : produits fumés, salaisons, conserves en saumure, plats préparés et charcuteries avec nitrites. À l’inverse, les fruits et légumes frais auraient un effet protecteur.
D’autres facteurs liés au mode de vie influencent aussi le développement de la pathologie. Le tabac accroît le risque de cancer de l’estomac. Une consommation excessive d’alcool et l’obésité y seraient également associées.
Une prédisposition génétique peut intervenir dans certains cas, en particulier les mutations du gène CDH1 ou le syndrome de Lynch. Des antécédents de cancer de l’estomac dans une famille peuvent justifier un avis médical. Un bilan en oncogénétique sera si nécessaire envisagé.
Comment se passe le diagnostic ?
En cas de doute, le médecin prescrit une gastroscopie. Un tube souple muni d’une caméra est introduit par la bouche jusqu’à l’estomac. Réalisé sous anesthésie légère, le geste dure quelques minutes et permet de visualiser la muqueuse et de faire des prélèvements (biopsies).
Les biopsies sont ensuite observées au microscope. L’analyse dit si les cellules sont cancéreuses et précise le type de cancer. Cette étape est indispensable pour confirmer la maladie et déterminer le traitement à mettre en place.
Le bilan se poursuit par un scanner thoraco-abdomino-pelvien. Cet examen vérifie si la maladie est localisée ou si elle a atteint les ganglions, le foie ou les poumons. Il détermine notamment si la tumeur est opérable ou non.
Quels sont les traitements ?
La prise en charge dépend du stade de la maladie et de l’état de santé général. Plusieurs spécialistes se réunissent en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) pour définir le protocole de soins approprié.
Quand la tumeur est localisée, une intervention chirurgicale est indiquée. Elle consiste à retirer la partie de l’estomac atteinte (gastrectomie partielle). Si toute la muqueuse est touchée, l’estomac est retiré en totalité. L’opération est alors appelée gastrectomie totale. L’intestin est ensuite raccordé à l’œsophage pour que le patient puisse continuer à s’alimenter.
Une chimiothérapie peut être administrée avant et après l’opération. En amont, elle réduit la taille de la tumeur. Ensuite, elle limite le risque de récidive.
Si la maladie s’est étendue à d’autres organes, la chirurgie n’est plus possible. D’autres traitements peuvent être proposés, notamment l’immunothérapie et les thérapies ciblées qui ont transformé ces dernières années la prise en charge des formes avancées.
Comment prévenir cette maladie ?
Voici les principales recommandations pour limiter le risque de cancer de l’estomac :
- Dépister et traiter l’infection à Helicobacter pylori : en cas d’infection, un traitement antibiotique peut éliminer la bactérie.
- Privilégier les fruits et légumes, à consommer à chaque repas. Réduire autant que possible les produits très salés, fumés et la charcuterie. Arrêter de fumer et limiter sa consommation d’alcool.
- Bouger ! Avec au moins 30 minutes d’activité physique par jour, par exemple la marche, le vélo ou le jardinage.
- Consulter son médecin traitant en cas de doute, notamment en cas de troubles persistants.
Sources :
1 : Santé publique France. « Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 : Estomac »

