Chaque été, c'est la même chose sur la Côte d'Azur : serviettes collées les unes aux autres, parkings saturés dès neuf heures, eau à peine rafraîchissante en pleine chaleur. Pourtant, à moins d'une heure et demie de Nice, un tout autre décor attend les vacanciers. Le Parc national du Mercantour, avec ses lacs d'altitude, ses marmottes et ses sentiers ombragés, offre une échappée que beaucoup d'habitués du littoral ignorent encore. Récit d'une découverte qui change la façon de voir la région.
Quand la foule des plages pousse à lever les yeux vers les sommets
Des années de fidélité aux galets niçois, aux criques d'Antibes, aux plages de Sainte-Maxime. Et puis un jour, la lassitude s'installe : trop de monde, trop de bruit, trop de chaleur. En plein cœur de l'été, trouver deux mètres carrés de sable libre relève de l'exploit sur certaines portions du littoral azuréen. C'est souvent un habitant du coin qui glisse le bon conseil, presque à contrecœur : « Montez dans la Vésubie, vous verrez ». Depuis la Promenade des Anglais, il suffit de tourner le dos à la mer et de suivre la route qui grimpe vers Saint-Martin-Vésubie, l'une des portes d'entrée du parc. En chemin, le thermomètre perd plusieurs degrés, les lacets remplacent les embouteillages, et les villages perchés défilent comme autant de promesses.
Le Mercantour, un shot de fraîcheur et de nature à une heure de Nice
Créé en 1979, le Parc national du Mercantour déroule environ 600 km de sentiers balisés à travers sept vallées et 28 villages perchés, adossés à la frontière italienne. Le contraste avec le bord de mer saisit dès les premiers pas : mélèzes, torrents glacés, cirques granitiques de la vallée de la Gordolasque et, en toile de fond, le Mont Gélas et ses 3 143 mètres, point culminant des Alpes-Maritimes. Les chamois se laissent observer au détour d'un vallon, les marmottes sifflent à l'approche des marcheurs, et les plus chanceux aperçoivent un aigle royal. Une cinquantaine de loups vivent aussi dans le massif depuis les années 1990 ; pour les voir à coup sûr, le Parc Alpha, près de Saint-Martin-Vésubie, les présente en grands enclos, sur réservation. Bon à savoir pour les budgets serrés : l'entrée du parc national est entièrement gratuite, seuls les refuges et les gîtes sont payants.
Ce que la montagne offre et que la mer ne donnera jamais
La plage impose son rythme : arriver tôt, subir la chaleur, repartir fatigué. La montagne, elle, laisse le choix. Une balade familiale vers un lac, une montée plus sportive vers un col, ou la célèbre Vallée des Merveilles, classée Monument historique pour ses gravures rupestres de l'âge du Bronze, à découvrir de préférence avec un accompagnateur. Le silence, d'abord déconcertant après le brouhaha du littoral, devient vite le vrai luxe du séjour. Sous les pieds, plus de 2 000 espèces de plantes à fleurs, dont des raretés comme l'edelweiss ou le lys martagon. Quelques précautions s'imposent tout de même : de bonnes chaussures, de l'eau en quantité, un vêtement chaud même en été, et le respect strict de la réglementation, le camping sauvage étant très encadré dans le cœur du parc. Pour les seniors habitués aux terrains plats, les vallées offrent de nombreux itinéraires doux, sans dénivelé excessif.
La Côte d'Azur ne se résume pas à son rivage, aussi beau soit-il. À quelques kilomètres des plages bondées, le Mercantour propose de la fraîcheur, de l'espace et une nature préservée, sans dépenser un centime pour y accéder. La mer restera toujours là, fidèle au rendez-vous. Mais une fois goûtée la quiétude d'un lac d'altitude en plein mois de juillet, difficile de regarder sa serviette de plage avec les mêmes yeux. Et si les plus belles vacances azuréennes se jouaient finalement au-dessus de 1 500 mètres ?

