Seniors et conduite : ces signes à ne pas ignorer qui indiquent qu’il est peut-être temps d’arrêter de conduire, selon une étude

Les conducteurs âgés sont souvent montrés du doigt et accusés, parfois à tort, d’être très dangereux au volant. L’âge n’est pas forcément le premier critère dont il faut se méfier en cas de conduite dangereuse. Plusieurs signes peuvent vous montrer qu’il est temps d’arrêter de conduire. Quels sont-ils ?

Par Alexandra Tinois
Seniors Conduite
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Âge ne veut pas dire danger

Malgré les croyances populaires, les plus de 65 ans sont la catégorie de conducteurs la moins responsable d'accidents mortels. D'après le bilan de la Sécurité Routière en 2022, les jeunes conducteurs, entre 18 et 24 ans sont plus impliqués dans les accidents de la route.

Les seniors sont plus prudents, plus expérimentés aussi. Mais dès lors que le vieillissement a un impact psychologique ou physiologique, cela devient plus compliqué. L'âge en lui-même n'est pas un critère à prendre en compte pour définir si une personne est dangereuse sur la route. Il faut, toutefois, faire vérifier régulièrement l'acuité visuelle et auditive de la personne.

Il est plus difficile d'évaluer les troubles cognitifs qui peuvent allonger la prise de décision. Cela peut être un vrai facteur de risque.

La voiture est un moyen de transport étroitement lié à la liberté et à l'indépendance. On peut se rendre sur son lieu de travail avec sa voiture, rendre visite à ses proches, partir en vacances...

Mais cela permet aussi de réaliser des gestes du quotidien comme faire ses courses ou aller chez le médecin. Si vous habitez à la campagne, il devient nécessaire d'avoir une voiture et le permis ! S'il vous faut arrêter de conduire, cela peut vous miner le moral mais cela ne signifie pas que votre vie doit s'arrêter pour autant.

Il est possible de changer de logement, si votre maison se trouve loin des commodités. C'est une solution à laquelle il faut réfléchir en amont.

Si vous avez des doutes sur vos capacités à prendre le volant, vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant. Se poser des questions ne veut pas dire que vous deviez arrêter de conduire tout de suite.

Mais vous pouvez modifier certaines choses déjà : corriger votre vue, porter des prothèses auditives ou faire des aménagements sur votre voiture est un bon début. Vous pouvez ajouter des miroirs si vous avez des difficultés à tourner la tête, régler la position des sièges et des ceintures, installer une boîte de vitesse adaptée. Cela permettra déjà d'agir sur certains problèmes.

Si vous êtes honnête avec vous-même, vous pourrez déjà compenser certaines gênes et ainsi retarder un arrêt éventuel de la conduite. Vous pouvez aussi reprendre quelques cours de conduite afin de réviser le code de la route et être sûr que votre conduite se fait en toute sécurité.

Être dans le déni

Admettre que sa conduite peut mettre en danger ses proches ou les autres usagers est très difficile. Si le senior doit arrêter de conduire, cela peut bouleverser ses habitudes et le forcer à regarder en face ses difficultés et ses contraintes.

Le déni est normal. Il est compliqué de se voir vieillir. Les enfants peuvent avoir du mal à évaluer le déclin de leurs parents et peuvent le minimiser.

Le médecin peut aussi conseiller de vous poser la question bien en amont. Qu'est-ce qui pourrait vous faire arrêter de conduire ? Cela vous permettra, ainsi qu'à vos proches, de faire preuve de plus de lucidité si jamais ces signes devaient apparaître.

Reconnaître les signes qu'il est temps d'arrêter de conduire

Comme on l'a déjà dit, et selon les résultats d'une étude, l'âge n'est pas nécessairement le premier critère à prendre en compte en ce qui concerne l'arrêt de la conduite. L'American Association of Retired Persons a défini plusieurs critères à reconnaître et qui peuvent mener à l'arrêt de la conduite.

1

Se sentir mal à l'aise, nerveux ou d'avoir peur au volant

2

Plus de rayures et de cabosses sur la voiture, les barrières, portes de garages ou bornes

3

Difficulté à se maintenir dans la voie de circulation

4

Se sentir perdu

5

Manquer d'attention aux signaux routiers, en l'air ou au sol

6

Réagir tardivement aux situations imprévus

7

Situation médicale pouvant affecter l'aptitude à conduire une voiture de façon sûre

8

Arrêts fréquents en catastrophe, à la limite du heurt

9

Difficulté à s'orienter ou à choisir la bonne direction aux croisements ou aux entrées et sorties d'autoroute

10

Coups d'avertisseur des autres automobilistes et colère à votre égard (ou celui de votre proche)

11

Les amis et la famille ne veulent plus monter en voiture quand vous conduisez

12

Difficulté à voir des deux côtés de la route quand vous regardez droit devant vous

13

Être facilement distrait ou éprouver de la difficulté à rester concentré en conduisant

14

Difficulté à se retourner pour regarder par-dessus votre épaule en cas de changement de direction ou de voie de circulation

15

Mises en garde fréquentes de la police (avertissement, amende), voire du tribunal, au cours de la dernière année

Si vous constatez ces signes chez vous-même ou l'un de vos proches, vous pouvez vérifier la qualité de votre conduite et réviser vos connaissances dans une auto-école. Vous pouvez aussi consulter votre médecin si vous remarquez des problèmes de concentration ou de mémoire.

Aider ses proches à arrêter de conduire

Si certains conducteurs se rendent compte qu'ils ont moins de réflexe ou que leur conduite est dangereuse, ils arrêtent de conduire par eux-même. Toutefois, la majorité des conducteurs peinent à prendre cette décision. Ils craignent de devenir dépendants des autres. Ils refusent de perdre leur autonomie ou leur place dans la société et ainsi, ils continuent de conduire même s'ils éprouvent des difficultés.

Dans certains cas, leurs problèmes médicaux les empêchent de voir la situation, s'ils souffrent d'un début d'Alzheimer, notamment. Il vous est donc possible de les aider à mieux comprendre leur comportement. L'AARP (American Association of Retired Persons) vous aide à y voir plus clair, en 4 étapes.

Vous devez d'abord analyser les 15 signes d'avertissement dont on a parlé auparavant. Si vous en avez l'occasion, partez en voiture avec la personne concernée et observez sa conduite.

Essayez d'amener la conversation le plus souvent sur le bien-être et la santé de votre proche. Faites preuve d'un réel intérêt bienveillant et basez-vous sur ce que vous observez.

Si l'arrêt de la conduite est la solution dans certains cas, cela peut aussi être prématuré parfois. En effet, cela peut faire baisser les capacités du senior, à cause du choc psychologique engendré.

Vous pouvez lui conseiller de faire évaluer sa conduite en allant dans une auto-école, de suivre des cours de remise à niveau ou même de limiter sa conduite à certaines heures de la journée et de suivre des itinéraires qu'il connaît bien. Conseillez-lui d'adopter, petit à petit, d'autres moyens de transport si c'est possible : famille, amis, covoiturage, transports publics ou taxis.

Si après tous vos conseils, la personne ne vous écoute pas, vous pouvez chercher de l'aide auprès du médecin de famille. C'est la personne qui aura le plus de crédibilité auprès de la personne concernée sur ses soucis de santé.

Ancienne rédactrice pour le Journal des Seniors.

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