J’ai passé une semaine à Miami quand les Français n’y restent que trois jours : voici ce qu’ils ne voient jamais

Femme Souriante En Lunettes De Soleil
Par Joanie C

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À Miami, c’est presque la règle. On commence par un cafecito, ce petit café cubain, noir, très sucré, avalé debout au comptoir avant que la journée ne parte dans tous les sens. Quelques gorgées à peine. C'est rapide. Presque expéditif.

Si le cafecito est fait pour être bu rapidement, ce n'est pas le cas de Miami. Pourtant, les voyageurs français n'y restent en moyenne que trois jours. Le temps d'aligner les incontournables, de longer Ocean Drive, de poser sa serviette sur South Beach, avant de reprendre la route vers les Keys, les Everglades ou Orlando.

Et c'est bien dommage car, plus on lui accorde du temps, plus elle se dévoile. Derrière les façades Art déco se cachent des quartiers cubains et haïtiens, d'anciennes friches transformées en galeries à ciel ouvert, des jardins à l'italienne, des musées éclectiques ou encore un parc récemment installé sous une ligne de métro aérien.

Il suffit parfois de quelques minutes pour changer complètement d'ambiance. Les langues changent, les odeurs aussi, on passe d'un quartier à l'autre comme on changerait de pays. C'est cette mosaïque qui fait tout le charme de Miami. Et qui explique pourquoi trois jours passent, finalement, beaucoup trop vite.

En trois jours, on découvre Miami. En une semaine, on la comprend

Pour la majorité des Français, Miami reste une étape. On y atterrit, on profite de quelques jours au soleil, puis on prend la route pour le reste de la Floride. Une parenthèse avant un road-trip. Sauf que, depuis quelques années, Miami est devenue une destination à part entière.

Il suffit de quitter le front de mer pour s'en rendre compte. Les plages sont toujours là, bien sûr. Mais elles ne suffisent plus. L'art s'invite dans les rues, le design transforme des quartiers entiers, les musées rivalisent d'audace et les communautés cubaine, haïtienne ou portoricaine continuent de façonner l'identité de la ville.

Le meilleur moyen de comprendre ce Miami-là ? Accepter de se laisser guider.

Une visite guidée n'est pas forcément la première chose à laquelle on pense en arrivant. Et pourtant, sans quelques explications, difficile d'imaginer que les hôtels Art déco de South Beach ont bien failli disparaître ou que Wynwood, aujourd'hui couvert de fresques, n'était encore qu'un quartier d'entrepôts il y a quelques décennies.

Pendant ce voyage, plusieurs guides nous ont fait découvrir un Miami bien différent de celui que l'on aperçoit depuis Ocean Drive.

Avec Miami Off Road, les façades Art déco prennent une autre dimension. Les courbes, les hublots, les couleurs pastel ou les influences égyptiennes ne sont plus de simples détails esthétiques. Chaque bâtiment raconte une époque où Miami Beach incarnait le rêve de la modernité. La visite (en français, s'il vous plait !) permet aussi de mieux comprendre l'évolution de la ville, notamment celle du Design District, passé en quelques décennies d'un quartier consacré au mobilier à l'une des adresses les plus créatives de Miami.

Pour ceux qui préfèrent une approche plus classique, la Miami Design Preservation League propose des visites guidées Art Deco. Le guide vous révèlera ce qui se cache derrière les cartes postales d'Ocean Drive, un patrimoine sauvé de la démolition grâce à la mobilisation de locaux et d'architectes dans les années 1970. Une histoire que l'on ne soupçonne pas toujours en admirant ces hôtels colorés.

À Little Havana, les visites proposées par Key2MIA racontent davantage la vie de tous les jours de ce quartier emblématique. La Calle Ocho est l'emplacement idéal pour en savoir plus sur cet art de vivre à la cubaine. Les cigares roulés à la main au Little Havana Social Club, les parties de dominos au Domino Park, les rythmes de salsa qui s'échappent du Ball & Chain, les vitrines débordant de sucreries cubaines telles que chez Azucar Ice Cream ou encore les quelques pas de danse latine enseignés chez Miami Baila Dance Studio... Chaque halte rappelle que ce quartier reste avant tout un lieu de vie où plusieurs générations continuent de faire vivre leurs traditions.

Même immersion à Little Haiti, où Tap Tap Tours invite à ralentir le rythme. Ici, on prend le temps de discuter avec les habitants, de goûter un verre de kremas, cette liqueur crémeuse parfumée à la cannelle et à la noix de muscade, ou de croquer dans un patty, ce petit chausson épicé typique de la cuisine haïtienne. Une autre ambiance, une autre langue, une autre histoire... et pourtant, toujours Miami.

Et pour changer complètement de perspective, il suffit de monter à bord d'un bateau.

Le Miami River Boat Tour offre un point de vue que peu de visiteurs prennent le temps de découvrir. Depuis la rivière, les tours de Brickell dominent le paysage, les yachts croisent les cargos et les ponts se lèvent au passage des bateaux. On découvre alors un Miami plus contrasté, à la fois moderne, industriel et intimement lié à l’eau.

Toutes ces visites conduisent à la même conclusion. Miami ne se découvre pas en cochant une liste de lieux incontournables. Elle se comprend en prenant le temps d'écouter ceux qui la racontent, de traverser ses quartiers, d'observer son architecture et de multiplier les points de vue.

C'est sans doute la meilleure raison d'y rester quelques jours de plus.

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Source: DR

Miami, la ville où l'art ne se cantonne pas aux musées

On vous l'accorde, on n'associe pas forcément Miami à sa scène artistique. En tout cas, pas au départ.
On vient pour le soleil, la plage, parfois le shopping. C'est pourtant une belle surprise si on lui laisse sa place.

Le premier déclic s'appelle Wynwood.
Il suffit de lever les yeux. Les murs sont partout. Sur d'anciens entrepôts, sur des façades anonymes, sur des bâtiments que l'on aurait traversés sans leur accorder un regard il y a encore quelques années. Le quartier a longtemps traîné une réputation difficile. Aujourd'hui, il est devenu l'un des plus photographiés de Miami.

Les Wynwood Walls, ouvertes en 2009, ont largement participé à cette transformation. Mais le plus agréable, finalement, reste de sortir du parcours principal. Les fresques continuent bien au-delà, au détour d'une rue ou d'un café. On ne sait jamais vraiment où regarder. Et c'est précisément ce qui fait le charme du quartier.

Puis vient le Design District.
Là encore, la surprise est ailleurs. Bien sûr, les grandes maisons de luxe sont présentes. Mais ce n'est pas ce qui retient l'attention en premier. Le regard s'arrête plutôt sur les bâtiments. Ici, un magasin habillé de liège. Là, une façade qui ne ressemble à aucune autre. Craig Robins, le promoteur à l'origine du quartier, a laissé une liberté presque totale aux architectes. Résultat, on avance davantage comme dans une galerie d'architecture que dans une rue commerçante.

Le plus étonnant ? C'est peut-être un parking.
Le Museum Garage ne cherche même pas à cacher sa fonction. Il assume d'être un parking... mais un parking imaginé par plusieurs architectes qui ignoraient à quoi ressemblerait le travail de leurs collègues. Un immense cadavre exquis posé au milieu des boutiques de luxe. Il fallait oser.

À quelques kilomètres seulement du Design District, le musée Vizcaya et ses jardins donnent l'impression d'avoir quitté la Floride. Construite au début du XXe siècle pour l'industriel James Deering, cette villa inspirée de la Renaissance italienne s'avance sur la baie, entourée de jardins, fontaines et sculptures. La balade y est agréable, on s'y laisse surprendre le temps d'une paire d'heures.

Cette même liberté se retrouve dans les musées.

Le Pérez Art Museum Miami (PAMM), posé face à la baie de Biscayne, attire autant pour son architecture que pour ses collections consacrées aux artistes des Amériques, des Caraïbes et d'Afrique. Avant même d'en pousser les portes, le bâtiment donne le ton. Suspendues au-dessus de l'eau, ses terrasses végétalisées invitent à ralentir le rythme, entre œuvres contemporaines et panorama sur la skyline de Miami. Impossible de ne pas s'attarder quelques minutes sur la terrasse avant de poursuivre la visite.

À quelques kilomètres de là, The Bass propose une expérience très différente. Installé dans un ancien bâtiment Art déco de Miami Beach, le musée mise sur des expositions temporaires souvent surprenantes, où installations monumentales, photographie, vidéo ou sculptures contemporaines se côtoient. On y entre parfois par curiosité, on en ressort souvent avec une œuvre ou une idée qui continue de trotter dans la tête.

Deux musées, deux ambiances, mais une même envie de rendre l'art accessible, sans jamais l'enfermer dans un cadre trop classique.

Et lorsque l'on pense avoir fait le tour de la question, Miami trouve encore le moyen de surprendre. L'art ne s'exprime pas seulement dans les rues, les bâtiments ou les musées. À la tombée de la nuit, il monte aussi sur scène. Direction le théâtre Faena.

Rideau rouge, lumière tamisée, quelques notes de musique... puis OBSESSION commence. Difficile de mettre une étiquette sur ce spectacle. Cabaret ? Performance ? Danse ? Un peu de tout à la fois. Pendant une heure et demie, les acrobates succèdent aux chanteurs, les danseurs croisent les musiciens, le tout dans une mise en scène qui ne laisse guère le temps de reprendre son souffle.

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OBSESSIONSource: DR
OBSESSION

The Underline, le visage du Miami de demain

Il suffit de quitter les quartiers les plus connus pour comprendre que Miami continue de se transformer. Sous les rails aériens du Metrorail, The Underline en est sans doute la meilleure illustration. Ce projet transforme progressivement plus de 16 kilomètres d'espaces longtemps délaissés en une longue promenade végétalisée. À l'origine de cette métamorphose, Meg Daly, une habitante de Miami convaincue que ces lieux oubliés pouvaient devenir bien plus que de simples passages.

Aujourd'hui, les premiers tronçons donnent déjà un bel aperçu de cette transformation. On y croise des joggeurs, des familles à vélo, des œuvres d'art, des jardins, des équipements sportifs et des locaux venus simplement profiter d'un espace devenu un véritable lieu de vie. Plus qu'une promenade, The Underline relie des quartiers qui se côtoyaient sans vraiment se rencontrer.

Transformer un espace oublié en lieu de vie. Difficile d'imaginer meilleure illustration de ce qu'est devenue Miami. Une ville qui continue d'évoluer, souvent là où on ne l'attend pas.

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Source: DR

Nos bonnes adresses

Où dormir ?

Hyatt Regency Miami
Le Hyatt Regency ne cherche pas à jouer les hôtels de charme. Son principal atout, c'est son emplacement, au bord de la Miami River, à deux pas de Brickell. Une adresse pratique pour explorer Downtown et rayonner facilement dans toute la ville.

The Palms Hotel & Spa
Pour un séjour plus tourné vers la détente, difficile de faire mieux. Installé directement sur Miami Beach, The Palms séduit par sa piscine qui se fond dans un jardin tropical et son accès direct à la plage. Une adresse qui cultive une atmosphère plus paisible que les hôtels animés de South Beach.

Où manger ?

Sexy Fish
Impossible de rester indifférent. Le décor est surprenant (jusqu'aux toilettes !), la cuisine japonaise soignée et l'ambiance monte rapidement d'un cran le soir. Une adresse où l'on vient autant pour l'expérience que pour l'assiette.

Claudie
Claudie fait souffler un vent de Méditerranée sur Brickell. Sa terrasse, sa grande fontaine, son ambiance à la française... Une belle adresse pour bien plus qu'un simple dîner français.

Kiki on the River
Au bord de la Miami River, Kiki propose une cuisine grecque, un coucher de soleil sur l'eau et la musique qui prend progressivement le relais : l'adresse résume à elle seule l'art de vivre version Miami.

Los Fuegos
Situé au sein de l'hôtel Faena à Miami Beach, le chef Francis Mallmann célèbre la cuisine argentine et ses cuissons au feu de bois. Les amateurs de viande y trouveront l'une des tables les plus réputées de Miami.

Essensia
Situé au sein de l'hôtel The Palms, Essensia prend le contre-pied des restaurants les plus branchés de Miami Beach. Dans une atmosphère beaucoup plus apaisée, la cuisine met à l'honneur les produits de saison et les saveurs méditerranéennes.

MIA Market
Au cœur du Design District, ce food hall rassemble plusieurs comptoirs où chacun trouve facilement son bonheur. L'endroit idéal pour une pause gourmande entre deux sessions shopping.

Avenue 31 Café
Au milieu des boutiques de luxe du centre commercial Bal Harbour, cette adresse rappelle les cafés italiens où l'on s'attarde volontiers autour d'un espresso, d'une pâtisserie ou d'un brunch.

Nikki Beach
Plus qu'un simple beach club, Nikki Beach est une véritable institution à South Beach. On y croise aussi bien des touristes que des habitués, venus profiter d'un déjeuner, d'un cocktail ou du célèbre brunch du dimanche.

Rejoindre Miami avec French bee

Bonne nouvelle pour ceux qui rêvent de soleil sans multiplier les escales : French bee relie Paris-Orly à Miami en vol direct.

La compagnie française, spécialisée dans le long-courrier, propose deux classes de voyage à bord de ses Airbus A350. La cabine Economy mise sur un bon rapport qualité-prix, tandis que la cabine Premium offre davantage d'espace, un siège plus confortable et des prestations pensées pour rendre les neuf heures de vol plus agréables. Chacun peut également personnaliser son voyage en ajoutant des options comme les bagages, le choix du siège ou les repas.

Côté tarifs, il faut compter à partir de 696 € TTC aller-retour en Economy et 1 338 € TTC en Premium pendant la saison estivale. En hiver, période particulièrement appréciée pour profiter du climat doux de Miami, les premiers prix débutent à 512 € TTC aller-retour en Economy et 1 541 € TTC en Premium.

Pour aller plus loin, n'hésitez pas à vous procurer le guide Petit Futé Floride qui regorge de bonnes idées pour un voyage complet.

Femme Souriante En Lunettes De Soleil

Rédactrice lifestyle depuis plus de 10 ans, mon terrain de jeu favori, c'est le voyage. Conseils, idées de destinations, bons plans, expériences vécues… J'aime raconter les destinations telles qu'elles sont vraiment.

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