« On y est allé pour fuir les 38 °C de la Croatie » : ce pays voisin à quelques heures qui offre 24 °C et des gorges turquoise

Saturée par les touristes et écrasée de chaleur, la Croatie pousse les voyageurs à regarder vers l’est. La Bosnie-Herzégovine, à quelques heures de route, offre une alternative oubliée : des cascades turquoise, des températures respirables et des prix qui n’ont rien à voir avec la Côte d’Azur.

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Par L'équipe JDS

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La Croatie suffoque. 38 °C à Split en juillet, les ruelles de Dubrovnik limitant le nombre d'entrées quotidiennes, les prix des hébergements côtiers qui ont rejoint ceux de la Côte d'Azur : face à une Croatie saturée, où Dubrovnik durcit l'accès à sa vieille ville et où les prix ont rejoint ceux de la Côte d'Azur, une évidence s'impose à ceux qui regardent la carte un peu plus à l'est. La Bosnie-Herzégovine, à quelques heures de route, propose autre chose, les rivières Una, Neretva et Drina offrent parmi les plus beaux paysages d'eau turquoise d'Europe — et des températures qui respirent.

À retenir

  • Pourquoi les voyageurs abandonnent massivement la Croatie cet été ?
  • Quel pays européen reste vierge de tourisme de masse avec des paysages comparables ?
  • Comment visiter les plus belles cascades d'Europe sans files d'attente ni prix d'Occident ?

Quelques degrés de moins, quelques siècles en plus

La Bosnie-Herzégovine jouit de plusieurs climats selon ses régions. Dans le sud du pays, près de Mostar, le climat est méditerranéen, avec des températures douces en hiver et très chaudes en été. L'intérieur du pays étant assez montagneux, le climat est davantage continental. Les étés peuvent être chauds, avec des températures entre 20 et 26 °C, pouvant monter jusqu'à 35 °C. : loin de la fournaise littorale croate, les gorges et les vallées intérieures se maintiennent dans une fourchette très confortable.

Juin et septembre sont d'excellents compromis pour explorer la Bosnie-Herzégovine en évitant la foule, tout en profitant d'un climat encore très favorable et de prix modérés. Pour ceux dont l'agenda est flexible, et c'est souvent le cas après 55 ans, c'est une fenêtre à saisir sans hésiter. Mais même en juillet, les zones de montagne jouent leur rôle de régulateur naturel : les températures varient entre 25 et 35 °C, mais restent agréables grâce à la présence de lacs, de rivières et de montagnes. Les températures peuvent être plus fraîches dans les régions montagneuses.

Le pays partage avec la Croatie ses eaux vert-bleu, ses falaises calcaires, ses odeurs de pin. Mais il y ajoute quelque chose que la Dalmatie a depuis longtemps perdu : l'absence de cohue. Le tourisme de masse n'a pas encore envahi la Bosnie, à l'exception peut-être du vieux Mostar en haute saison. On peut encore explorer des sites historiques sans foule, dormir chez l'habitant dans des maisons traditionnelles et goûter une cuisine sincère à des prix honnêtes.

Les cascades de Kravice : l'anti-Plitvice

Tout voyageur revenant de Bosnie cite les mêmes gorges et les mêmes chutes d'eau. Les cascades de Kravice sont des cascades de 120 mètres de large d'un exotisme absolu, où les falaises accidentées recouvertes de mousse laissent passer des rideaux d'eau transparente dans un désordre divin. L'image rappelle, sans le prix d'entrée ni les files d'attente, les lacs de Plitvice croates. Les chutes de Kravica sont réputées pour leur bassin propice à la baignade sous des embruns vivifiants. Il est également possible d'y camper ou d'explorer la rivière Trebižat en canoë.

Plus au nord, pour un peu plus de quiétude, on peut aussi se tourner vers les cascades qui ponctuent le parc national de la Una. Le parc est souvent comparé à celui de Plitvice, bien que légèrement moins impressionnant, il mérite néanmoins une visite. Deux sites, deux atmosphères, une seule constante : une eau d'un bleu-vert qui n'a rien à envier à l'Adriatique.

La base logique pour rayonner reste Mostar. Autour de Mostar, on trouve une multitude de sites intéressants : les chutes de Kravice pour une pause fraîcheur, le magnifique village de pierres de Počitelj et l'étonnante "Dervish house" de Blagaj. Une journée suffit pour boucler ce triangle, à condition d'avoir une voiture, si vous voulez vous déplacer un peu autour des villes ou vous rendre de Sarajevo à Mostar, une voiture sera donc vitale. La conduite en Bosnie est facile, les routes sont assez peu fréquentées.

Le budget : l'autre bonne surprise

La Bosnie est l'une des destinations les moins chères d'Europe. Un repas complet dans un bon restaurant coûte 5 à 10 euros, une nuit en hôtel confort 30 à 60 euros. Pour des voyageurs habitués aux prix d'Europe occidentale, c'est une véritable aubaine. À titre de comparaison, une nuit équivalente à Dubrovnik en juillet dépasse facilement 150 euros dans les établissements de milieu de gamme.

Pour y accéder depuis Paris, depuis avril 2026, Transavia France relie Paris-Orly à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. Les itinéraires les plus courts de Paris vers Sarajevo prennent 2h 55min. Une fois sur place, la monnaie est le mark bosnien, mais la monnaie est le mark bosnien (BAM). 1 euro vaut environ 1,95 BAM. Les euros sont parfois acceptés mais il vaut mieux changer son argent. Quant aux formalités, elles sont inexistantes : les ressortissants français n'ont pas besoin de visa pour la Bosnie-Herzégovine. Un séjour de 90 jours maximum sans visa est autorisé. Le passeport ou la carte d'identité valide suffit.

Une précaution reste de mise en montagne : il faut rester sur les sentiers balisés car des mines antipersonnel subsistent dans certaines zones rurales reculées depuis la guerre de 1992-1995. Les sites touristiques eux-mêmes sont parfaitement sécurisés depuis des années, et la Bosnie est une destination sûre. Les grandes villes comme Sarajevo et Mostar sont tranquilles pour les voyageurs.

Sarajevo, en prime

Partir pour les gorges et repartir sans voir Sarajevo serait une erreur. La capitale cumule une stratification historique unique en Europe : architecture ottomane, empreintes austro-hongroises, traces récentes d'un siège qui a duré presque quatre ans. La Bosnie-Herzégovine est l'une de ces destinations qui marquent à vie. Sa complexité historique, sa beauté naturelle brute et la chaleur légendaire de ses habitants en font un pays qui mérite largement d'être découvert.

Pour ceux qui souhaitent prolonger l'aventure vers le littoral, avec Kotor ou Budva en point de chute —, il suffit de deux heures de route pour quitter la mer et basculer dans un autre monde. Le parc national du Durmitor, inscrit à l'UNESCO, aligne 48 sommets au-delà de 2 000 mètres, 18 lacs glaciaires et la deuxième gorge la plus profonde du monde, celle de la Tara. On y descend en rafting dans des eaux couleur émeraude, entre des parois qui plongent de 1 300 mètres. Un itinéraire Sarajevo, Mostar, Kravice, puis Monténégro tient en dix jours confortables et se conduit sans jamais forcer l'allure, ce qui, pour un voyage réussi, reste la meilleure définition du luxe.

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