Pourquoi vos oreilles vous font souffrir en avion, et comment l'éviter
Le moment devrait être parfait. L’avion perce la couche nuageuse, la lumière devient éclatante, le paysage s’éloigne lentement. Et pourtant, pour beaucoup, cette scène est accompagnée d’une sensation bien moins poétique : une pression désagréable, parfois une douleur franche, au creux de l’oreille. Le fameux mal d’oreille en avion, que les médecins appellent barotraumatisme, transforme décollages et atterrissages en épreuve.
Rien de mystérieux pourtant. Ce phénomène s’explique très simplement — et surtout, il se prévient dans la grande majorité des cas.
Ce qui se passe vraiment à l’intérieur de l’oreille
Notre oreille moyenne contient une petite poche d’air. Au sol, la pression de cet air est identique à celle de l’environnement. Mais en altitude, même si la cabine est pressurisée, la pression diminue. À la montée, l’air derrière le tympan se dilate ; à la descente, il se comprime.
Si l’équilibre ne se fait pas correctement, le tympan se retrouve sous tension. D’où cette sensation d’oreille bouchée, parfois accompagnée d’une douleur aiguë ou d’une baisse temporaire d’audition.
Heureusement, le corps dispose d’un système de régulation : la trompe d’Eustache. Ce petit canal relie l’oreille moyenne à l’arrière du nez et de la gorge. À chaque déglutition, à chaque bâillement, il s’ouvre brièvement pour équilibrer les pressions. Le problème survient lorsqu’il ne s’ouvre pas suffisamment vite — notamment en cas de rhume, d’allergie ou de nez encombré.
Dormir pendant la descente n’aide pas non plus : on déglutit moins, donc on équilibre moins.
Les gestes simples qui changent tout
La première solution est mécanique, et elle est redoutablement efficace.
Bâiller volontairement, mâcher un chewing-gum, sucer un bonbon dur ou simplement avaler sa salive régulièrement permet de stimuler l’ouverture de la trompe d’Eustache. Ces gestes tout simples suffisent souvent à éviter l’inconfort.
Lorsque cela ne suffit pas, la manœuvre de Valsalva peut aider. Elle est bien connue des plongeurs. Il s’agit de se pincer le nez, de fermer la bouche et de souffler doucement, comme pour se moucher, sans laisser l’air sortir. Une légère sensation de “clic” indique que la pression s’est rééquilibrée.
La clé reste la douceur : inutile de forcer. En cas de douleur vive, mieux vaut arrêter.
Quand le nez est bouché, il faut anticiper
Un simple rhume peut compliquer la situation. Les muqueuses gonflées bloquent partiellement la trompe d’Eustache, rendant l’équilibrage plus difficile.
Dans ce cas, l’usage ponctuel d’un spray nasal décongestionnant peut être utile, environ trente minutes avant le décollage et avant la descente. Il facilite la ventilation naturelle de l’oreille moyenne. Il convient toutefois de respecter scrupuleusement la notice et d’éviter les utilisations prolongées, notamment en cas d’hypertension ou de traitement médical spécifique.
Autre option intéressante : les bouchons d’oreilles régulateurs de pression, spécialement conçus pour le transport aérien. Ils ne bloquent pas le changement de pression, mais le ralentissent, laissant le temps à l’oreille de s’adapter plus progressivement. Pour les voyageurs sensibles, ils peuvent faire une réelle différence.
Une petite routine pour voyager plus sereinement
En pratique, il suffit de peu de choses :
- garder un chewing-gum ou un bonbon à portée de main ;
- éviter de dormir pendant la descente ;
- anticiper en cas de rhume ;
- utiliser des bouchons adaptés si les douleurs sont récurrentes.
Dans la majorité des cas, ces gestes simples suffisent à transformer un moment redouté en simple formalité.
Si une douleur persiste plusieurs jours après le vol ou s’accompagne de vertiges importants, il est en revanche préférable de consulter. Les complications restent rares, mais mieux vaut ne pas les ignorer.
Voyager devrait rester un plaisir, du décollage à l’atterrissage. Comprendre ce qui se joue dans nos oreilles permet de reprendre le contrôle sur ces désagréments souvent redoutés. Finalement, quelques réflexes bien maîtrisés suffisent à profiter pleinement du spectacle, là-haut, entre ciel et nuages.

