Vous ne savez pas quoi faire ce week-end ? Tentez de battre ce record électrique

Avartar Jules
Par Jules V.

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Un dimanche sans programme préétabli, une voiture électrique à la batterie pleine et l'envie de river son clou au beau-frère resté au diesel : il existe pire idée que d'aller tourner sur le périphérique jusqu'à épuisement des électrons. Depuis 2017 et une Tesla Model S 100D poussée à 710,9 kilomètres par Caradisiac dans sa rubrique« Le périph jusqu'à la panne » l'anneau parisien fait office de banc d'essai officieux pour les amateurs d'écoconduite.

En ce mois de juillet 2026, Lancia s'invite dans la tradition avec sa petite Ypsilon Elettrica, et le résultat a de quoi faire surprendre : 771 kilomètres d'une seule traite, plus de vingt-deux tours, sans le moindre arrêt. Assez pour coiffer la Tesla de 2017 avec une batterie deux fois plus petite. Encore faut-il regarder de près ce que ce chiffre démontre, et ce qu'il arrange.

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Crédit : Lancia

Un anneau plus complaisant qu'il n'y paraît

Le communiqué vend le périphérique comme une épreuve : 35 kilomètres de bitume, un relief haché entre les tranchées au ras de la Seine et les hauteurs de la Porte des Lilas, près de 4 000 mètres de dénivelé positif cumulé sur la durée du record à en croire la marque. Tout cela est exact. Mais pour une électrique, la vitesse pèse bien plus lourd que la pente. À 43 km/h de moyenne, la résistance de l'air devient anecdotique et le freinage régénératif récupère l'essentiel de ce que coûtent les montées. La Tesla de 2017, chronométrée par Caradisiac, tournait à 35 km/h pour exactement la même raison. Résultat, le périph flatte l'efficience d'une électrique bien plus qu'il ne l'éprouve. La preuve par le contraste : l'Ypsilon est homologuée à 425 km WLTP, un chiffre déjà flatteur pour sa catégorie selon la marque. L'anneau parisien lui en a fait avaler près du double.

Une mécanique française sous la robe italienne

L'élégance transalpine, Lancia la met en avant à chaque phrase. Le vrai héros du record est pourtant estampillé France. La chaîne de traction « trois en un » (moteur, onduleur et réducteur) sort des bureaux d'Emotors, coentreprise détenue à parts égales par Stellantis et le français Leroy-Somer, développée à Carrières-sous-Poissy et assemblée à Metz-Trémery. La machine développe 156 chevaux pour 260 Nm de couple. Elle puise dans une batterie de 51 kWh utiles en chimie NMC, l'ensemble pesant 1 486 kg à vide. De quoi relativiser le storytelling 100 % latin.

Côté style, on reste chez Lancia. Le regard à trois faisceaux revisite le calice cher à la marque, quand les feux arrière ronds adressent un clin d'œil à la Stratos. L'habitacle, lui, joue la carte du salon italien autour de son petit tavolino central.

Le tarif magique a une adresse : votre garage

Le coût annoncé donne le vertige tant il est bas, et il n'est pas faux. À condition de le lire jusqu'au bout. Lancia met en avant un cout de 0,82 euro aux 100 kilomètres. Pour y parvenir, la marque se base sur l'un des tarifs nuit les plus bas du marché pour les électriques, celui d'une recharge à domicile en heures creuses avec un abonnement EV. Branchez la même Ypsilon sur une borne publique et la note grimpe à 2-3 euros aux 100 en moyenne. Ajoutez que les 6,2 kWh/100 km relèvent eux aussi du meilleur des cas : en usage réel, loin du périph à 43 km/h, la consommation double sans forcer.

L'argument coût vise donc en plein celui qui en profitera le moins, le citadin sans prise à domicile, très exactement le client d'une petite électrique. On avait déjà croisé ce grand écart au volant du Ford Kuga E85.

Avartar Jules

Biberonné au son du Busso, je compose désormais avec le silence des électrons...

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