Flashé à 30 km/h sur le périphérique ? Les PV de ce radar « fou » vont finalement être annulés

Il aura fallu onze jours à ce radar pour passer du rôle de gardien du chantier à celui d’accusé numéro un. Installé porte de Montreuil, l’appareil crépitait avec un enthousiasme inquiétant : une association a compté 18 flashs en seulement 4 minutes et 39 secondes.

Puis la machine à PV s’est elle-même enrayée. Vendredi 4 septembre, la préfecture de police a annoncé la neutralisation des contraventions et le classement sans suite des infractions déjà relevées. Le plus piquant ? Ce n’est pas la colère des conducteurs qui fait juridiquement tomber les PV, mais les « difficultés techniques » reconnues sur l’appareil.

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Par L'équipe JDS

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Autrement dit, le radar n’a pas été désavoué parce que la limitation à 30 km/h serait illégale. Ses mesures sont écartées parce que son fonctionnement n’était pas suffisamment fiable et régulier.

En résumé :

  • Installé le 24 août porte de Montreuil, ce radar de chantier contrôlait une portion du périphérique temporairement limitée à 30 km/h.
  • Des difficultés techniques ayant rendu son fonctionnement aléatoire, tous les PV concernés seront classés sans suite.
  • Les automobilistes ayant déjà reçu une contravention seront informés par courrier.
  • Le radar doit être déplacé, mais la limitation à 30 km/h reste en vigueur dans la zone de travaux.

Onze jours de flashs avant l’arrêt brutal

Ce radar autonome avait été installé le 24 août 2026 sur le périphérique extérieur, au niveau de la porte de Montreuil. La demande venait de la Ville de Paris, qui souhaitait sécuriser une zone de travaux. Sur cette portion, la vitesse maximale avait temporairement été abaissée à 30 km/h, contre 50 km/h sur le reste du périphérique.

Placé derrière une palissade métallique, l’appareil s’est rapidement fait remarquer. Dans une vidéo tournée sur place, l’association 40 millions d’automobilistes a recensé 18 déclenchements en moins de cinq minutes. Elle en a tiré une projection théorique de 752 516 euros d’amendes par jour.

Le chiffre était taillé pour les réseaux sociaux, beaucoup moins pour une comptabilité sérieuse : il reposait sur moins de cinq minutes d’observation et non sur un décompte officiel. Le nombre réel de véhicules verbalisés depuis le 24 août n’a d’ailleurs pas été communiqué.

La suite donne néanmoins une tout autre consistance à l’affaire. Sollicitée par plusieurs médias, la préfecture de police a reconnu des « périodes de fonctionnement rendues aléatoires en raison de difficultés techniques sur l’appareil ». La production des procès-verbaux a donc été stoppée. La nature précise de la panne n’a pas été détaillée : rien ne permet d’affirmer que le radar flashait des véhicules respectant la limitation, mais son fonctionnement n’offrait manifestement plus les garanties nécessaires.

Même les PV déjà envoyés sont concernés

La décision va plus loin qu’une simple désactivation. Après examen du dossier, le procureur de la République de Rennes a décidé de classer sans suite les infractions concernées.

L’objectif est notamment d’éviter une situation bancale dans laquelle certains conducteurs auraient reçu une contravention tandis que d’autres, flashés pendant une période de dysfonctionnement, seraient passés entre les mailles du système.

En pratique, les automobilistes auxquels un avis a déjà été transmis doivent recevoir « dans les meilleurs délais » un courrier les informant du classement sans suite. Quant aux infractions qui n’avaient pas encore produit de PV, elles ont été neutralisées avant l’envoi.

Une inconnue subsiste pour ceux qui auraient déjà payé. La préfecture n’a pas annoncé de remboursement automatique. Dans le cas général, l’ANTAI indique qu’une demande de remboursement après un classement sans suite doit être accompagnée du courrier de classement, d’une preuve du paiement, d’un RIB et d’une copie de l’avis de contravention. Mieux vaut donc conserver soigneusement chaque document reçu.

Le radar disparaît, pas la limitation à 30 km/h

Attention cependant au raccourci : personne n’a annulé la zone à 30 km/h. Les travaux se poursuivent porte de Montreuil et la limitation reste applicable. La décision concerne cet équipement et les infractions qu’il a relevées durant la période litigieuse.

Un conducteur respectant exactement les 30 km/h ne devait d’ailleurs pas être verbalisé. Sous les 100 km/h, une marge technique de 5 km/h est appliquée à un contrôle fixe : dans une zone limitée à 30 km/h, une vitesse mesurée de 36 km/h correspond ainsi à 31 km/h retenus.

Enfin, le radar ne devrait pas quitter définitivement le périphérique. Des discussions sont en cours entre la Ville de Paris et les services de l’État pour lui trouver un nouvel emplacement, adapté à l’évolution du chantier, et surtout stabiliser son fonctionnement.

La carrière de ce radar « fou » n’est donc peut-être pas terminée. Mais pour cette première installation, la conclusion est cinglante : les automobilistes ont été flashés, la machine a été prise en défaut, et ce sont finalement ses PV qui passent à la trappe.

Sources : TF1 Info / 40 millions d'automobilistesProcédure de remboursement de l’ANTAI

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