J’ai repris un emploi tout en touchant ma retraite pour gonfler ma pension : personne ne m’avait prévenu du plafond qui attendait mes nouvelles cotisations

Un retraité a cru que ses nouvelles cotisations gonfleraient sa pension. Trois ans plus tard, sa seconde pension plafonne à peine 200 euros par mois. La réforme de 2023 promettait monts et merveilles, mais un plafond bien réel attendait les travailleurs retraités.

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Par L'équipe JDS

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Ce retraité a repris une activité pour arrondir ses fins de mois, convaincu que chaque euro cotisé viendrait gonfler sa pension. Trois ans plus tard, la déconvenue est là : sa seconde pension plafonne à quelques dizaines d'euros par mois.

À retenir

  • Une seconde pension acquise en travaillant après la retraite ? Elle est plafonnée à 2 355 € brut par an
  • Vous atteindrez ce maximum en 6 à 7 ans seulement, après quoi cotiser davantage ne vous rapporte plus rien
  • Ce plafond technique, enterré dans un décret de 2023, reste invisible pour la plupart des retraités

Une promesse alléchante, mais mal comprise

Depuis la réforme des retraites de 2023, reprendre un emploi en cumul intégral permet enfin d'acquérir de nouveaux droits. Le cumul emploi retraite permet de reprendre une activité professionnelle après avoir liquidé tous ses droits à retraite, même chez son ancien employeur, avec possibilité d'acquérir de nouveaux droits à retraite.

Avant cette réforme, cotiser après la liquidation de sa pension ne servait strictement à rien pour les droits futurs. Beaucoup de retraités ont donc accueilli ce changement comme une aubaine, sans en mesurer les limites réelles.

Le plafond que personne n'annonce clairement

Le montant de la nouvelle pension est plafonné et ne peut pas dépasser un plafond annuel égal à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 2 355 € brut par an en 2025. En 2026, ce plafond avoisine désormais les 2 400 € par an selon les caisses de retraite.

Ramené au mois, cela représente environ 200 euros bruts. Autant dire une pension d'appoint, pas un second salaire différé comme on pourrait l'imaginer en signant son contrat.

Ce plafond a été fixé par le décret n° 2023-753 du 10 août 2023, qui l'établit à 5 % du montant annuel du PASS. Un texte technique, publié en plein été, qui explique sans doute pourquoi si peu de retraités l'ont vu venir.

Pourquoi le calcul plafonne si vite

Pour un revenu au moins égal à un PASS, le plafond de la seconde pension est atteint au terme de 6 à 7 années de cumul emploi retraite. Passé ce délai, cotiser davantage n'ajoute plus un centime à cette seconde pension.

Le mécanisme est simple sur le papier : la seconde pension est calculée de la même façon que la première, nombre de points acquis multiplié par la valeur du point. Mais le plafond agit comme un couvercle, quel que soit le nombre d'années travaillées ensuite.

Autre déconvenue : après liquidation de cette seconde pension, il ne sera plus possible d'acquérir de nouveaux droits à retraite en cas de reprise d'activité professionnelle. Une fois le compteur figé, il l'est définitivement.

Cumul intégral et cumul plafonné, deux logiques à ne pas confondre

Ce plafond de 5 % du PASS ne concerne que les retraités en cumul intégral, ceux qui ont déjà le taux plein et l'âge requis. Si les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies, il est possible de bénéficier d'un cumul partiel, c'est-à-dire plafonné, avec des règles totalement différentes sur le montant du salaire autorisé.

Dans ce second cas, ce n'est pas la nouvelle pension qui est bridée, mais le cumul entre salaire et pension existante qui peut être écrêté si le total dépasse un seuil. Deux plafonds, deux mécanismes, une confusion fréquente chez les retraités mal informés.

Ce que révèle cette petite pension

Le montant de la nouvelle pension est plafonné et ne peut pas dépasser 2 355 € brut par an en 2025, un chiffre qui interroge sur la portée réelle de la réforme de 2023. L'intention affichée était de récompenser l'allongement de la vie active, mais le résultat concret reste modeste pour qui espérait un vrai complément de revenu.

La seconde pension présente tout de même un avantage méconnu : elle bénéficie du taux plein, sans décote ni surcote. Pas de mauvaise surprise sur ce point précis, contrairement au plafond lui-même.

Se renseigner avant de reprendre un emploi

Avant de signer un contrat en cumul emploi-retraite, mieux vaut demander à sa caisse le montant exact de ce plafond selon sa situation. Certains retraités pensent encore cotiser pour une vraie seconde carrière de droits, alors qu'ils atteignent le maximum dès la sixième ou septième année d'activité.

Reste une question que peu de retraités anticipent : ce plafond, fixé en pourcentage du PASS, évolue chaque année avec la revalorisation de ce dernier. De quoi grappiller quelques euros supplémentaires au fil du temps, sans jamais changer la donne sur le fond.

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