Vous avez remarqué que votre CSG a augmenté alors que votre pension est restée identique ? Ce n’est pas une erreur : c’est un effet de seuil basé sur votre revenu fiscal de référence, pas sur le montant de votre retraite. Comprendre ce mécanisme complexe peut vous aider à vérifier si votre taux est correct.
Votre pension n’a pas bougé d’un euro et le prélèvement a grimpé : le seuil qui fait basculer de 3,8 % à 8,3 %

Votre pension n'a pas augmenté d'un centime entre l'an dernier et cette année. Pourtant, la ligne CSG de votre relevé affiche un chiffre différent. Ce n'est pas une erreur de calcul, c'est un effet de seuil.
La CSG sur les retraites compte quatre taux possibles. En 2026, quatre situations existent : exonération, taux réduit à 3,8%, taux médian à 6,6% ou taux normal à 8,3%. Le passage de l'un à l'autre ne dépend pas de votre pension elle-même, mais d'un chiffre calculé ailleurs.
À retenir
- Votre taux de CSG dépend d'un revenu fiscal calculé il y a deux ans, pas de votre pension actuelle
- Un événement isolé (vente immobilière, retrait d'assurance-vie) peut basculer votre taux sans toucher à votre retraite
- Un saut de 3,8 % à 8,3 % représente 7,4 % à 9,1 % de prélèvement total avec les autres contributions
Le revenu qui décide, ce n'est pas votre pension
Le taux appliqué à votre retraite se fixe sur votre revenu fiscal de référence, pas sur le montant de votre pension. Le critère pris en compte est le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année (revenus 2024 pour le taux de CSG 2026). Autant dire que le taux 2026 se joue sur une photographie fiscale vieille de deux ans.
Résultat concret : une pension inchangée peut basculer de tranche si d'autres revenus du foyer ont bougé. Une vente immobilière, un retrait d'assurance-vie, la pension d'un conjoint qui augmente, tout cela gonfle le revenu fiscal de référence sans toucher au montant de la retraite.
Il est possible que vous changiez de tranche avec un même niveau de revenu, précise l'Assurance retraite elle-même. Les seuils bougent chaque année pour suivre l'inflation, et c'est parfois cela seul qui vous fait glisser d'une case à l'autre.
Les quatre seuils, selon votre nombre de parts
Pour une personne seule, une part fiscale, l'exonération totale s'applique si votre RFR 2024 ne dépasse pas 13 048 €. Au-delà, vous entrez dans le taux réduit, puis le taux médian, puis le taux normal, par paliers successifs.
Pour un couple soumis à imposition commune, deux parts fiscales, la grille change d'échelle. Taux de CSG à 3,80% : de 20 016 à 26 167 euros de RFR ; taux de CSG à 6,60% : de 26 167 à 40 604 euros de RFR. Au-delà de ce dernier montant, c'est le taux normal de 8,3% qui s'applique.
Chaque demi-part supplémentaire (enfant à charge, situation d'invalidité) relève chacun de ces seuils. Chaque demi-part supplémentaire relève les seuils d'un montant fixe : environ 3 484 € pour l'exonération, 4 555 € pour le plafond du taux réduit et 7 066 € pour celui du taux médian. Un couple avec une demi-part de plus n'est donc pas soumis à la même grille qu'un couple standard.
Ces montants ne sont pas figés dans le marbre. Le barème 2026 est revalorisé de 1,8 % par rapport à 2025, ce qui déplace légèrement chaque frontière vers le haut, année après année.
Le lissage, ce garde-fou que presque personne ne connaît
La loi a prévu un amortisseur pour éviter les chocs trop brutaux, mais il ne couvre qu'une partie du parcours. Depuis 2019, la loi prévoit que le passage du taux réduit de CSG de 3,8% au taux de 6,6% ne s'applique qu'en cas de dépassement du seuil pendant deux années de suite. un dépassement isolé du seuil ne suffit pas à faire basculer votre taux.
Ce filet de sécurité a ses limites, et elles surprennent souvent les retraités concernés. Il n'y a pas de lissage si on passe du taux zéro au taux de 3,8% ou du taux de 6,6 au taux de 8,3%. Le saut le plus lourd, celui qui multiplie le taux par plus de deux, se produit donc d'un coup, sans transition.
Un couple à deux parts dont le revenu fiscal franchit ponctuellement un seuil bénéficie parfois d'un répit d'un an. Prenons un exemple standard : leur RFR 2023 était de 24 000 €, leur RFR 2024 était de 28 000 €. En 2026, ils restent au taux réduit de 3,8%, malgré le dépassement du seuil de 26 167 €. Le basculement vers le taux médian ne pourra intervenir que si leur RFR reste au-dessus du plafond une deuxième année consécutive. Mais si ce même couple était déjà au taux médian et franchissait le seuil du taux normal, la bascule serait immédiate.
Vérifier votre taux sur votre relevé, en trois minutes
Votre échéancier de pension ou votre relevé mensuel mentionne toujours le taux appliqué. Comparez-le au revenu fiscal de référence indiqué sur votre avis d'imposition reçu l'année précédente, celui qui porte sur vos revenus d'il y a deux ans.
Pour connaître votre taux de CSG, munissez-vous de votre dernier avis d'imposition reçu en 2025 et regardez votre revenu de référence (RFR) 2025 sur vos revenus de 2024. Placez ce chiffre en face du seuil correspondant à votre nombre de parts, et vous saurez immédiatement si votre taux est cohérent.
Le décalage le plus fréquent vient d'un événement isolé mal anticipé : un rachat partiel d'assurance-vie, une plus-value boursière, une succession perçue l'année de référence. Ces sommes s'ajoutent au revenu fiscal même si elles ne se reproduiront jamais.
Contester un taux qui vous semble erroné
Si votre relevé affiche un taux qui ne correspond pas au barème officiel pour votre situation, la démarche passe directement par votre caisse de retraite. Un courrier accompagné de votre avis d'imposition suffit généralement à déclencher une vérification.
Si votre RFR reçu en 2025 pour vos revenus de 2024 vous fait franchir pour la première fois le seuil haut du taux réduit vous ne passez pas au taux médian mais on vous applique le taux réduit. C'est le lissage. Si votre caisse n'a pas appliqué cette règle alors que vous y avez droit, vous pouvez lui demander explicitement de la faire jouer.
Les taux de CSG voyagent rarement seuls sur votre bulletin. La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) représente un prélèvement fixe de 0,5 % sur toutes les pensions, sans variation selon les revenus. La contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (CASA) s'élève à 0,3 % et s'ajoute uniquement à partir du taux médian. Un passage de 6,6% à 8,3% de CSG signifie donc, CRDS et CASA comprises, un total qui grimpe de 7,4% à 9,1% sur votre pension brute.
Sources : moneyvox.fr | signal-alpha.fr
