Le samedi matin au supermarché : foule, rayons vides et prix gonflés. De plus en plus de Français ont compris que changer de jour de courses pouvait économiser jusqu’à 1 000€ annuels. Le mercredi matin s’impose comme la nouvelle stratégie des consommateurs avertis.
Pourquoi de plus en plus de Français évitent de faire leurs courses le samedi

Le samedi matin au supermarché. Des chariots qui se percutent dans les allées, des caisses bloquées sur vingt personnes, des rayons de produits frais à moitié vides à 11h30. Ce tableau, des millions de Français le connaissent par cœur, et de plus en plus d'entre eux ont décidé de ne plus le subir.
Ce basculement n'est pas anodin. Les courses alimentaires coûtent aujourd'hui environ 25 % plus cher qu'en 2021, et dans ce contexte, 68 % des consommateurs ont modifié leurs habitudes de courses, notamment en rationalisant leurs achats et en recherchant systématiquement les promotions. Choisir son jour de courses n'est plus une question de confort : c'est devenu une décision financière.
À retenir
- Les prix grimpent jusqu'à 15 % le samedi : découvrez le secret des supermarchés
- Un jour de la semaine concentre toutes les meilleures promotions : lequel ?
- Comment transformer un simple changement d'habitude en économie de quatre chiffres par an
Le samedi, un jour qui coûte cher à tous les niveaux
Le vendredi après-midi et le samedi matin sont à éviter si l'on souhaite éviter la foule, les files d'attente et les rayons vides. Mais au-delà de l'inconfort, il y a une réalité moins souvent évoquée : faire ses courses le samedi, c'est souvent payer plus cher pour moins bien.
Les prix peuvent grimper jusqu'à 15 % en fin de semaine, notamment en raison des coûts supplémentaires liés au travail dominical et des majorations de salaires pour les heures supplémentaires. Le samedi capte le gros de l'affluence hebdomadaire, ce qui signifie que les enseignes n'ont aucune raison commerciale de faire des efforts tarifaires ce jour-là. Les promotions sont ailleurs, et les rayons de produits frais, eux, ont été pillés depuis le vendredi soir.
L'aspect psychologique est réel. Le vendredi et le samedi sont les jours les plus fatigants pour faire ses courses ; moins d'attente, moins de bruit, moins de précipitation contribuent à rendre le moment plus supportable. Parcourir les rayons en toute sérénité permet aussi de limiter les achats "stress", ces articles glissés machinalement dans le chariot sous l'effet de la pression ambiante, qui gonflent l'addition sans que l'on s'en aperçoive vraiment.
Le mercredi matin : la stratégie de ceux qui ont compris
Ma voisine retraitée ne fait ses courses qu'une fois par semaine, le mercredi matin. Elle m'a montré la différence sur son ticket de caisse : des promotions fraîches, des rayons bien garnis, et une tranquillité qui lui permet de comparer les prix au kilo sans se sentir bousculée. Ce n'est pas un hasard.
Le mercredi est le jour de lancement traditionnel des nouveaux prospectus chez Leclerc, Carrefour et leurs concurrents. Le mercredi et le jeudi marquent généralement l'arrivée de nouvelles promotions, la stratégie mise en place par de nombreux supermarchés consistant à attirer les clients avec de nouvelles remises. Résultat : le consommateur qui se présente le mercredi matin a accès à des offres que le client du samedi ne verra plus, les stocks promotionnels étant souvent épuisés avant le week-end.
Chaque enseigne a ses jours clés : Leclerc concentre ses avantages sur le mercredi et le vendredi, Magasins U sur le mardi et le mercredi, Lidl sur le mercredi. Lidl, connu pour ses promotions ciblées, concentre ses meilleures offres le mercredi : c'est ce jour-là que sortent souvent les produits phares, fromages, viandes ou articles saisonniers. le mercredi n'est pas un choix par défaut, c'est le jour où la grande distribution décide de séduire.
Un détail que beaucoup ignorent : selon l'étude "L'euro du panier" publiée en 2025, les produits frais représentent entre 40 et 45 % des dépenses alimentaires totales d'un foyer, et c'est précisément sur ce poste que les remises de fin de semaine tardive sont les plus importantes, en ciblant les bons créneaux avec régularité, un foyer peut économiser entre 15 et 20 euros par semaine. Sur une année complète, cela représente un gain pouvant avoisiner les 1 000 euros.
La liberté de l'agenda : l'atout des retraités actifs
Ceux qui ont la flexibilité de l'agenda, retraités, indépendants, personnes à temps partiel, détiennent un avantage considérable que peu valorisent pleinement. Choisir les jours creux ne permet pas seulement de gagner en tranquillité : cela peut aussi être utile pour faire quelques économies, certaines enseignes proposant des offres ponctuelles ou des remises spéciales sur des horaires moins chargés.
Pour ceux qui ne peuvent pas se permettre le mercredi, les jours les plus calmes et agréables pour faire ses courses sont le lundi, le mardi et le jeudi, ces journées sont moins fréquentées, offrent des rayons bien approvisionnés et une ambiance plus tranquille. En parcourant les rayons le lundi, l'expérience client s'en trouve augmentée du fait d'une affluence moindre, aussi bien en magasin qu'aux caisses, et les rayons sont normalement plus garnis après le réapprovisionnement du week-end.
Sur la question des horaires, l'affluence est plutôt modérée entre 13h et 16h ; entre 16h et 19h, elle est encore moindre dans les supermarchés, cette dernière plage horaire étant la plus calme. Une simple recherche Google Maps sur votre supermarché habituel affiche d'ailleurs en temps réel les courbes d'affluence par heure et par jour : l'astuce est de taper son nom avec sa localisation, et sur la page des résultats, vous retrouvez directement les heures d'affluence à l'aide d'un graphique.
Une habitude qui change la manière de consommer
Reprogrammer ses courses en semaine, c'est aussi changer son rapport à l'acte d'achat. Pour préserver leur alimentation tout en limitant les dépenses, 76 % des Français établissent désormais une liste de courses avant de se rendre en magasin, et 51 % se fixent un budget mensuel dédié à l'alimentation, qui s'établit en moyenne à 392 euros. Ces comportements, typiques des personnes qui planifient leurs courses en semaine, permettent d'éviter les rayons dans un état d'esprit de "survie", ce que produit immanquablement le samedi bondé.
Les promotions en supermarché jouent souvent sur le conditionnement : un produit affiché "-30 %" peut rester plus cher au kilo qu'un concurrent non remisé. Cette vérification, qui demande trente secondes et un peu de calme, est quasi impossible un samedi matin quand trois personnes attendent derrière vous dans le même rayon. En semaine, dans un magasin à moitié vide, elle devient un réflexe naturel. Les denrées proches de leur date limite de consommation échappent totalement au plafond légal de promotion, les produits estampillés "date courte" ne sont soumis à aucune restriction de remise, ce qui ouvre des opportunités réelles pour les courses de milieu de semaine, quand ces étiquettes ont eu le temps d'être posées sur les rayons.
Le mouvement est documenté au-delà des témoignages. En ce début d'année 2026, près de 6 Français sur 10 estiment que leur pouvoir d'achat a baissé ces derniers mois, et cette pression durable sur le budget alimentaire transforme chaque choix de planning en décision stratégique. Déprogrammer le samedi de son agenda de courses n'est pas un sacrifice : c'est l'un des rares arbitrages qui ne coûte rien et rapporte immédiatement.
Sources : lesdechargeurs.fr | comment-economiser.fr
