J’ai ressorti ma mangeoire aux premiers matins frais pour aider les oiseaux : à la ligue de protection, on m’a expliqué ce que je déclenchais dans mon jardin

En sortant votre mangeoire dès les premiers froids, vous déclenchez des rassemblements d’oiseaux qui favorisent la transmission de maladies. La Ligue pour la protection des oiseaux recommande d’attendre le froid prolongé et de privilégier l’hygiène scrupuleuse à la date du calendrier.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Les oiseaux trouvent suffisamment de nourriture en automne doux ; la supplémentation précoce crée des rassemblements favorisant les maladies comme la salmonellose.
  • Le froid prolongé (neige ou gel bloquant l'accès à la nourriture) déclenche le vrai besoin, pas une date fixe : généralement mi-novembre à fin mars.
  • L'hygiène prime sur la saisonnalité : nettoyer mangeoires et abreuvoirs chaque semaine, renouveler l'eau quotidiennement et disperser plusieurs points de nourrissage.

Le geste du 14 septembre

Le thermomètre a perdu quelques degrés cette semaine, et la mangeoire est ressortie du garage comme chaque année à la même période. Un réflexe partagé par des millions de jardiniers dès que le petit matin pique un peu.

En automne, les oiseaux trouvent suffisamment de nourriture dans la nature (baies, fruits, graines, insectes), notamment quand les températures d'arrière-saison sont douces comme cette année, m'a expliqué la conseillère de la Ligue pour la protection des oiseaux que j'ai eue au téléphone. le buffet est encore ouvert dehors, et remplir la mangeoire maintenant revient à distribuer un dessert avant l'entrée.

Les anciens n'installaient la mangeoire qu'aux premières gelées, et ce n'était pas pour économiser les graines.

Ce qu'un nourrissage précoce déclenche vraiment

Ce que je prenais pour un geste anodin produit un effet concret dans le jardin. Cette pratique de supplémentation engendre des rassemblements d'oiseaux, parfois conséquents. Et un rassemblement, chez les oiseaux comme ailleurs, veut dire promiscuité. Afin d'éviter la propagation de maladies comme la salmonellose des oiseaux chez les espèces hautement grégaires (pinsons, verdier d'Europe, tarin des aulnes et moineaux), la LPO conseille de disperser les mangeoires plutôt que d'en concentrer une seule.

Un point de nourrissage fixe et repéré finit aussi par attirer autre chose que des becs affamés. Chats et fouines apprennent vite où se tient le repas.

Les anciens déplaçaient le poste de nourrissage tous les mois, et ce n'était pas pour changer la vue depuis la fenêtre.

Le vrai calendrier, dicté par le froid, pas par le calme du geste

Nous sommes le 14 septembre. Les avis de taxe foncière arrivent dans les boîtes aux lettres, la chaleur de l'été s'est déjà éloignée, et les prévisionnistes annoncent une chute de 7 degrés mercredi 16. Un premier vrai coup de froid est attendu vers le 23. De quoi donner l'impression que l'hiver ornithologique commence déjà, alors que rien n'est encore joué pour les oiseaux du jardin.

La LPO conseille aux Français de nourrir les oiseaux uniquement en période de froid prolongé, soit en général de la mi-novembre à fin mars, mais ce repère n'a rien d'une date gravée dans le marbre. Ce qui déclenche vraiment le besoin, c'est la neige ou le gel qui bloquent l'accès à la nourriture, pas une case sur le calendrier.

Les anciens attendaient que le sol gèle pour sortir le grain, et ce n'était pas par superstition.

Propreté d'abord, date ensuite

Ce qui compte réellement, selon la Ligue, tient moins à la saisonnalité qu'à l'entretien du dispositif. Une mangeoire sale ou un abreuvoir jamais entretenu deviennent vecteurs de maladies aviaires : salmonellose, trichomonase, variole aviaire et conjonctivite. Le mot n'est pas trop fort, une mangeoire crasseuse fonctionne comme un distributeur d'infections.

Il est conseillé de nettoyer les mangeoires et les abreuvoirs au moins une fois par semaine, de renouveler l'eau quotidiennement et de déplacer régulièrement les points de nourrissage. Un rituel simple, plus déterminant qu'un thermomètre.

Le point d'eau mérite la même vigilance que le grain. Lorsque l'eau de pluie ou de gel et dégel stagne dans une mangeoire plateau, la contamination et la prolifération des maladies deviennent très importantes. Un fond d'eau croupie sous les graines suffit à transformer un geste bienveillant en piège sanitaire. Vider, sécher, remplir à nouveau : trois gestes qui prennent moins de temps qu'un café.

Les anciens gardaient toujours un point d'eau propre à côté du grain, et ce n'était pas pour faire joli dans le jardin.

L'emplacement compte plus que le thermomètre

Le poste de nourrissage se place au centre du jardin, dans un endroit dégagé, éloigné des murs, buissons et branches latérales, afin d'éviter l'accès facile aux prédateurs comme les chats ou les fouines. Un mur ou une haie proche offre un poste d'affût parfait à qui guette les petits passereaux distraits.

Multiplier les points plutôt qu'en installer un seul limite aussi la casse sanitaire évoquée plus haut, en évitant que toute une bande se retrouve à picorer au même endroit du matin au soir.

Les anciens n'installaient jamais la mangeoire contre le mur du fond, et ce n'était pas pour économiser la ficelle.

Ce qu'on ne met jamais dans la mangeoire

Les restes de repas sont à proscrire : ils sont souvent trop salés, trop sucrés ou trop cuits pour l'organisme des oiseaux. Le pain gorgé d'eau, le lait qu'un rouge-gorge ne digère pas plus qu'un chat adulte, les graines humides ou moisies : tout cela finit au sol plutôt que dans un jabot, et pourrit sur place en attirant rongeurs et insectes.

Les vers de farine, boules de graisse ou suif présentent en revanche un moindre risque de transmission, tout comme les mélanges de graines classiques vendus pour cet usage.

Quand des oiseaux malades ou morts sont repérés près d'un poste de nourrissage, la LPO recommande d'arrêter temporairement pour forcer la dispersion et éviter que l'endroit reste un point de rencontre contaminant. Une pause de quelques semaines suffit généralement à casser la chaîne.

Les anciens rentraient la mangeoire au moindre oiseau trouvé mort dessous, et ce n'était pas par superstition.

La mangeoire finira par ressortir, sans doute vers la fin du mois, quand le froid du 23 se sera installé pour de bon. D'ici là, un jardin un peu généreux en baies et en insectes suffit largement à nourrir ses visiteurs à plumes, sans qu'on ait besoin d'y ajouter le moindre grain.

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