Une femme de 79 ans attendait l’appel de sa mairie lors de la prochaine canicule, mais personne n’a composé son numéro. La raison : l’inscription au registre communal des personnes vulnérables n’est pas automatique. Voici comment activer cette protection avant qu’il ne soit trop tard.
Elle a attendu que sa mairie l’appelle au premier coup de chaud : personne n’a composé son numéro, et ce n’était pas un oubli

Cette dame de 79 ans, dans une commune du Sud-Ouest, était certaine d'une chose : si la chaleur revenait, la mairie l'appellerait. Personne ne l'a fait, et ce n'est pas parce qu'on l'a oubliée. Elle n'avait tout simplement jamais demandé à figurer sur le registre communal des personnes vulnérables, ce fichier qui déclenche les appels en cas d'alerte canicule.
Beaucoup partagent cette conviction erronée. On imagine que la mairie sait forcément qui vit seul, qui est âgé, qui a besoin d'un coup de fil quand le thermomètre s'affole. Or ce droit à être contacté n'existe que si on l'a activé soi-même, ou par l'intermédiaire d'un proche.
À retenir
- Pourquoi la mairie ne vous appellera peut-être jamais en cas de canicule
- Un dispositif oublié depuis 20 ans qui change enfin pour certains
- Le seul geste à faire aujourd'hui pour être protégé demain
Un droit qui ne s'active pas tout seul
Le registre canicule n'a rien d'automatique. L'inscription au registre canicule n'est pas automatique. Elle repose sur une démarche volontaire de la personne concernée ou d'un tiers agissant en son nom. Aucune obligation légale ne contraint à s'y inscrire.
Concrètement, aucune administration ne parcourt les listes électorales ou les avis d'imposition pour repérer les personnes fragiles. Jusqu'à présent, la démarche d'inscription à ce registre était volontaire : c'étaient les personnes concernées qui devaient demander à y figurer, ou leurs proches pouvaient faire la demande pour elles.
Ce dispositif existe depuis plus de vingt ans. Il a été mis en place à la suite de la canicule de l'été 2003, qui avait causé la mort de près de 15 000 personnes, majoritairement des personnes âgées isolées.
Ce qui change réellement pour les plus fragiles
Une évolution récente mérite d'être connue, car elle comble une vraie lacune. L'inscription sur ce registre est facultative et repose sur une démarche volontaire des personnes concernées, mais un décret fait évoluer le registre communal des personnes vulnérables : ses missions s'étendent désormais à la lutte contre l'isolement et la prévention de la perte d'autonomie, et les bénéficiaires de l'APA et de la PCH y sont automatiquement inscrits.
Pour tous les autres, rien ne bouge. Sans démarche personnelle, pas de ligne dans le fichier, donc pas d'appel programmé le jour où l'alerte tombe.
Les maires ont l'obligation d'instituer et de tenir à jour un registre nominatif communal des personnes âgées et des personnes handicapées vivant à domicile, ce registre permettant, par exemple en cas d'épisode de chaleur exceptionnelle, d'aller visiter les personnes concernées et de s'assurer qu'elles vont bien. Mais l'obligation pèse sur la tenue du registre, pas sur la détection des personnes isolées.
Qui peut s'inscrire, et comment
Peuvent figurer sur ce registre les personnes âgées de plus de 65 ans, ou de plus de 60 ans inaptes au travail, ainsi que les personnes handicapées résidant à leur domicile. La démarche est gratuite et rapide.
Elle peut être réalisée par la personne concernée, son représentant légal, ou un tiers avec son accord, via un formulaire en ligne ou directement en mairie. À la mairie justement, on m'a expliqué qu'un simple appel téléphonique suffit souvent pour démarrer l'inscription.
Il est possible de s'inscrire de manière préventive et à tout moment de l'année sur ce registre, une vigilance particulière étant opérée lors du risque et après, en fonction des besoins de la personne. Aucune saison n'est trop tôt ni trop tard pour le faire.
Pourquoi cette question revient précisément maintenant
La rentrée scolaire vient d'avoir lieu cette semaine, et l'on aurait pu croire l'été rangé au placard. Les modèles météorologiques suivis fin août évoquent pourtant une possible remontée de chaleur au tout début du mois de septembre.
Dans un climat qui se réchauffe, les épisodes de chaleur tardive deviennent statistiquement plus fréquents et plus intenses. Un septembre plus chaud que la normale n'est cependant pas synonyme de canicule confirmée, précisent les météorologues, qui appellent à la prudence sur ce point.
C'est justement ce flou calendaire qui piège certains foyers. Les personnes qui pensaient la saison des alertes terminée sont précisément celles qui n'ont pas anticipé une inscription au registre, faute d'y avoir pensé après les grosses chaleurs de juillet.
Un geste à faire avant, pas pendant l'alerte
S'inscrire une fois l'alerte déclenchée n'a plus grand sens : le temps que la demande soit traitée, l'épisode peut déjà toucher à sa fin. Mieux vaut anticiper, quelques jours avant que le thermomètre ne remonte.
L'inscription est gratuite, volontaire et confidentielle, les données ne servant qu'aux alertes. Voisins, enfants, aides à domicile : chacun peut faire la démarche pour une personne de son entourage, à condition qu'elle ne s'y oppose pas.
Un détail échappe souvent aux familles : ce registre ne concerne que le domicile. Les personnes vivant en Ehpad ne sont pas concernées, les établissements disposant de leur propre dispositif obligatoire avec pièce rafraîchie et protocole canicule. Pour un parent qui vit encore chez lui, la seule protection reste celle qu'on active soi-même, avant que la chaleur ne revienne frapper à la porte.
Sources : lemediasocial.fr | le-procrastinateur.com
