Depuis que j’ai découvert ce village du Pays Basque à 20 minutes de Biarritz, je sais que je ne partirai plus jamais en Grèce

Entre Saint-Jean-de-Luz et Biarritz, Guéthary est un petit village de pêcheurs préservé qui offre tout ce que cherchent les voyageurs en Grèce : ambiance méditerranéenne, gastronomie locale et couchers de soleil magiques, sans les foules ni l’avion. Une destination qui révolutionne l’idée du tourisme côtier français.

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Par L'équipe JDS

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Guéthary. Prononcer ce nom devant des amis revenus bronzés de Santorin ou de Corfou, et observez leur réaction : d'abord un haussement d'épaules, puis une curiosité grandissante dès que vous leur décrivez ce qu'il y a à voir, à manger, à respirer. Entre Saint-Jean-de-Luz et Biarritz, Guéthary est le plus petit village de côte basque, avec 1 350 habitants à l'année. Une poignée de maisons blanches à colombages accrochées à la falaise, un port en cale sèche, une terrasse sur l'océan. Rien de spectaculaire sur le papier. Tout, sur place.

Mes amis rentraient de Grèce avec leurs photos de caldera et leurs coups de soleil sur le nez. Ils m'ont envié. Non par politesse, mais parce que ce que j'avais trouvé à vingt minutes de Biarritz répondait exactement à ce qu'ils avaient cherché dans les Cyclades : la lumière de l'Atlantique au crépuscule, une table avec du poisson du jour, l'impression d'avoir le temps.

À retenir

  • Un ancien village de pêcheurs de baleines qui cache des vestiges romains et un rare port en cale sèche
  • Une terrasse sur l'océan qui rivalise avec les plus beaux panoramas des Cyclades, mais à 20 minutes de route
  • Une gastronomie basque authentique et des traditions vivantes que même les grandes stations balnéaires ont perdues

Un village qui porte la mer dans son blason, et dans ses pierres

Cette ancienne bourgade de pêcheurs de baleines a su préserver son âme tout en s'adaptant avec élégance au tourisme moderne. Ce n'est pas une formule de brochure : le sémaphore, une ancienne atalaye, est toujours présent à Guéthary. Il servait autrefois de poste d'observation pour repérer les baleines dans la baie, ainsi que pour surveiller les activités des pirates. Aujourd'hui, ce sémaphore, tour munie d'un escalier où un guetteur signalait la présence des baleines, est un des derniers du genre sur la côte. Aujourd'hui paré d'un feu clignotant, il signale les brisants aux marins.

L'histoire maritime de Guéthary remonte loin : du XVIe au XVIIIe siècle, on chassait la baleine dans le golfe de Gascogne depuis ce petit port. Et si vous voulez remonter encore plus loin, en 1984, des travaux ont mis au jour par hasard des vestiges d'une salaison de poisson datant de l'époque romaine. Ce type d'atelier servait à transformer le poisson en garum, cette sauce fermentée que les Romains consommaient abondamment. Guéthary tourne le dos à l'oubli depuis deux mille ans.

Le port, lui, fonctionne selon un principe devenu rarissime sur la côte. Particularité locale, il s'agit d'un port en cale sèche où les bateaux sont hissés hors de l'eau après chaque sortie en mer. Le matin, quand les pêcheurs rentrent avec leurs prises, on retrouve un peu de cette ambiance d'autrefois : l'odeur du poisson frais, les gestes précis pour tirer les bateaux, les conversations en euskara qui se mêlent au bruit des vagues. Difficile de trouver ça à Mykonos.

La terrasse, les vagues, et l'art d'être au bon endroit

Le temps semble suspendu dans cette station balnéaire à échelle humaine, où les maisons traditionnelles basques aux façades blanches et aux colombages colorés s'étagent harmonieusement sur les collines verdoyantes qui plongent vers l'océan Atlantique. La grande attraction du village n'est pas un monument : c'est une terrasse. De cet immense balcon sur la mer, à l'ombre des tamaris, le panorama s'étend de Biarritz à Fontarrabie (Hondarribia) et permet d'admirer les surfeurs et les sublimes couchers de soleil, parfois même le rayon vert.

Les plages, elles, méritent qu'on prenne le temps de les distinguer. Contrairement aux grandes plages emblématiques de Biarritz, Guéthary séduit par ses criques plus intimistes. La plage de Cenitz, accessible par un petit sentier, constitue un véritable havre de paix encadré par des falaises imposantes. Au pied de la colline du même nom, site préservé par le Conservatoire du Littoral, cette plage non-surveillée est à l'abri de l'agitation du littoral. Côté nord, la vague de Parlementia et Avalanche attirent les surfeurs du monde entier et la plage des Alcyons est idéale pour pratiquer le paddle. Même en pleine saison estivale, ces espaces préservés garantissent tranquillité et intimité.

Classé en Site Patrimonial Remarquable, Guéthary entretient la tradition basque dans tous les domaines : préservation des valeurs architecturales, pelote et surf, danses et chants basques, musique classique dans son bijou d'église du seizième siècle, fêtes traditionnelles tout au long de l'année. La pelote se joue au fronton, le soir, devant des habitants qui ne jouent pas pour les touristes. On peut regarder. On peut s'asseoir sur le muret. On peut ne rien faire d'autre que d'être là.

Ce qu'on mange, ce qu'on boit, et ce qu'on ne trouve pas ailleurs

La scène gastronomique de Guéthary surprend par sa diversité et sa qualité. De la simple grillade de poisson du jour aux restaurants revisitant le patrimoine culinaire basque, chaque établissement valorise les produits locaux. Les chipirons cuisinés à l'encre, le merlu koskera et l'axoa, ce ragoût de veau parfumé au piment d'Espelette, racontent l'histoire d'un terroir entre mer et montagne. Le txakoli, vin blanc légèrement pétillant produit de l'autre côté de la frontière espagnole, accompagne parfaitement ces saveurs puissantes et authentiques.

Côté architecture, dans les années 1920-1930, l'Art déco est arrivé à Guéthary, porté par l'architecte Joseph Hiriart, théoricien du style néo-basque. La passerelle inaugurée en 1927, en même temps que l'Hôtel Casino, illustre parfaitement ce mariage entre modernité et tradition basque. Ce mélange unique entre colombages traditionnels et lignes Art déco donne au village un caractère singulier : on n'est ni dans la carte postale folklorique ni dans la station balnéaire formatée. Guéthary est classé en site patrimonial remarquable, ce qui encadre strictement toute construction ou rénovation.

L'office de tourisme organise des visites commentées du village sur le thème "Des matelots à l'Art Déco", permettant de découvrir l'histoire maritime et l'architecture variée de Guéthary. Une heure trente de promenade guidée qui vaut largement n'importe quel musée climatisé.

Pourquoi Guéthary tient mieux que la Grèce la comparaison

Le raisonnement n'est pas chauvin. La Grèce est splendide. Mais la Grèce coûte cher, fatigue en avion, déçoit parfois sur la question des foules. Guéthary, à vingt minutes de Biarritz par la nationale, offre quelque chose que les îles grecques ont largement perdu : une station balnéaire à taille humaine où tradition et modernité cohabitent harmonieusement. Dès l'arrivée à Guéthary, l'atmosphère détendue contraste immédiatement avec l'effervescence de Biarritz. Ici, point de foules compactes se pressant sur les plages ou dans les rues commerçantes.

La lumière, aussi. Depuis la terrasse de Guéthary, le regard embrasse toute la côte basque dans une lumière changeante. Cette lumière atlantique, dorée à sept heures du soir, qui fait vibrer les facades blanches et transforme l'océan en bronze liquide, n'a rien à envier aux couchers de soleil sur l'Égée.

Ce n'est pas anodin si le village compte plus de 50% de résidences secondaires. Les gens qui y reviennent chaque été ne le font pas par habitude paresseuse. Ils le font parce qu'ils ont comparé, parce qu'ils ont voyagé, et parce qu'ils ont fini par comprendre que certains endroits, rares, donnent exactement ce qu'ils promettent, sans surenchère, sans déception. La gare de Guéthary offre même des correspondances vers Hendaye, Bayonne et Bordeaux, rendant le village accessible en train depuis Paris sans prendre l'avion. Un détail qui, ces dernières années, compte de plus en plus pour ceux qui voyagent avec conscience.

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