Dix pour cent revient sur Netflix : ce que réserve vraiment le film très attendu avec Camille Cottin
Le retour de Dix pour cent pourrait décevoir, parce qu’un film de retrouvailles risque toujours de réduire une série aimée à une simple parade nostalgique. Pourtant, l’équipe d’ASK revient avec un point de départ suffisamment malin pour éviter la copie conforme : Andréa Martel n’est plus agente, elle passe derrière la caméra. Dix pour cent, le film arrive en exclusivité sur Netflix le 10 septembre, sans sortie en salles annoncée.
Six ans après la fin de la série, cette suite attendue doit donc relever un double défi : retrouver le mordant de la comédie française qui a séduit bien au-delà de nos frontières, tout en faisant évoluer des personnages que le public connaît intimement.
Andréa repasse derrière la caméra : le film ramène ASK, mais change complètement les règles du jeu
Cinq ans après la fermeture d’ASK, Andréa Martel s’apprête à réaliser son premier long-métrage. Le renversement est savoureux : celle qui gérait autrefois les crises d’acteurs doit désormais survivre à celles de son propre tournage. Lorsque son interprète principal abandonne le projet juste avant le premier tour de manivelle, tout s’emballe. Casting à reconstruire, incidents sur le plateau, tensions avec la production et procédure autour de la garde de sa fille : le film semble transformer les codes de la série en une mécanique plus vaste, centrée sur la fabrication chaotique d’un long métrage.
Pour s’en sortir, Andréa doit rappeler ses anciens collègues et s’allier à Noémie, devenue productrice de télévision populaire. Une alliance forcément explosive, tant Andréa paraît persuadée de pouvoir la manipuler. La bande-annonce annonce ainsi le retour d’un ton choral, acide et très français, où les petites guerres d’ego comptent autant que les catastrophes professionnelles. Camille Cottin retrouve Laure Calamy, Thibault de Montalembert, Grégory Montel, Nicolas Maury, Fanny Sidney et Liliane Rovère : ce sont ces dynamiques de groupe, plus que la seule intrigue, qui devront faire renaître l’esprit d’ASK.
Le retour de Dix pour cent sur Netflix peut-il éviter le piège de la suite de trop ?
Le projet possède plusieurs solides atouts. Émilie Noblet, déjà à la réalisation de Bis Repetita et Zorro, prend les commandes, tandis que Fanny Herrero, créatrice de la série, cosigne le scénario avec Lison Daniel. La continuité créative est essentielle : elle peut préserver cette façon si particulière de mêler comédie de caractères, satire du milieu audiovisuel et émotions plus intimes. Les apparitions de George Clooney, Eva Longoria, Laetitia Casta, Vincent Macaigne et Laurent Lafitte prolongent aussi l’ADN de la fiction, habituée à jouer avec la célébrité sans s’y soumettre complètement. Mais le format cinéma impose une autre cadence.
Là où quatre saisons pouvaient installer une crise, laisser respirer une scène ou faire monter une dispute sur plusieurs épisodes, le film devra condenser les enjeux sans donner l’impression d’aligner les clins d’œil. Netflix joue gros avec cette licence française très identifiée, dans une période où la plateforme cherche à étoffer son catalogue local face à Prime Video et Disney+. Le danger ne vient donc pas de la plateforme elle-même, mais d’un excès de nostalgie ou d’un récit trop démonstratif. Les éléments connus vont plutôt dans le bon sens : Andréa change de métier, Noémie a changé de statut et ASK ne revient pas comme si rien ne s’était passé.
Le pari semble donc moins être celui d’un simple « épisode géant » que celui d’une véritable suite, construite autour du passage du temps et d’une nouvelle position de force pour Andréa. Les nouveaux venus pourront suivre cette histoire de tournage en perdition, tandis que les fidèles retrouveront les rivalités et les complicités accumulées au fil des quatre saisons. Si le film conserve la vivacité de ses dialogues et laisse ses personnages exister au-delà des retrouvailles, Dix pour cent pourrait prouver qu’une série culte peut revenir sans se contenter de recycler son passé.
Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !