On ne va pas se mentir : poser sa serviette sur le sable de la Côte d'Azur en juillet ou en août relève parfois du parcours du combattant. D'un côté, des plages publiques tellement bondées dès 9 heures du matin qu'on finit par partager l'intimité de ses voisins de serviette. De l'autre, des établissements privés qui affichent des tarifs lunaires : comptez facilement 40 à 60 euros la journée pour un matelas à Juan-les-Pins, et jusqu'à 80 euros sur la Croisette à Cannes.
Pourtant, il existe un juste milieu pour passer une journée au calme sans voir son budget vacances s'évaporer en huit heures de bronzage. Des chaises longues confortables à moins de 15 euros par jour, ça existe encore, à condition de savoir à quelle porte frapper.
La parade des transats municipaux
Pour contrer la privatisation du littoral, plusieurs communes de la côte ont monté leurs propres structures sur le sable. Ce sont les plages en régie municipale. Le principe ? Le confort du privé, mais au tarif du service public.
À Cannes, la plage Zamenhof (située face au Martinez) propose ainsi une formule imbattable : 9 euros la journée pour la chaise longue et 8 euros pour le parasol. Le site est propre, surveillé, équipé de douches et de cabines. Les mairies d'Antibes et de Juan-les-Pins font la même chose sur les plages Lutétia et Square Gould, avec des matelas qui tournent autour de 10 à 13 euros la journée.
La seule contrepartie de ces bons plans, c'est le succès. Pour obtenir son ticket, il faut impérativement anticiper et réserver sa place sur les billetteries en ligne des mairies concernées. Les places partent vite.
Rappel de droit : le sable n'appartient à personne
Face à un plagiste un peu trop zélé qui vous demande de déguerpir, il est toujours bon de connaître ses droits. En France, la loi Littoral de 1986 rappelle qu’aucune plage n’est privée. Le rivage de la mer fait partie du domaine public, il est inaliénable.
Concrètement, les restaurateurs louent le matériel, mais ils ne possèdent pas la plage. Ils n’ont absolument pas le droit de vous interdire l’accès à la mer, ni de vous empêcher de poser votre serviette sur la bande de sable de quelques mètres qui reste libre le long de l'eau (le cheminement obligatoire). De plus, l’affichage des prix à l'entrée est obligatoire. Si vous décidez de vous offrir un extra dans le privé, lisez le panneau avant de vous installer pour éviter les mauvaises surprises au moment de l'addition.
En pratique : comment s'organiser ?
Si vous visez la gratuité totale sur les portions publiques, il n'y a pas de miracle : il faut être matinal. À Nice ou à Cannes, le sable se couvre de parasols dès 9h30. Pour les petites criques rocheuses de l’Estérel ou du Cap d'Antibes, la vraie bataille se joue sur le stationnement : passé 9 heures, trouver une place de parking relève de la chance pure.
Pour ceux qui n'aiment pas les réveils qui sonnent pendant les vacances, la meilleure option reste de décaler son séjour. En juin ou en septembre, l’eau est excellente, la foule est repartie et la plupart des plagistes privés baissent d'ailleurs leurs prix de 20 % à 30 %. Une bonne manière de profiter de la Côte d'Azur à son rythme, et au juste prix.

