La nouvelle Dacia Spring promet 250 km d’autonomie et démarre à 17 900 euros. Mais derrière ces progrès se cache un étonnant retour en arrière : sa motorisation de 80 ch est moins puissante et nettement moins rapide que celle de la Spring 100 encore disponible en concession. Une version sortante à surveiller, mais seulement à condition d’obtenir une véritable remise.
Nouvelle Dacia Spring : 25 km d’autonomie gagnés, mais 20 ch perdus… et si la bonne affaire était l’actuelle Spring 100 ?

À première vue, la nouvelle Dacia Spring progresse dans tous les domaines. Cette deuxième génération est plus grande, plus logeable et désormais fabriquée à Novo Mesto, en Slovénie. Sa batterie LFP de 27,5 kWh utiles lui permet d’annoncer 250 km d’autonomie en cycle mixte WLTP, soit 25 km supplémentaires par rapport au modèle qu’elle remplace.
Seulement, Dacia a effectué un choix beaucoup moins visible dans la fiche technique : toute la nouvelle gamme se contente d’un moteur de 60 kW, soit 80 ch. Or la Spring actuellement commercialisée existe encore en version Extreme 100, forte de 75 kW ou 100 ch. Et celle-ci n’est pas une ancienne déclinaison oubliée : Dacia ne l’avait lancée qu’en octobre 2025.
La Spring 100 reste beaucoup plus rapide
La différence ne se limite pas à 20 ch inscrits sur une brochure. L’actuelle Spring 100 passe de 0 à 100 km/h en 9,6 secondes, contre 12,1 secondes annoncées pour sa remplaçante. La nouvelle génération réclame donc 2,5 secondes supplémentaires, un écart de 26 %.
Ce recul s’explique aussi par une prise de poids conséquente. La Spring 100 affiche une masse minimale de 1 009 kg, alors que la nouvelle démarre à 1 212 kg. Elle prend ainsi au moins 203 kg, soit une hausse de 20 %. En rapportant la puissance au poids minimal annoncé, on passe d’environ 99 à 66 ch par tonne : une chute d’un tiers.
La comparaison mérite toutefois une nuance. Le couple augmente de 137 à 175 Nm et la vitesse maximale progresse de 125 à 130 km/h. La nouvelle Spring pourrait donc conserver des démarrages suffisamment vifs en ville, mais Dacia ne communique pas encore de mesure directement comparable sur le 0 à 50 km/h ou les reprises de 80 à 120 km/h. Un essai sera nécessaire pour juger son comportement dans la circulation réelle.
Face à l’actuelle Spring 70, le constat est d’ailleurs différent : la nouvelle gagne 10 ch et réalise le 0 à 100 km/h deux dixièmes plus rapidement. C’est bien la disparition de la récente Spring 100 qui crée cette situation inhabituelle.
Dacia échange les performances contre davantage d’espace
Cette baisse de performances n’est pas un simple choix d’économie. La nouvelle Spring change de plateforme et grandit fortement : elle gagne 15 cm en longueur et 18 cm en largeur. Son coffre passe de 308 à 337 litres, tandis que la batterie progresse de 24,3 à 27,5 kWh utiles.
L’autonomie WLTP augmente ainsi de 225 à 250 km. Ce gain de 11 % s’accompagne toutefois d’une consommation homologuée légèrement supérieure : 12,7 kWh/100 km, contre 12,4 kWh/100 km pour l’actuelle Spring. La nouvelle voiture emporte davantage d’énergie, mais elle n’est pas plus sobre sur le cycle d’homologation.
Dacia a donc arbitré en faveur de l’espace, de la polyvalence et de la fabrication européenne plutôt que des performances. Pour la majorité des trajets urbains, 80 ch resteront probablement suffisants. En revanche, les conducteurs qui empruntent régulièrement voies rapides et autoroutes pourraient regretter les accélérations de la Spring 100.
L’ancienne Spring 100 n’est intéressante qu’avec une remise
Des Spring Extreme 100 sont toujours disponibles. Le 8 septembre, le stock national affiché par Dacia comprenait plusieurs exemplaires neufs livrables sous trois semaines. Leurs prix conseillés tournaient généralement autour de 19 500 à plus de 20 000 euros après la petite prime CEE applicable à ce modèle fabriqué en Chine.
À ce niveau de prix, l’ancienne Spring 100 n’est pas encore l’affaire évidente suggérée par ses performances. La nouvelle Spring coûte 17 900 euros en finition Expression et 19 400 euros en Journey. Surtout, sa production slovène lui permet de prétendre au dispositif français d’aide réservé aux voitures électriques atteignant le score environnemental minimal. Le modèle chinois sortant n’y avait plus accès. L’éligibilité définitive et le montant proposé devront cependant être vérifiés au moment de la commande, les aides étant conditionnées au modèle et aux revenus du foyer.
La Spring 100 ne devient donc un choix vraiment malin que si le concessionnaire consent une remise suffisamment importante pour compenser l’autonomie inférieure, l’ancienne plateforme et la perte des principales aides. Il faudra comparer deux prix clés en main, options et primes déduites, et non les seuls tarifs catalogue.
Pour qui recherche avant tout une petite électrique vive et dispose déjà d’une solution de recharge à domicile, une Spring 100 fortement déstockée peut constituer une occasion rare. Sans rabais sérieux, la nouvelle génération reprend l’avantage grâce à ses 25 km supplémentaires, son habitabilité et son accès potentiel aux aides. Les 20 ch disparus donnent une bonne raison de pousser la porte d’une concession, mais pas de signer sans négocier.






